Exit plaide pour plus de clarté juridique en matière d'aide au suicide

Fin de vieSelon une étude, une majorité de patients veulent être accompagnés par leur praticien lors d’une procédure d’aide au suicide.

Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les personnes du troisième âge ont beaucoup d’attentes sur le rôle de leur médecin traitant dans le domaine de l’assistance au suicide. C’est l’un des principaux enseignements que tire Exit Suisse alémanique d’un sondage mené auprès de quelque 1000 personnes de plus de 50 ans établies outre-Sarine. Présentée hier à Zurich, l’étude, représentative selon ses auteurs, établit qu’une majorité des patients souhaitent que leur praticien les suive de près lors d’un suicide assisté.

Autre conclusion: 94% des sondés veulent que leur docteur leur prodigue un conseil médical impartial sur «tous» les choix possibles touchant leur fin de vie. Environ trois quarts d’entre eux ont en outre exprimé leur souhait d’être informés à temps du droit de disposer de l’aide au suicide, et deux tiers attendent de leur médecin qu’il prépare les documents nécessaires à une telle procédure. Plus de 50% des personnes interrogées aimeraient par ailleurs que ce soit leur médecin traitant qui leur prescrive la substance permettant de mettre fin à leurs jours. A noter encore que 63% des sondés ont déjà songé à recourir à l’euthanasie en fin de vie.

A la lumière de ces résultats, il est nécessaire que les médecins abordent le thème sans tabou avec leurs patients, plaide Marion Schafroth, vice-présidente d’Exit Suisse alémanique. Les conclusions de l’étude n’ont pas surpris Bernhard Sutter, directeur de l’association d’aide au suicide. «Depuis une décennie, les mentalités ont changé au sein de la population. L’assistance au suicide est largement acceptée. Malgré tout, un médecin sur deux refuse de prescrire une dose mortelle d’un euthanasiant alors qu’il en a le droit.» En cause notamment, selon Exit, un cadre juridique peu clair qui n’encourage pas le corps médical à remplir des ordonnances pour du pentobarbital de sodium. Exit demande au Conseil fédéral de mettre un terme à cette «insécurité juridique». Son souhait: que le gouvernement couche noir sur blanc dans l’ordonnance sur le contrôle des stupéfiants le droit des médecins à prescrire la substance létale.

Exit adresse aussi des revendications à plusieurs organisations de médecins, dont la Commission centrale d’éthique de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM), afin que ces dernières considèrent dans leurs lignes directrices l’assistance au suicide et la prescription d’un euthanasiant comme faisant partie d’une pratique médicale globale. Une démarche «indispensable pour permettre une évolution dans l’esprit et la pratique médicale», estime Jérôme Sobel. Pour le président d’Exit Suisse romande, modifier ainsi les directives ouvrira aussi la voie à la création de modules de formation sur l’assistance au suicide dans les facultés de médecine. «Nous ne voulons pas de monopole en la matière. Un bon médecin de famille doit pouvoir prendre en charge un patient qui souhaite mettre fin à ses jours. Sous réserve bien sûr de son droit d’objection de conscience. Il ne faut forcer personne.» (24 heures)

Créé: 20.09.2016, 15h46

Articles en relation

Il faut se garder d’idéaliser Exit

L'invitée Francine Brunschwig tient à préciser que le départ volontaire n'empêche ni la douleur, ni la tristesse. Plus...

Dignitas et Exit pris d’assaut par les Allemands

Suicide assisté Toutes les associations suisses d’aide au suicide sont submergées de demandes après le vote du parlement allemand. Plus...

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Le géant de l'or noir basé à Genève se fournit auprès d'une entreprise dont les droits de forage ont été obtenus par un homme, aujourd'hui sous enquête pour corruption.
(Image: Bénédicte) Plus...