Des jeux, la Bible et Jésus: les camps religieux se multiplient

Vacances Les premiers camps bibliques sont apparus il y a 80 ans. Et ils connaissent un franc succès

Le Collège Grand-Champ, à Gland, aura servi toute la semaine de base pour les KidsGames 2016, un camp de jour mêlant spiritualité et sport, avec quelque 200 participants. Odile Meylan

Odile Meylan

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Simple moyen d’occuper ses enfants ou passage obligé pour pratiquer sa foi, les camps de vacances religieux ont la cote. Pionnière dans le domaine, la Ligue pour la lecture de la Bible, basée à Saint--Légier, en propose près d’une cinquantaine par an. Avec succès. Et si, en 1936, l’association était la seule à en organiser, d’autres ont depuis rejoint le mouvement.

Cette semaine, par exemple, pas moins de 2000 enfants de 7 à 14 ans ont participé, à Gland, aux KidsGames. Ces camps de jour, organisés tous les deux ans dans seize lieux différents en Suisse romande, mêlent spiritualité et activités sportives. Lison, 22 ans, fait partie des adeptes. Elle a participé à ses premiers camps à l’âge de 9 ans.

Dès qu’elle a pu, vers 15 ans, elle est devenue «coach». «Je voulais transmettre ce que j’ai reçu, pouvoir apporter de nouvelles choses et passer du temps avec les enfants. J’ai grandi avec d’anciens participants qui sont maintenant bénévoles avec moi», confie-t-elle avant de rejoindre le groupe dont elle a la charge.

Pas d’obligation

Ce mardi matin, 200 participants sont réunis dans le gymnase prêté par la Commune vaudoise. Au programme: apprendre à avoir confiance en l’autre et surmonter ses peurs, comme dans le récit de Gédéon dans l’Ancien Testament. Tout cela sur fond de chants, de danses, d’activités ludiques et de petite pièce de théâtre. Le reste de la journée, les activités sportives s’enchaîneront.

Ici, pas de prosélytisme possible. «On s’en tient au message chrétien, savoir qui est Jésus, ses valeurs et son amour», précise l’organisateur, David Rossé. La composition œcuménique de l’association empêche d’aller plus loin. «On ne va pas questionner les enfants sur Marie par exemple», poursuit-il. Et puis, ajoute Thomas Salamoni, pasteur de Gland et membre du comité d’organisation, ceux qui ne veulent pas prier ne sont pas obligés de le faire.

«Adaptés à la société»

«Les gens ont peur d’un endoctrinement, mais c’est plus dû à une méconnaissance», renchérit Michel Siegrist, ancien pasteur et directeur général de la Ligue pour la lecture de la Bible. Si certains sont méfiants, le succès est toujours au rendez-vous. Pour Michel Siegrist, l’explication est simple: «Les camps ont changé et se sont adaptés à la société.»

Ainsi, les participants ne sont pas tous issus de familles pratiquantes. La Ligue mélange les milieux sociaux et accueille par exemple des enfants issus de foyers. Une des branches de l’association, le Cabes (Contacts Amitié Bible entre étrangers et Suisses), organise aussi un camp pour les enfants de réfugiés.

Jeunes plus nombreux

Equitation, cirque, randonnée… Le choix est large, tout au long de l’année. Jusqu’au camp intergénérationnel, organisé chaque année au début juillet à Vaumarcus (NE). Depuis plus de septante ans, jeunes et moins jeunes s’y retrouvent pour une semaine œcuménique. «Il y a beaucoup de familles, en grande majorité des habitués. Ils forment une véritable communauté», explique la coordinatrice, Alice Dalla Valle.

Thème de cette année: les tentations de Jésus dans le désert. «Il a eu pas mal de succès», précise notre interlocutrice. Et à l’entendre, la relève est assurée: «Cet été, nous avons eu plus de jeunes que d’habitude.»

(24 heures)

Créé: 11.08.2016, 16h55

Des prix attractifs

Les prix de ces semaines de vacances sont attractifs, grâce aux nombreux bénévoles qui les organisent. A la Ligue pour la lecture de la Bible, les tarifs oscillent entre 350 et 450 francs pour huit jours, selon les activités organisées.

«Il existe un fonds d’entraide pour ceux qui ne peuvent pas financer», précise Michel Siegrist, directeur général. Pour le camp de Vaumarcus (NE), il faut compter entre 400 et 500 francs par adulte et 300 francs par enfant.

«Il existe également un tarif pour les familles», glisse Alice Dalla Valle. Pour les KidsGames, les prix varient entre 50 et 90 francs pour la semaine, selon le nombre d’enfants par famille. «On peut se permettre ces prix car c’est un camp de jour.

Et le plus gros du budget est passé dans la sortie à la patinoire du Littoral à Neuchâtel pour la cérémonie d’ouverture des jeux», commente David Rossé. Les camps sont généralement financés par les participants, même si les associations reçoivent des dons privés.

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