Le PLR veut refonder le système de santé

SuisseLe PLR propose une réforme des coûts de la santé. Son programme mettrait fin au système de solidarité pour le remplacer par la responsabilité individuelle.

A l'approche des élections fédérales de 2019, tous les partis y vont de leur recette contre les coûts de la santé.

A l'approche des élections fédérales de 2019, tous les partis y vont de leur recette contre les coûts de la santé. Image: Keystone

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Alors que les Suisses s'interrogent sur la future hausse de leur prime d'assurance maladie, le PLR travaille sur un modèle qui pourrait révolutionner tout le système suisse. Le parti ne veut pas laisser ce terrain aux autres formations politiques à l'approche des élections fédérales de 2019, explique le Blick.

Le sujet figure en bonne place sur l'agenda politique. Le PDC a déjà lancé son initiative pour réduire les coûts de la santé et le PS prévoit une initiative populaire pour limiter les primes de l'assurance à 10% des revenus d'un foyer. Mais le PLR veut aller nettement plus loin, comme le reconnaît Philippe Nantermod.

Une réforme en trois points

«Les coûts de l'assurance de base sont hors de contrôle. Nous devons freiner durablement leur croissance en créant de nouveaux outils de financement», a déclaré le conseiller national valaisan et vice-président du parti. Le PLR propose donc une réforme en trois points:

  • Un compte santé. Il sera comparable au troisième pilier et donc sur une base volontaire. Quiconque y souscrira paiera moins d'impôts. Ce compte servirait à payer des maladies bénignes ou de courts séjours à l'hôpital. Pour les opérations graves, les maladies chroniques ou les personnes dans le besoin, une assurance obligatoire «pour les risques majeurs» serait mise en place. L'idée est de favoriser fiscalement ceux qui assument la responsabilité de leur propre santé, une approche qui pourrait plaire aux jeunes actifs. En outre, les fonds réunis sur ce compte pourrait être héréditaires. «Ce compte santé pourrait donc être une véritable alternative au système de redistribution en vigueur actuellement», souligne Philippe Nantermod.
  • De nouveaux modèles de rabais. Le PLR veut aller plus loin que le système actuel qui offre des primes pour un modèle alternatif ou une franchise supérieure. Le PLR veut permettre aux assurés d'émettre des restrictions sur le choix de l'hôpital et du médecin pour obtenir des rabais plus élevés. Le parti veut également autoriser des franchises supérieures à 2500 francs, qui constituent le plafond actuel. Pour y parvenir, il faudrait une assurance complémentaire ou un compte bloqué qui serait approvisionné avec un acompte équivalent pour couvrir tout cas d'urgence.
  • Traitements à l'étranger. A l'heure actuelle, les caisses maladie ne couvrent que les soins en Suisse, qui coûtent plus cher qu'à l'étranger. Le PLR veut en finir avec ce principe de la territorialité. La mesure pourrait concerner le matériel médical, les soins et les services ainsi que la réadaptation. Ces secteurs pourraient être suspendus à titre provisoire afin que l'assuré puisse chercher et obtenir un traitement moins coûteux hors des frontières.

La fin du système de solidarité

Comme l'explique Philippe Nantermod, «nous ne voulons pas plus de coercition, mais plus de liberté de choix, de transparence et de responsabilité personnelle pour l'assuré. Ainsi que plus de concurrence et moins d'Etat».

La réforme du PLR mettrait également fin au système de solidarité actuellement en vigueur, ce que ne nie pas le vice-président du parti. «Nous devons nous concentrer sur le cœur du domaine de la solidarité pour freiner la hausse des coûts. Il faut aider les patients qui ne sont pas en mesure de supporteur eux-mêmes les coûts de base de la santé. Aujourd'hui, il y a trop peu d'incitation pour des soins de santé indépendants. La solidarité est mise à rude épreuve.»

Cette réforme est une réponse aux initiatives du PDC et du PS. «La gauche cherche son salut dans une étatisation coûteuse du système de santé. Et le PDC vend un plafond de dépenses artificiel comme remède miracle, ce qui conduit à un arrêt complet de la performance dès que le budget est épuisé. Et qu'est-ce qui se passerait si c'était déjà le cas à la fin du mois d'octobre?», souligne Philippe Nantermod, pour qui les deux textes sont «inadaptés».

Créé: 06.11.2018, 10h25

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