La région lémanique sous la menace du moustique tigre

SantéL’insecte exotique, repéré pour la première fois dans la région genevoise, fait l’objet d’une surveillance accrue. Explications.

La bête a beau être exotique, elle reste indésirable dans notre pays, qui prépare des parades.

La bête a beau être exotique, elle reste indésirable dans notre pays, qui prépare des parades. Image: Keystone

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Son arrivée dans la région genevoise n’était qu’une question de temps. C’est chose faite depuis une semaine: la présence du moustique tigre a été détectée à Lancy. Et quelques jours plus tôt, on apprenait qu’une personne avait contracté la dengue dans l’agglomération de Lyon. Le responsable est le même insecte. S’il pique une personne atteinte de la dengue ou du chikungunya, deux maladies tropicales, il peut transmettre le virus à sa victime suivante. Or, dans le cas lyonnais, la personne infectée n’avait pas voyagé.

Doit-on s’attendre à connaître la même situation en Suisse? Les experts le jugent pour l’instant très faible, car les virus à l’origine de ces infections ne sont pas en circulation. Depuis le début de l’année, 159 cas de dengue et 29 cas de chikungunya ont certes été annoncés dans notre pays. Mais ces gens ont tous contracté leur maladie lors d’un voyage à l’étranger. «Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de transmission autochtone chez nous», confirme le médecin cantonal genevois Jacques-André Romand. Il précise que ces deux infections peuvent se traduire par des symptômes grippaux. «Comme avec tout virus, elles peuvent aussi entraîner des complications. Malheureusement, nous n’avons pas de vaccin pour les prévenir.»

L’exemple du Tessin

Pour éviter les flambées, les autorités suisses ne surveillent pas seulement les malades. Elles misent surtout sur un contrôle serré de l’évolution du moustique tigre. Au Tessin, son suivi officiel a débuté en 2007, précise Daniel Cherix, professeur à l’Université de Lausanne et responsable de cette surveillance en Suisse romande. Depuis 2013, les principales autoroutes du pays sont contrôlées, puisque l’insecte progresse en passager clandestin, grâce aux autos et aux camions. Et en 2017, l’Office fédéral de l’environnement a mis en place un programme national de surveillance pour combattre les moustiques exotiques.

Si l’avancée semble inévitable, l’enjeu est de maintenir le nombre de spécimens à un niveau bas. Au Tessin, on y est parvenu à coups de contrôles, de mesures préventives et de traitements avec un insecticide naturel. «En Italie, il y a dix fois plus de moustiques tigres. Le fait qu’il n’y a pas eu d’épidémie chez nous montre que cette stratégie est la bonne», assure Daniel Cherix. À titre de comparaison, pas moins de neuf épidémies de dengue ont été dénombrées dans le sud de la France en 2018.

«Il pique plusieurs fois»

L’insecte ne représente pas seulement un vecteur potentiel de maladies. «Le plus gros risque, pour l’instant, est lié au désagrément occasionné par ses piqûres, commente Corinne Jacquelin, biologiste et présidente du WWF Genève. Contrairement aux espèces indigènes, il pique beaucoup le jour. Et il a tendance à le faire plusieurs fois.»

On ne sait pas si l’installation du moustique tigre en région genevoise est durable. «Même si la baisse de température automnale devrait avoir un effet limitant, il faudra probablement envisager cette éventualité pour un avenir proche», préviennent les autorités. En conséquence, elles ont intensifié les contrôles des sites qui peuvent héberger des larves. Des œufs ont ainsi été capturés à la fin de l’été dans un piège placé au restoroute de la Gruyère (FR).

Créé: 03.10.2019, 21h08

Comment le repérer?

Les autorités demandent à la population de signaler toute observation suspecte. «Nous faisons un monitoring, mais si nous voulons que le nombre de ces moustiques étroitement liés aux zones urbaines reste faible, les habitants doivent aussi jouer le jeu en évitant de lui offrir des petites poches d’eau pour se reproduire», relève Gottlieb Dandliker, inspecteur genevois de la faune.

Pour vous aider dans cette traque, sachez que le moustique tigre est plus petit que la plupart de ses cousins indigènes et ne dépasse pas la taille d’une pièce de 5 centimes. Ses pattes sont marquées de blanc aux articulations et il relève ses pattes arrière quand il pique. On ne le trouve pas dans les plans d’eau naturels. Il se reproduit dans les flaques, les fonds de récipients de jardin, les soucoupes de pot de fleurs, les vieux pneus et tout autre objet pouvant contenir de petites quantités d’eau.

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