Ex-«Dame de fer», elle a gravi tous les échelons

Succession de Schneider-Ammann Karin Keller-Sutter est candidate au Conseil fédéral. Issue d'une famille démocrate-chrétienne, elle a choisi le PLR pour tourner le dos au conservatisme. Portrait.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

En moins de 30 ans de carrière, Karin Keller-Sutter a suivi un parcours classique à tous les échelons de la politique suisse. Issue d'une famille démocrate-chrétienne, elle a pourtant choisi le PLR pour tourner le dos au conservatisme et soutenir le droit à l'autodétermination de la femme.

Adolescente puis étudiante, la Saint-Galloise a été rapidement fascinée par les Lumières et le libéralisme. Plus tard, elle s'est différenciée de son environnement familial en soutenant la solution des délais en matière d'avortement. «Le droit à l'autodétermination de la femme, capable de prendre une décision adéquate, est important pour moi», expliquait-elle il y a quelques années.

«Dame de fer» à Saint-Gall

En 1992, elle a été élue au parlement communal de Wil (SG), qu'elle a présidé cinq ans plus tard. Dès 1996, elle siège au Grand Conseil saint-gallois, avant d'être élue au gouvernement cantonal en 2000. Elle y dirige le Département de justice et police durant douze ans.

Durant ses trois mandats de ministre, Karin Keller-Sutter s'est forgé une image de fermeté dans le domaine migratoire, notamment en tant que présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police. Elle a mis en oeuvre des contrats d'intégration aux objectifs précis à atteindre par les migrants.

Sous son impulsion, Saint-Gall a aussi été l'un des premiers cantons à édicter une réglementation sévère en matière de débordements de fans de football et de hockey sur glace. L'ancienne conseillère d'Etat a aussi été très active dans la lutte contre la violence conjugale et les mariages forcés.

Echec en 2010

En 2010, elle brigue la succession de Hans-Rudolf Merz au Conseil fédéral. Donnée alors déjà favorite, du moins sur le papier, elle échoue pourtant, devancée par Johann Schneider-Ammann (PLR).

En 2011, la libérale-radicale entre au Conseil des Etats. Elle est réélue aisément quatre ans plus tard et préside la Chambre des cantons depuis décembre 2017.

Santé et économie aux Etats

Eloquente, ambitieuse, dotée d'une grande maîtrise des dossiers, Karin Keller-Sutter a fait de la politique économique et sociale son domaine de prédilection dans la petite chambre. Membre des commissions de l'économie, de la santé et de la politique extérieure, la sénatrice a activement combattu la réforme des retraites, rejetée par le peuple en septembre 2017.

Selon les observateurs, la sénatrice ne voulait pas se lancer une nouvelle fois dans la course au Conseil fédéral sans garantie d'être largement soutenue cette fois-ci. (ats/nxp)

Créé: 09.10.2018, 16h13

Articles en relation

Keller-Sutter est candidate au Conseil fédéral

Succession de Schneider-Ammann La conseillère aux Etats saint-galloise Karin Keller-Sutter brigue l'investiture libérale-radicale pour la succession de Johann Schneider-Ammann. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.