Fanny Chollet: «C’est un honneur de voler sur une telle machine»

Armée suisseSur la base de Payerne, la Vaudoise est la première femme aux commandes de l’avion de combat F/A-18 Hornet.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Je préférerais voler avec mes camarades cet après-midi, mais je comprends aussi qu’une première suscite un certain intérêt. Toutefois, je tiens à préciser que je n’ai pas plus de mérite qu’eux. On a tous travaillé dur dans le cadre de cette formation.» Réservée, la Vaudoise Fanny Chollet a affronté un parterre d’une quarantaine de journalistes et photographes, mardi, sur la base aérienne de Payerne, là où elle travaille. Alors qu’une femme, Viola Amherd, est aux commandes de l’armée suisse, il aura aussi fallu attendre 2019 pour qu’une femme s’installe dans le cockpit d’un avion de combat F/A-18.


À lire: L’armée suisse mise sur les femmes


«C’est un honneur de voler sur une telle machine», ajoute celle qui officie au sein de l’escadrille 18 depuis le début de l’année. Impossible pour autant de décrire ses sensations aux commandes. «J’étais très impressionnée la première fois que j’ai pris place dans la cabine. Mais la concentration est si intense en vol qu’il m’est impossible de regarder dehors pour voir ce qui s’y passe», poursuit «Shotty», un surnom qui, selon la tradition, lui a été donné par ses neuf camarades de volée et dont elle ne souhaite pas dévoiler la signification.


À lire : Devenir pilote de combat, une vocation


Une voie ouverte à tous

En parallèle à son gymnase du côté de Chamblandes (lire encadré), la pilote de 27 ans a commencé le processus de sélection SPHAIR de la Confédération, sur l’aérodrome d’Écuvillens, en 2009. Ouvert aux jeunes âgés de 17 à 22 ans, ce programme a pour objectif de recenser les jeunes talents intéressés par une formation de pilote professionnel. «Je n’ai pas envie de faire de mon cas un symbole, mais s’il peut montrer que cette voie est ouverte à tous, j’en suis heureuse», sourit-elle.

En 2011, celle qui porte le grade de premier-lieutenant intègre les troupes d’aviation à Payerne, puis la classe de pilotes 11 à l’école de pilotes d’Emmen. Elle enchaîne auprès de la Swiss Aviation Training pour décrocher une licence de pilote professionnel et un bachelor en aviation à la Haute École zurichoise de sciences appliquées (ZHAW) à Winterthour. Suivront encore trois phases de sélection d’une année chacune sur PC-7, PC-21 et enfin sur le F/A-18 Hornet, avec un premier vol solo en mars 2018.

«Nous sommes les yeux du contrôleur aérien, qui ne voit qu’un point sur son radar»

Si Fanny Chollet est la dixième femme à intégrer les Forces aériennes suisses, pourquoi donc a-t-il fallu attendre 2019 pour qu’elle soit la première aux commandes d’un avion de chasse? «Avant l’entrée en vigueur d’Armée XXI en 2004, la loi militaire ne permettait pas d’incorporer des femmes dans les armes de combat, cela dans les Forces aériennes, mais également dans l’infanterie par exemple», explique le colonel EMG Felix Stoffel, chef du corps des aviateurs professionnels.

Dans les années 90, une femme avait déjà été formée sur jet, mais elle ne pouvait piloter que sur l’avion d’entraînement Hawk. Elle avait fini par quitter l’armée suisse pour rejoindre Swissair en 1999. Actuellement, six autres femmes font partie du corps des aviateurs, mais pilotent des hélicoptères, soit au total 3,3% des effectifs. «On peut se dire que c’est peu, mais c’est 4,5 fois plus que la moyenne des femmes au sein de l’armée», calcule le colonel Stoffel.


À lire : Une élève modèle, qui a toujours rêvé d’aller là-haut


Formée sur les armes

Ayant encore volé mardi dans la matinée, la Vaudoise pilote comme ailier au sein de l’escadrille 18, basée à Payerne, avec pour mission de garantir la sécurité aérienne du pays. «Nous sommes les yeux du contrôleur aérien, qui ne voit qu’un point sur son radar», décrit-elle. Courant janvier, elle a ainsi participé à la surveillance du WEF de Davos.

Reste que si le rôle de celle qui réside dans la Broye vaudoise est principalement dévolu à la police du ciel, le F/A-18 reste une machine de guerre. «J’espère ne jamais avoir besoin d’utiliser ses armes, mais nous sommes instruits et formés pour en être capables si cela devait s’avérer nécessaire», conclut la souriante pilote.


À lire : Maçonne, menuisière? Des professions rarissimes


Créé: 19.02.2019, 21h59

Articles en relation

L’armée suisse mise sur les femmes

Défense Alors qu’elle fête aujourd’hui sa première femme pilote, la grande muette trime pour augmenter ses effectifs féminins. Plus...

Une élève modèle, qui a toujours rêvé d’aller là-haut

Défense aérienne Désormais établie dans la Broye vaudoise, Fanny Chollet a grandi dans une famille de pilotes, à Saint-Légier. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.