Genève nouveau pôle de la lutte contre le mercure

EnvironnementLa première réunion des Etats parties de la Convention de Minamata vont se réunir ce dimanche dans la Cité de Calvin.

Le mémorial de Minamata au Japon a été réalisé en 2007 en souvenir des personnes décédées après un empoisonnement au mercure.

Le mémorial de Minamata au Japon a été réalisé en 2007 en souvenir des personnes décédées après un empoisonnement au mercure. Image: Keystone

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Genève va devenir dès dimanche le centre de la lutte contre le mercure lors de la première réunion des Etats parties à la Convention de Minamata. Sauf surprise, elle devrait hériter à cette occasion du secrétariat de cet accord sur une substance que la Suisse exporte.

«C'est une nouvelle phase pour la mise en oeuvre dans le monde» de ce document, a dit vendredi devant la presse à Genève le président du comité des négociations intergouvernementales qui ont abouti à la Convention, Fernando Lugris.

Adopté en 2013, l'accord est entré en vigueur en août dernier. Il faut que la Convention soit ratifiée par l'ensemble des pays «dans les prochaines années», relève le responsable du secrétariat provisoire, Jacob Duer. La réunion de Genève doit contribuer à améliorer «la santé de la population» et «l'environnement».

Normes techniques

Les participants à la réunion de Genève devraient adopter de premières directives techniques. Celles-ci devraient porter par exemple sur les procédures d'exportation, sur les standards d'émissions de mercure ou encore sur des plans de mise en œuvre pour les pays ayant des mines d'or. Les exportations devraient notamment être préalablement approuvées par les autorités du pays importateur.

La Suisse est actrice dans le commerce du mercure et sera touchée par l'application de l'accord. Selon une réponse du Conseil fédéral à une interpellation parlementaire publiée fin juin, elle a exporté 110 tonnes par an entre 2011 et 2015, avant une diminution à 30 tonnes en 2016.

Avec Doris Leuthard

Parmi les principales décisions attendues, le secrétariat de la Convention et son programme de travail doivent être validés. La Suisse est candidate pour accueillir à Genève, aux côtés des trois Conventions traitant des produits chimiques et des déchets dangereux, ce bureau qui s'y trouve déjà de manière provisoire. «C'est la seule proposition que nous ayons reçue jusqu'à présent», a déclaré M. Lugris.

Le directeur de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) Marc Chardonnens doit ouvrir la conférence dimanche. La journée de jeudi marquera le début du segment ministériel en présence de la présidente de la Confédération Doris Leuthard, de celui de Guyana ou encore du chef de l'environnement à l'ONU Erik Solheim.

Le maire de Minamata doit aussi s'adresser au plus de 80 ministres et autres représentants de 154 pays parmi les 1300 délégués. Après le déversement de mercure dans la baie de cette ville japonaise à la fin des années 50, des milliers d'habitants ont été empoisonnés et atteints de troubles neurologiques pendant des décennies.

«Bulle de mercure»

La Convention vise à réduire au niveau mondial les émissions de mercure, sa production et son utilisation, en particulier dans la fabrication de produits et lors de processus industriels. D'ici 2020, des produits utilisant du mercure comme des thermomètres devront avoir disparu.

Ceux où cette substance peut être trouvée sont nombreux, de certains implants dentaires aux lampes fabriquées en dehors de l'Europe ou aux chaussures lumineuses d'enfants. Toutefois, les concentrations les plus importantes sont observées dans les activités minières pour l'extraction de l'or.

Plus de quinze millions de travailleurs et leurs proches sont directement exposés. D'ici 2032, le mercure ne devra plus être utilisé dans ce type d'activités.

En Suisse, l'entreprise Lonza, basée à Viège (VS), a rejeté ses eaux industrielles chargées en mercure dans le Grossgrundkanal entre 1930 et le milieu des années 1970. Le polluant s'est accumulé dans les boues et les sédiments qui ont ensuite été épandus sur les terres agricoles attenantes ou utilisés comme remblais dans la région jusqu'au début des années 1990. De premières indications ont été constatées en 2010 seulement.

A Genève, une «bulle de mercure» offrira des expositions sur la Place des Nations. Elle sera inaugurée jeudi par M. Solheim et le maire de Genève Rémy Pagani. Au total, 79 Etats ont ratifié la Convention. Et 128 ont signé l'accord. (ats/nxp)

Créé: 22.09.2017, 14h03

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