«Il faut favoriser l'accès des réfugiés aux études»

SuisseL'accès aux études est actuellement très compliqué pour les réfugiés. L'Union des étudiants de Suisse souhaite des modifications.

L'UNES inclut dans ses revendications une hausse des bourses.

L'UNES inclut dans ses revendications une hausse des bourses. Image: Keystone

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L'Union des étudiants de Suisse (UNES) réclame que l'accès aux études universitaires pour les réfugiés soit amélioré en Suisse. Exigences linguistiques, examens d'entrée à l'université, orientation lacunaire: nombreux sont les obstacles à lever.

«L'accès à l'éducation est un droit», a déclaré lundi devant la presse à Zurich Gabriela Lüthi, membre de la direction de l'UNES. Les études doivent être accessibles à toute personne en ayant les capacités, a formulé la faîtière des étudiants suisses dans son papier de position.

«Il y a une image fausse du réfugié peu qualifié», a déclaré Martina von Arx, responsable de projet. Il y a une demande pour étudier ou reprendre des études universitaires interrompues par la guerre: «Plusieurs centaines de personnes sont concernées» en Suisse.

Embûches linguistiques

Mais l'accès aux études est une voie pavée d'embûches pour les réfugiés. L'UNES évoque une barrière linguistique qui se dresse entre les réfugiés et l'université. Les hautes écoles demandent aux étrangers non membres de l'UE un niveau linguistique C1 comme critère d'admission, alors que les Suisses sont admis dans des universités d'une autre région linguistique avec leur maturité, d'un niveau linguistique équivalant à un niveau B1 ou B2, selon l'UNES.

L'examen d'équivalence à la maturité ECUS pour accéder à l'université représente un autre obstacle. Jusqu'en 2011, la Confédération finançait les cours préparant à cet examen, qui permet aux personnes dont la maturité n'est pas reconnue en Suisse d'accéder aux études universitaires.

Meilleure coordination

Depuis, l'enseignement préparatoire à l'ECUS est assuré par des privés, et la facture peut grimper jusqu'à 20'000 francs, un montant inaccessible pour les réfugiés, souligne l'UNES.

Concernant le financement des études, l'UNES inclut dans ses revendications une hausse des bourses, afin qu'elles «puissent couvrir tous les coûts réels de la vie». En outre, les réfugiés admis à titre provisoire devraient pouvoir bénéficier des bourses, «car ces personnes resteront manifestement en Suisse sur le long terme», a indiqué Martina von Arx.

Il faudrait également améliorer la coordination entre les différents acteurs de l'asile. Par exemple, la Confédération devrait regarder le critère linguistique: l'attribution d'un réfugié francophone à un canton alémanique n'a aucun sens dans la perspective d'études universitaires.

Des programmes d'auditeurs libres

Depuis 2015, les universités ont admis le principe d'accueillir des réfugiés. Certaines leur proposent des cours en tant qu'auditeurs libres. Cet enseignement est gratuit pour les réfugiés étudiants. Ces programmes existent par exemple à l'Université de Zurich ou de Genève.

Le recteur de l'institution zurichoise, Michael Hengartner, a salué les revendications concrètes et encourageantes de l'UNES. «Il faut faciliter l'accès aux études pour une intégration durable des réfugiés en Suisse», a-t-il conclu.

A l'Université de Genève, le programme «Horizon académique» accueille 35 participants depuis l'automne 2016, a indiqué Mathieu Crettenand responsable du projet. Ce sont les autorités cantonales de l'asile qui se chargent des frais.

Ces deux semestres proposés aux réfugiés comme auditeurs libres ne sont pas en contradiction avec l'amélioration de l'accès aux études. «Nous avons construit ce programme comme une année de préparation, ce n'est pas une mesure d'occupation», a indiqué Mathieu Crettenand. «Ces projets sont bons et favorisent notamment l'éducation linguistique» a réagi pour sa part Gabriela Lüthi. «Mais ils ne suffisent pas», a-t-elle conclu en réaffirmant les revendications de l'UNES pour aplanir les obstacles administratifs. (ats/nxp)

Créé: 23.01.2017, 16h06

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