«L’idéal serait des JO d’hiver toujours à Sion»

OlympiadesTelle est l’idée forte du président de la capitale valaisanne, Philippe Varone, après le signal négatif envoyé par Berne à Sion 2026. Interview.

Le président de Sion, Philippe Varone (PLR), assure que sa ville peut donner un nouveau souffle aux Jeux olympiques.

Le président de Sion, Philippe Varone (PLR), assure que sa ville peut donner un nouveau souffle aux Jeux olympiques. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Dans un peu plus d’une année, quand le CIO attribuera les Jeux pour 2026, Sion pourrait voir son nom associé au cercle restreint des villes olympiques. Le chemin est encore long et de nouveaux obstacles se sont ajoutés après la volonté du Conseil national de soumettre l’objet à tous les Suisses. Avant, le 10 juin prochain, le peuple valaisan devra dire s’il veut de ces Jeux. Concerné au premier chef, le président de la capitale valaisanne, Philippe Varone (PLR), se fait pourtant discret là où d’autres battent le pavé. Il l’assure, c’est sur le point de changer.

Philippe Varone, cette décision du Conseil national polarise plus que jamais partisans et opposants du projet en Valais. C’est une nouvelle épine dans le pied?
Comme président de la ville de Sion, c’est plutôt le respect d’une question institutionnelle qui m’interpelle. Je ne veux pas résumer cela à une attaque contre une région ou un canton, c’est plus complexe. Par contre, j’espère que cela redoublera la motivation en vue d’un soutien le 10 juin prochain.

En parlant de motivation, on vous voit peu sur le terrain. Or la ville n’est-elle pas la première à devoir manifester son intérêt?
Sion 2026 est un projet d’envergure nationale et pas une candidature séduno-sédunoise. J’ai été impliqué au premier chef pour l’obtention du milliard de la Confédération et je fais un important travail de l’ombre auprès de toutes les instances. La communication a été laissée jusqu’ici au conseiller d’État Frédéric Favre car le vote se joue, pour l’heure, en Valais. Cela dit, je vais désormais être très présent car je serai vraiment déçu si les Sédunois soutiennent timidement ce projet.

Vous attendez que le vent tourne?
Pas du tout, j’espère même en influencer la direction. Chaque étape en son temps.

Si le projet est d’envergure nationale, vous ne pouvez donc pas être opposé à un vote des Suisses?
Il ne s’agit pas d’être pour ou contre mais de ne pas changer les règles au milieu de la partie.

C’est la quatrième candidature de Sion aux Jeux olympiques, pourquoi s’entêter? Votre ville en a-t-elle besoin?
Sion se porte bien. Mais je conçois les Jeux comme un dynamiseur. Nous avons des défis et des atouts que j’aimerais pouvoir valoriser et faire connaître. À ce titre, la caisse de résonance de 2,5 milliards de téléspectateurs me va plutôt bien. De manière plus fondamentale, je crois que Sion est la ville hôte naturelle des Jeux au cœur des Alpes. On peut évidemment vivre sans les Jeux, mais le fait est que notre caractère opiniâtre nous pousse à persévérer.

Opiniâtre ou masochiste?
Ce sont de nouveaux Jeux. Je ne me serais pas engagé dans un projet du passé. Je ne veux pas faire une grande fête pour deux semaines. Je souhaite que la population prenne conscience du potentiel de la région dans laquelle elle vit car à mon sens elle ne s’en rend pas compte. J’espère allumer une lumière sur la carte du monde. Quant aux risques, ils sont toujours liés au retour sur investissement et il ne faut pas avoir peur d’avoir de l’ambition.

Vous dites que Sion et ses 34 000 habitants peuvent réussir là où des mégapoles ont échoué, en promettant aucun déficit. Avouez que c’est difficile à croire…
La Suisse peut relever ce défi. Et la réforme du CIO par l’Agenda 2020 nous offre cette possibilité d’organiser quelque chose de durable, sans infrastructure démesurée. Je n’ai pas encore toutes les réponses et souhaite pouvoir les donner d’ici au 10 juin. Sion s’engagera sur un projet bien précis et ses grandes lignes n’évolueront pas sinon nous nous retirerons. Le sommet de la durabilité, ce serait d’ailleurs que les Jeux d’hiver aient toujours lieu à Sion.

Votre idée ne tombe pas du ciel. C’était l’idée des Grecs après les premiers Jeux modernes d’Athènes en 1896.
Raison de plus alors pour voir ce projet comme un retour aux sources. (24 heures)

Créé: 15.03.2018, 08h06

Articles en relation

Sion 2026: le National veut que les Suisses votent

JO d'hiver Le Conseil national a accepté une motion qui veut que les Suisses aient leur mot à dire concernant les jeux olympiques d'hiver. C'est la déception du côté du Valais et du comité d'organisation. Plus...

Les élus valaisans s’alignent derrière Sion 2026

Jeux Olympiques Une nette majorité du Grand Conseil soutient la candidature olympique. Verdict du peuple dans trois mois. Plus...

Sion 2026 sera durable ou ne sera pas

Jeux olympiques La Fondation pour le développement durable des régions de montagne (FDDM) accompagnera la candidature aux JO d'hiver Sion 2026. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

«Les agriculteurs sous pression et les vaches orphelines», paru le 26 mai 2018
(Image: Valott) Plus...