Deux semaines de congé paternité pour commencer

FamilleLes initiants sont prêts à retirer leur texte pour un mois de congé, pour autant que les deux semaines ne soient pas attaquées.

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Parents, c’est le moment de faire des enfants. Si le Conseil fédéral met le turbo, il se pourrait bien que les pères obtiennent dix jours de congé pour la naissance de tout bébé né après le 1er juillet 2020. «Il a fallu neuf mois pour inscrire le congé maternité dans la loi. Nous avons approché Alain Berset pour qu’il tienne le même délai», explique Adrian Wüthrich (PS/BE), président de Travail.Suisse et de l’association «Le congé paternité maintenant».

Un congé certes, mais moins ambitieux que les vingt jours qu’exige l’initiative populaire. Le comité a expliqué son choix mercredi. Et bien que le texte séduise une majorité de Suisses – le sondage Tamedia publié lundi le créditait de 60% de oui –, les initiants préfèrent le retirer sur le principe d’«un tiens vaut mieux que deux tu l’auras». En effet, en tirant la prise, ils permettent au contre-projet de deux semaines du parlement d’entrer en force.

La décision a été prise à trois contre un. La voix discordante, c’est celle de Markus Theunert, de Männer.ch. «L’initiative pouvait gagner. Le congé paternité, c’est la clé pour atteindre l’égalité entre hommes et femmes. Avec dix jours, le temps n’est pas suffisant pour qu’un père puisse réellement prendre sa place lors de l’arrivée d’un enfant.» Un discours que ne renient pas les trois autres membres du comité, mais Philippe Gnägi, président de Pro Familia, rappelle qu’il y a deux ans encore «toutes les tentatives en faveur d’un congé paternité se sont soldées par des échecs». La solution choisie a le mérite de faire aboutir rapidement un congé paternité, tout en gardant une munition: si le référendum est lancé contre les deux semaines, l’initiative sera maintenue.

«Même si c’est un premier et tout petit pas, on peut être fier», ajoute Maya Graf (Verts/BL), qui précise que ce retrait ne clôt pas le dossier. Au contraire, «il doit servir à préparer le terrain pour de futurs combats». Et sur ce point, le comité est unanime. «Quatre semaines, ça aurait aussi été une étape intermédiaire, précise Adrian Wüthrich. Si on veut obtenir l’égalité entre hommes et femmes, tant dans le domaine familial que professionnel, il faut favoriser l’introduction d’un congé parental.» Quelle forme devrait-il prendre? Sur la base des quatorze semaines accordées à la femme, le comité plaide pour vingt-huit semaines.

La base du Parti socialiste décidera justement le 30 novembre, lors d’une assemblée des délégués, si elle veut lancer une initiative populaire pour un congé parental. C’est l’une des deux propositions retenues lors d’un vote en ligne organisé par le parti suite à la grève des femmes du 14 juin. Le PS propose quatorze semaines de congé chacun pour le père et pour la mère, plus un congé parental de dix semaines à se répartir entre parents. «À mon sens, un congé parental n’est pas la même chose qu’un congé paternité. Ce qui est sûr, c’est que deux semaines ne suffisent pas», affirme Ada Marra, la vice-présidente du parti.

Qui veut être le méchant?

Reste à savoir si le référendum sera saisi. Le délai court jusqu’à la fin de l’année. Le malaise est palpable du côté des opposants. Au parlement fédéral, l’UDC a voté majoritairement contre un congé paternité. Elle dénonce un renchérissement du coût du travail et une surcharge des PME. Elle souhaiterait que le peuple puisse se prononcer, mais, sur ce coup-là, elle n’est pas prête à incarner le rôle du méchant: «Ce serait un problème que le peuple ne vote pas, raison pour laquelle nous espérons que les associations patronales saisissent le référendum», indique le chef du groupe parlementaire, Thomas Aeschi. Le Zougois confirme un échange d’e-mails révélé mardi par le «Tages-Anzeiger». On y apprend que les ténors de l’UDC ont eu des contacts avec l’Union patronale suisse, l’Union suisse des arts et métiers et la Société suisse des entrepreneurs au sujet du référendum. Résumé: tous sont prêts à le soutenir, mais personne ne veut le lancer.

«Nous avons eu mardi à Zurich un premier échange au sein du comité suisse, où la question a été abordée, confie Marco Taddei, responsable pour la Suisse romande de l’Union patronale suisse. Nous prendrons une décision finale ces prochains jours, sachant que le délai référendaire est court.» Les faîtières économiques devront ainsi trancher entre trois options: lancer le référendum, le soutenir si quelqu’un d’autre se décide à y aller, ou ne pas le soutenir du tout.

Créé: 02.10.2019, 19h11

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