Comment se retrouver dans la jungle des labels?

ConsommationLes certifications se multiplient. Cette tendance pousse à une amélioration des produits. Mais le consommateur peut s’y perdre.

Quelque 7100 producteurs respectent le cahier des charges de Bio Suisse, le principal label pour l'agriculteur bio du pays.

Quelque 7100 producteurs respectent le cahier des charges de Bio Suisse, le principal label pour l'agriculteur bio du pays. Image: Bio Suisse

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Bourgeon Bio, KAGfreiland, Naturaplan, Biotrend, Demeter, Max Havelaar, Migros Bio, Naturland… N’en jetez plus! L’organisation Pusch, qui est engagée pour l’utilisation durable des ressources, recense quelque septante labels dans le secteur alimentaire, dont une dizaine bio. «Cela pousse à une amélioration des produits. Mais cette multiplication est telle que les consommateurs ne s’y retrouvent pas toujours», commente Laurianne Altwegg, responsable des dossiers agriculture et environnement à la Fédération romande des consommateurs (FRC).

Débroussaillons un peu. «Il y a différents types de labels pour les produits alimentaires, tels que les labels régionaux, pour le commerce équitable, pour la viande…», détaille Eva Hirsiger, de l’organisation Pusch, qui gère le site www.labelinfo.ch fournissant des informations et des comparaisons. «Les labels bios sont régulés par la législation suisse. Mais pas les autres: là, chacun peut créer le sien et édicter son cahier des charges. Ils établissent ensuite leur propre système de contrôles.»

«A priori tous les labels sont fiables, mais certains garantissent plus d’aspects durables que d’autres»

Barbara Pfenniger, responsable alimentation à la FRC, confirme: tous les produits appelés «biologique» doivent respecter le cadre légal de l’ordonnance sur l’agriculture biologique. Cette base commune est ensuite affinée par les cahiers des charges des labels bios. «Toutes les entreprises qui produisent, transforment, emballent ou qui commercialisent ces produits doivent être certifiées et contrôlées. Donc a priori tous les labels sont fiables, mais certains garantissent plus d’aspects durables que d’autres.» Comment s’y retrouver? Entre 2015 et 2017, la FRC et d’autres organisations, dont Pusch, ont évalué 39 labels durables (selon le modèle de production ou parce qu’ils garantissent le commerce équitable) pour les denrées alimentaires. Les résultats se trouvent à l’adresse suivante ici.

«Qu’il s’agisse de labels bios ou d’autres labels durables, ils sont tous au moins «partiellement recommandés», détaille Laurianne Altwegg. Cette certification offre donc toujours une plus-value.» Bio Suisse, le principal acteur du secteur, qui présente ce mercredi les chiffres annuels de la branche, se trouvait dans la catégorie «excellent». A noter que les labels qui répondent uniquement aux exigences de la réglementation européenne se situaient dans la catégorie «partiellement recommandé». «Cela est lié au fait que les règles de l’UE sont légèrement moins strictes que les nôtres», précise Laurianne Altwegg.

Si les labels offrent une garantie aux consommateurs, la FRC critique en revanche leurs prix dans les supermarchés. «Produire en bio exige par exemple davantage de travail manuel, ce qui engendre des coûts supplémentaires pour l’exploitation. Mais les marges des grandes surfaces sont nettement supérieures pour ces produits que pour les autres. Le consommateur ne paie donc pas uniquement pour obtenir un produit de qualité supérieure», explique Laurianne Altwegg.

«La marge supplémentaire bio attire également des profiteurs peu scrupuleux qui essaient de vendre du non-bio au prix bio. Les contrôles sont donc indispensables»

Et si les agriculteurs bios en Suisse sont «très engagés et fournissent des produits de qualité», Barbara Pfenniger précise que les analyses effectuées par l’Union européenne à ses frontières montrent que la fraude existe. «La marge supplémentaire bio attire également des profiteurs peu scrupuleux qui essaient de vendre du non-bio au prix bio. Les contrôles sont donc indispensables.»

L’experte ajoute qu’il n’y a pas de limites à l’utilisation de mentions valorisantes telles que «nature», «tradition», «artisanal» – «à part qu’il est interdit d’induire le consommateur en erreur sur la fabrication, la composition, le mode de production, etc.» De manière plus générale, la FRC recommande de n’acheter que les produits dont on a besoin. Et de privilégier les produits bios bruts, à préparer soi-même, de préférence d’origine locale et de saison.

Créé: 03.04.2019, 16h42

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