L’UDC essaie d’endiguer la déferlante verte

Elections fédérales 5/6Le parti va perdre des plumes pour plusieurs raisons. Mais il conservera sans problème sa première place dans le paysage politique.

Albert Rösti, président de l’UDC

Albert Rösti, président de l’UDC Image: Keystone

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On ne gagne pas à tous les coups. L’UDC a bénéficié en 2015, lors des dernières élections fédérales, d’un contexte très favorable sur son thème phare: la migration. L’Allemagne était en pleine polémique après l’accueil désordonné de plus d’un million de Syriens et la Suisse voyait le nombre des requérants d’asile gonfler à vue d’œil. Tempi passati. Aujourd’hui, c’est la crise climatique qui déferle dans les médias. Un thème environnemental qui ne fait pas partie de la trinité chère à l’UDC: asile, souveraineté, fiscalité.

«Une camarilla verte et marxiste, avec la complicité du Conseil fédéral, veut nous imposer une économie planifiée»

Dans un premier temps, le parti a pensé que la vague verte s’essoufflerait toute seule. Inutile d’aller sur ce terrain. Mais après les élections cantonales catastrophiques à Zurich, les manifs de jeunes et la montée en puissance de leur icône Greta Thunberg, l’UDC a enlevé les gants. Et depuis, elle cogne sur «les religieux climatiques» que le conseiller national Yves Nidegger a rebaptisés les «Témoins de Géoclimat». Récemment, le parti a sonné la charge contre le Pacte pour l’environnement de l’ONU, comme il l’avait fait avec succès sur le Pacte sur les migrations. «Une camarilla verte et marxiste, avec la complicité du Conseil fédéral, veut nous imposer une économie planifiée», tonne le conseiller national zurichois Roger Köppel. Selon lui, cela débouche sur «des interdictions massives, une rééducation du peuple et des coûts énormes pour l’économie et les contribuables». Avec ce discours musclé, le parti espère récupérer quelques voix de sympathisants PLR énervés par le changement de cap de leur parti.

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Ce bombement de torse ne suffira pas pour empêcher l’UDC de reculer le 20 octobre. Car elle doit faire face à un problème plus ancien. Depuis les dernières élections fédérales, le parti perd plus de sièges qu’il n’en gagne dans les élections cantonales. Il s’est complètement raté en Suisse romande. Alors que ce devait être son terrain de conquête, avec comme étendard son premier conseiller fédéral romand, Guy Parmelin, il végète. «Nous n’avons pas connu le succès escompté», reconnaît la vice-présidente Céline Amaudruz. Et comme en Suisse alémanique, le parti a atteint son plafond, les perspectives de progression sont faibles ou inexistantes.

Problèmes de riche

Il faut cependant voir que les problèmes de l’UDC sont des problèmes de riche. Le parti va voir son socle de près de 30% des suffrages s’effriter, mais restera largement en tête des formations politiques. Le PS n’arrive toujours pas à dépasser la barre des 20% et le PLR, malgré ses rodomontades, restera scotché à sa troisième place derrière le PS. L’UDC restera donc de loin premier au Conseil national, mais, vu son incapacité à dégager des compromis avec les autres partis, cette force de frappe demeure amoindrie. Au Conseil des États, c’est pire. L’UDC ne maîtrise que six sièges sur 46, alors que les autres partis gouvernementaux en contrôlent chacun le double. Elle continuera donc à y faire de la figuration.

Il y a un thème sur lequel l’UDC aurait pu faire son beurre dans cette campagne électorale: le projet d’accord-cadre entre la Suisse et l’Union européenne. «C’est un sujet central qui touche à la souveraineté de la Suisse, mais les autres partis ne veulent pas en parler avant les élections», déplore Céline Amaudruz. Il est vrai que PLR, PDC et PS ne vont pas sur ce terrain pour éviter de gonfler les voiles UDC. On l’a encore vu lors du débat parlementaire sur l’initiative populaire pour contingenter l’immigration en provenance de l’UE, lundi dernier. Alors que l’UDC envoyait la cavalerie avec 40 orateurs, les autres partis se sont contentés du minimum syndical.

Créé: 22.09.2019, 20h05

Carte blanche à Albert Rösti

«Pour la liberté, la prospérité et la sécurité»

«Les élections du 20 octobre sont décisives pour l'avenir de la Suisse. Tous les autres partis cherchent à enchaîner notre pays à l'UE au détriment de notre démocratie et de notre liberté. L'UE nous dicterait nos lois et les juges européens auraient le dernier mot. Plus de 8,5 millions de personnes vivent aujourd'hui en Suisse. Leur nombre augmente chaque jour. Tous les autres partis veulent une immigration sans limite alors que cet afflux détruit la nature, la sécurité intérieure (67% des détenus des prisons suisses sont des étrangers) et nos institutions sociales (58,6% des assistés sociaux sont des étrangers). Face aux excès du débat climatique, l'UDC est aussi seule à se battre contre les projets de rééducation et de redistribution des socialistes de tous les partis. L'UDC s'engage pour toutes les femmes et tous les hommes de Suisse – afin qu'il leur reste une plus grande partie de leur salaire durement gagné. Celles et ceux qui tiennent à une Suisse libre et sûre votent UDC.»

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