Le PDC pousse un ouf de soulagement avec la candidature de Viola Amherd

Succession Doris LeuthardLa conseillère nationale valaisanne se lance dans la course au Conseil fédéral. Elle est quasi assurée d’être sur le ticket du parti.

Viola Amherd (PDC/VS) entre officiellement dans la course au Conseil fédéral.

Viola Amherd (PDC/VS) entre officiellement dans la course au Conseil fédéral. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Elle avait promis de sortir du bois très tôt, elle aura finalement tenu en haleine tout le PDC, annonçant sa candidature quelques heures à peine avant le délai fixé par le parti. Viola Amherd, considérée comme la mieux profilée pour succéder à Doris Leuthard, est dés­ormais officiellement en course pour le Conseil fédéral.


A lire l'édito: Viola Amherd, une question d’équilibre


La conseillère nationale (VS) se déclare par communiqué de presse en raison d’une opération suite à des calculs rénaux. Mais elle précise qu’il s’agit d’une décision «mûrement réfléchie». Début novembre, elle donnera d’ailleurs une conférence de presse pour répondre à toutes les questions.

Bien que chaotique, cette entrée en lice soulage le parti. «C’est la seule qui a le niveau», lâche un stratège démocrate-chrétien. À l’image de plusieurs autres PDC, il estime que les trois autres candidats – le sénateur Peter Heggelin (ZG), la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter (BL) et la ministre cantonale Heidi Z’Graggen (UR) – font figure de seconds couteaux. «Nous avons notre favorite, glisse un membre de la présidence qui s’exprime aussi anonymement. Le parti a dès le début compté sur sa candidature, mais son hospitalisation a compliqué les choses.»

La sénatrice Anne Seydoux (PDC/JU) ne tarit pas d’éloges sur Viola Amherd. «Elle est compétente, sérieuse, fiable, intelligente et sincère. Pour moi, elle représente ce que doit être le centre en politique. Elle est à la fois libérale et sociale, et c’est ce qui différencie le PDC des autres partis de droite.» Viola Amherd aurait-elle déjà un coup d’avance? «En tant que vice-présidente du groupe, elle est celle qui a le plus de chances de figurer sur le ticket», reconnaît Martin Candinas (PDC/GR).


Ses points forts

Viola Amherd est une politicienne discrète à Berne. Arrivée en 2005 au Conseil national, où elle a remplacé Jean-Michel Cina, l’actuelle vice-présidente du groupe parlementaire PDC s’est toutefois forgé peu à peu une réputation solide. Voici ses atouts.

Une vraie centriste

Ouverte sur le plan économique mais attachée aux droits humains, progressiste au niveau sociétal tout en défendant la décentralisation et les régions rurales, Viola Amherd se place au centre de l’échiquier politique traditionnel. Elle est vue comme une conservatrice en Valais, une progressiste à Berne. Elle peut jouer un coup à gauche, un coup à droite.

Des soutiens de haut rang

Les appels du pied pour une candidature de la Haut-Valaisanne viennent davantage de la Berne fédérale que de son canton. Mais au plus haut rang, dans l’entourage du Conseil fédéral, on lui tresse des louanges de politicienne efficace, avec les épaules suffisamment larges pour endosser des responsabilités.

De nombreux liens d’intérêt

Avec seize liens d’intérêt déclarés, dont neuf conseils d’administration, le réseau de Viola Amherd lui assure sur le papier un certain nombre de soutiens potentiels. Économiquement, elle est proche du Groupe Genolier, de BLS, de Migros Valais, ou encore d’EnAlpin. Présidente de Fibre Optique Suisse, elle est aussi membre de Swissaid ou encore du Sénat de l’Université de Fribourg. Au niveau thématique, elle s’est fait connaître notamment pour sa défense des droits des enfants.

L’effet femme

Ce qui distingue Viola Amherd du seul candidat masculin déclaré du PDC, Peter Hegglin? C’est sans conteste ses positions progressistes en matière d’égalité. Viola Amherd se revendique féministe. Elle défend l’égalité salariale lorsque Peter Hegglin fait partie des sénateurs PDC qui ont renvoyé le projet en commission cet hiver. Dans le contexte politique actuel, cela lui vaudra sans aucune doute la solidarité d’élues fédérales de tous bords.

Le retour de l’arc alpin

La Suisse orientale veut revenir au gouvernement. La Suisse centrale y aspire aussi. Mais depuis le départ d’Eveline Widmer-Schlumpf du Conseil fédéral, les régions alpines n’y sont plus représentées non plus. Viola Amherd peut porter leurs espoirs.

Sa fiabilité

Posez la question dans n’importe quel parti, une qualité de Viola Amherd revient: sa fiabilité. Elle fait ce qu’elle a dit. Obstinée? Le communiqué de son parti diffusé mercredi la qualifie de tenace. Savoir tenir parole, cela a aussi de l’importance dans une course au Conseil fédéral. L.Bt.


Ses points faibles

Alors qu’au PLR Karin Keller-Sutter survole la mêlée, la course au Conseil fédéral du PDC peut réserver bien des surprises. Viola Amherd n’a pas du tout le même statut de favorite et plusieurs obstacles peuvent la faire trébucher.

Un départ raté

Ses calculs rénaux auront joué un sale tour à Viola Amherd. Une candidate au Conseil fédéral qui communique par écrit sa décision en raison d’une hospitalisation, voilà qui fait tache pour briguer la fonction suprême. D’autant qu’elle a aussi été rattrapée par une affaire de loyers prélevés en trop. Condamnée à rembourser 250 000 francs, elle a fait appel.

Un manque de charisme

Politicienne discrète, Viola Amherd préfère le travail en coulisses aux feux des projecteurs. On est très loin d’une Doris Leuthard qui jouait de son charme et des médias pour convaincre. En termes de charisme, la comparaison est sans appel.

Trop à gauche pour l’UDC

Un simple détour par la salle des pas perdus permet de se rendre compte à quel point l’image de Viola Amherd varie en fonction du positionnement politique des élus. Loué par les Verts et les socialistes, le profil de la Valaisanne ne passe pas à l’UDC. Le premier parti du pays, qui compte pour près d’un tiers des voix au parlement, risque bien de se tourner vers celui ou celle qui l’accompagnera sur le ticket PDC.

Le Valais comme handicap

Le siège de conseiller fédéral qui se libère doit revenir à un Alémanique. Et Viola Amherd est Alémanique, cela ne fait pas un pli. Mais elle vient d’un canton qui – dans toutes les institutions intercantonales – compte pour un romand. Cette réalité peut-elle fragiliser sa candidature? La question devrait se poser tôt au tard.

Les bisbilles dans son canton

On ne lui connaît guère d’ennemis hors de son canton. Chez elle, c’est plus compliqué. Viola Amherd ne s’entend pas avec le sénateur haut-valaisan Beat Rieder. Son passage à la mairie de Brigue n’a pas non plus marqué les esprits. On reproche à Viola Amherd de s’être accrochée au poste et d’avoir fait basculer ce bastion PDC à l’UDC à son départ.

La mauvaise chambre

Entre un conseiller aux États et un conseiller national, c’est souvent le premier qui gagne. L’histoire montre que les sénateurs ont l’habitude de s’élire entre eux. Viola Amherd – qui pourrait se retrouver face à au conseiller aux États Peter Hegglin (ZG) – doit sans doute nourrir quelques regrets. Elle avait renoncé à briguer la Chambre haute en 2015, alors que le PDC l’avait sollicitée. F.QZ (24 heures)

Créé: 24.10.2018, 20h04

Articles en relation

Le départ raté d’Amherd met le PDC dans la panade

Succession Doris Leuthard Le président Pfister peut-il surgir dans la course? À Berne, c’est plutôt la côte du chancelier Thurnherr qui remonte en flèche. Plus...

Condamnée, Viola Amherd juge «n'avoir rien fait de mal»

Succession Leuthard La Haut-Valaisanne a fait recours contre sa condamnation. Pour la Berne fédérale, un conflit civil n’entrave pas une candidature. Plus...

Le Valais est-il un boulet pour Viola Amherd?

Succession Leuthard La PDC alémanique est une des favorites à la course au Conseil fédéral. Mais son origine cantonale pourrait gripper la machine. Plus...

Pas à pas, elles ont posé les bases de leur conquête

Politique Le Matin Dimanche Si deux femmes sont élues au Conseil fédéral en décembre, ce sera certainement celles-ci. Karin Keller-Sutter (PLR/SG) et Viola Amherd (PDC/VS) savaient que ce destin pouvait les rattraper. Retour sur leurs parcours particuliers. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 14 novembre 2018
(Image: Bénédicte) Plus...