La défense des animaux réunit moins de monde que prévu à Genève

Journée mondialeUn peu partout sur la planète, on a marché ce samedi pour la fin du spécisme. Ils étaient 300 à se rendre de la cathédrale au parc des Cropettes, en évitant les boucheries du centre-ville.

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C’est une vache qui parle, tirée de la pub alimentaire, connue de tous. Sauf que celle du jour ne rit pas. Ses mots sont durs, qui décrivent sa condition de vie animale: «On me viole, on tue mon veau, on exploite mon lait, mon corps, ma peau…»

Vache protestataire. La voici au milieu de la foule, réunie devant la cathédrale Saint-Pierre, point de ralliement et de départ de la marche prévue, dans le cadre de la Journée mondiale pour la fin du spécisme (JMFS). La fin de quoi? De «la discrimination sur la base de l’appartenance d’espèce»; laquelle attitude, dénoncée avec virulence par les participants antispécistes, génère des «milliers de milliards de victimes chaque année dans le monde.»

Maltraitance méthodique

La souffrance animale, cette forme accomplie de maltraitance méthodique aux yeux de ceux qui la combattent, rassemble du monde à tous les âges. Mais peut-être pas autant, ce samedi après-midi 25 août, que ne l’auraient souhaité les organisateurs, tous membres de l’association Pour l’Égalité Animale (PEA), initiatrice de ces Journées qui se répètent un peu partout dans le monde.

«La publicité a été insuffisante à Genève, c’est la fin des vacances, les gens préparent la rentrée, regrette une militante. Nous escomptions 600 personnes, nous sommes la moitié moins.» Entre 250 et 300 marcheurs, portant des banderoles qui empruntent au bestiaire que l’on défend. À côté de la vache, un taureau, menacé lui aussi; des moutons, des brebis, des poissons. Pour eux, on réclame l’abolition de la pêche et des abattoirs.

«Justice pour les animaux»

Les slogans déclamés prennent le relais. «Ni dans les labos, ni dans les frigos, justice pour les animaux» domine le répertoire distribué à chacun. En trois langues dont l’allemand et l’anglais, histoire d’accrocher l’attention des touristes sur le parcours: «One struggle, one fight, human freedom, animal rights!»

Le parcours suivi, en accord avec la police qui précède et escorte la manifestation, aborde les rues commerçantes sur quelques dizaines de mètres à peine, préférant les chocolateries aux boucheries. Celle du Molard reste à bonne distance. La clientèle du samedi, qui est venue acheter ses viandes de grillade, ne croise pas du regard les têtes d’animaux sacrifiés, brandis à l’angle de la rue de Confédération et de la rue du Commerce.

On vire à gauche en direction du pont de la Machine. Il s’efface aux deux tiers sous des gens couchés à même le sol, premier des trois happenings participatifs imaginés par les organisateurs. Pendant vingt minutes, tous écoutent en silence une musique funéraire, entrecoupée de cris d’animaux. Une dame tient son taureau dans les bras. «Je dois le rendre à la fin, la pancarte ne m’appartient pas», glisse-telle d’une voix chuchotée.

Village associatif

«C’est assez prenant, je suis touchée par cette bande-son évocatrice», glisse une mère de famille qui vient de rejoindre le cortège, et ne le quittera plus jusqu’aux Cropettes. Là, dans ce parc de la rive droite, situé à un sabot de la gare, un village associatif a été monté. Il accueille l’arrivée de la marche, il sert à boire et à manger.

Sur les flyers distribués, l’annonce d’une deuxième journée, ce dimanche 26 août, dans le quartier de Plainpalais cette fois, à la Maison des Associations, rue des Savoises. Dès 10 h, conférences et discussions autour de la problématique du spécisme. Avec, à 16 h 30, une table ronde prometteuse consacrée aux stratégies militantes antispécistes. Il y aura peut-être des bouchers dans la salle. Rien ne remplace en effet le débat d’idées. (24 heures)

Créé: 25.08.2018, 18h47

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