La Suisse est candidate au Conseil de l'Arctique

ArctiqueLa science et la culture sont les deux leviers qui devraient rendre crédible la candidature suisse au Conseil de l’Arctique

Le glacier Nordenskiold près de Pyramiden, cité minière russe abandonnée depuis 18 ans.

Le glacier Nordenskiold près de Pyramiden, cité minière russe abandonnée depuis 18 ans. Image: PATRICK MARTIN

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«Switzerland – the Vertical Arctic». Avec cette devise qui joue sur les connivences entre nos glaciers alpins et les immensités glaciaires autour des pôles, la Suisse se mobilise à son tour pour l’Arctique. Un slogan ne fait pas une stratégie; le Département fédéral des affaires étrangères en est conscient. Au front «pour donner une cohérence à une série d’actions jusqu’à présent disparates», l’ambassadeur Stefan Flückiger explique: «Sur le climat et la fonte des glaces, sur la protection des minorités, des enjeux cruciaux en Arctique, la Suisse a une expertise à faire valoir.»

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Nouveaux intérêts économiques

Avec le réchauffement climatique, la Suisse prend conscience à son tour des nouveaux intérêts économiques et stratégiques qui surgissent en Arctique. Route commerciale du Nord-Ouest entre l’Europe et l’Asie, accès aux ressources minières, enjeux énergétiques et de sécurité: des opportunités surgissent, des conflits potentiels menacent. La voie multilatérale s’impose à la Suisse pour défendre au mieux ses intérêts.

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Conseil de l’Arctique est le forum politique où se déroule la bataille d’influence pour le sort de l’Arctique. Ce cénacle, qui réunit les huit Etats arctiques, était un club dormant. Récemment, l’institution a pris de l’étoffe. Elle a grandi, accueillant des Etats non arctiques en qualité d’observateurs. Des ONG et des organisations intergouvernementales sont associées. Un secrétariat permanent coordonne des activités croissantes.

La Suisse a déposé fin 2014 sa demande de candidature pour le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique. «La démarche a été bien reçue par les membres mais la crise ukrainienne s’est immiscée et freine le processus», explique Stefan Flückiger. A la suite des sanctions occidentales contre la Russie, Moscou s’est opposé à l’accueil de l’Union européenne comme observateur. Depuis, toutes les candidatures à ce statut sont bloquées et le resteront au moins jusqu’à la prochaine réunion ministérielle de mai 2017 en Alaska.

Ambition du Swiss Polar Institute

En attendant, la Suisse soigne ses relations bilatérales avec les membres du Conseil de l’Arctique. Elle multiplie les efforts pour rendre crédible sa candidature. La science et la culture sont les deux meilleurs leviers pour rendre visible ce que la Suisse peut apporter. La prochaine étape est une forte présence helvétique à l’Arctic Circle de Reykjavik du 7 au 9 octobre. Le secrétaire d’Etat Yves Rossier prendra la parole lors de la plénière de ce forum annuel qui est l’événement majeur pour les questions arctiques. La conseillère nationale Tiana Angelina Moser témoignera de l’intérêt que le parlement porte aux enjeux en Arctique.

Ce sera aussi l’occasion de dévoiler les ambitions du nouveau Swiss Polar Institute. Le SPI sera présenté par celui qui a rendu possible sa création à l’EPFL: l’explorateur polaire et milliardaire mécène Frederik Paulsen. Comme il est aussi consul honoraire de la Russie à Lausanne, il s’exprimera en tant qu’invité, sans être membre de la délégation suisse. L’autre point fort sera la présentation par le professeur Konrad Steffen de la recherche suisse étendard en Arctique: le Swiss Camp à l’est du Groenland. Depuis 1990, des scientifiques, bien réseautés avec la recherche internationale, apportent une contribution déterminante à des mesures sur le terrain de la dynamique glaciaire dans la calotte ainsi que de la fonte à sa surface. (24 heures)

Créé: 27.08.2016, 09h11

Le Conseil de l'Arctique

Budget, nombre de membres... Les chiffres-clés

1996, création du Conseil de l'Arctique.

8 pays membres – tous pays arctiques: Canada, USA, Russie, Norvège, Suède, Finlande, Danemark, Islande.

32 observateurs: douze Etats non- arctiques: France, Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Grande-Bretagne, Chine, Italie, Japon, Corée, Singapour, Inde. Onze organisation non gouvernementales (dont le WWF). Neuf organisations/agences intergouvernementales

6 participants permanents: fédérations représentant les principales minorités répertoriées dans les pays arctiques).

1399 millions de dollars US : budget annuel.

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