«La Constitution doit être novatrice pour la presse»

MédiasQuatre élus fédéraux, dont Olivier Feller et Filippo Lombardi, veulent que la Confédération soutienne tous les médias, et pas seulement la radio et la TV. Ils proposent de changer la Constitution.

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Comment la Confédération peut-elle faire pour aider la presse écrite, alors que ce secteur est en pleine crise? Elle ne peut quasi rien faire, selon le constat d’un groupe de quatre parlementaires fédéraux, parmi lesquels Olivier Feller (PLR/VD) et Filippo Lombardi (PDC/TI).

«Nous sommes coincés par la Constitution pour imaginer des solutions novatrices pour soutenir la presse, qui joue un rôle évident de service public, car la Constitution ne traite que de la radio et de la télévision», regrette Olivier Feller. D’où l’idée de ces quatre élus de modifier la Constitution pour y remplacer «radio et télévision» par le mot plus générique de «médias». Ils ont d’ailleurs déposé une initiative parlementaire mercredi au Conseil national et au Conseil des États.

Mais pour aller où? L’idée d’une aide financière directe revient à plusieurs reprises dans le discours des auteurs de cette initiative. À l’heure actuelle, la fameuse «aide à la presse» est indirecte: 50 millions de francs payés par la Confédération pour abaisser le prix de la distribution postale.

«Aujourd’hui les radios et télévisions privées reçoivent 80 millions de francs de la redevance. Selon moi, il faut un même système pour la presse écrite, explique Matthias Aebischer (PS/BE), autre auteur de cette initiative. Comme je veux une SSR forte, je veux des médias de presse écrite forts. Modifier la Constitution permettra d’aller vers plus de diversité des médias. La diversité est importante pour une démocratie forte.» Une aide directe? Pourquoi pas, ajoute Olivier Feller. «Financée soit par une redevance, soit par le budget de la Confédération, elle se baserait sur des critères objectifs de qualité, comme la parution régulière d’enquêtes, d’opinions différenciées avant les votations, etc., indépendamment de la taille de l’éditeur.»

Médias Suisses, l’association des médias romands, se dit «ouverte» à l’idée de modifier la Constitution, même si elle a privilégié jusqu’ici l’aide indirecte. «Mais l’aide directe à la presse n’est plus un tabou et c’est une question à se poser, vu l’évolution de la branche», ajoute Christine Gabella, secrétaire générale.

Réunissant de nombreux titres de tailles très diverses, dont «24 heures» et «La Tribune de Genève», Médias Suisse n’a pas d’avis tranché sur la question d’un soutien financier de l’État. «Le modèle auquel nous pensons est celui des radios et télévisions privées, avec une part du surplus de la redevance que les éditeurs pourraient toucher, ajoute Christine Gabella. Mais ce modèle n’est pas admis par tous nos membres.» (24 heures)

Créé: 12.12.2018, 21h22

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