Le coma éthylique ne sera bientôt plus gratuit

AlcoolismeLes fêtards qui se retrouvent à l'hôpital après avoir trop bu pourraient bientôt assumer tous les coûts. Un projet de loi concret est en préparation, mais les oppositions sont sérieuses.

La soirée peut bien démarrer mais finir aux urgences pour excès d'alcool.

La soirée peut bien démarrer mais finir aux urgences pour excès d'alcool. Image: Beat Marti

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ceux qui finissent aux urgences après une soirée trop arrosée doivent en assumer tous les coûts, exige Toni Bortoluzzi, conseiller national zurichois de l'UDC qui entend ainsi mettre fin à un «abus massif de l'esprit de solidarité».

Et si les fautifs sont encore mineurs, ce sera aux parents de couvrir les frais. Quant aux coûts d'un passage en cellules de dégrisement comme en a Zurich, ils pourraient prendre l'ascenseur.

Le sujet est débattu aux Chambres fédérales depuis trois ans et les commissions de santé tant du Conseil national que du Conseil des États lui ont réservé un accueil favorable. Un projet de loi devrait bientôt voir le jour.

Qui paiera?

Les discussions tournent autour de la définition du buveur excessif, qui représente 16'000 cas par an dans les hôpitaux suisses, rappelle Addiction Suisse dans une étude. Les malades alcooliques ne sont pas concernés par le futur texte, a précisé Toni Bortoluzzi.

La loi doit prémunir les hôpitaux de l'obligation de définir qui est un buveur excessif ou non. Ceux-ci craignent de devoir absorber une partie des coûts, notamment administratifs, s'ils envoient directement les factures.

Ce serait donc aux caisses maladies d'assurer les frais. quitte par la suite à se faire rembourser par leur assuré. Toni Bortoluzzi calcule que les caisses maladies pourraient ainsi économiser entre 20 et 30 millions par an.

Les parents à la caisse

Les partis de gauche s'opposent déjà au projet de loi, qui a reçu l'appui de l'Union Suisse des Arts et Métiers (USAM). L'association y voit une sorte de contreprojet aux velléités du Conseil des Etats qui a voté en mars l'interdiction de la vente d'alcool entre 22 et 6 heures ainsi qu'un prix minimum pour les boissons alcoolisées.

«Nous voulons prendre le problème à la racine et nous adresser à ceux qui nuisent aux autres en raison de leur consommation excessive», a déclaré Rudolf Horber de l'USAM au Tages-Anzeiger.

L'association veut se faire entendre par le biais de la députée argovienne UDC Sylvia Flückiger, qui est également membre de la présidence de l'USAM. Elle exige que les frais occasionnés par une consommation excessive d'alcool soient complètement couverts par «le consommateur ou ses représentants légaux».

Les caisses maladies n'en veulent pas

Une position qu'Addiction Suisse juge excessive. «Les raisons pour une consommation exagérée d'alcool sont multiples et individuelles sans oublier le contexte», ajoute le porte-parole Simon Frey. Quant à H+, l’association nationale des hôpitaux, cliniques et institutions de soins publics et privés, elle doute que la loi fasse vraiment baisser le nombre de cas.

L'opposition la plus farouche vient toutefois des caisses maladies qui ne veulent pas entendre parler de facturation. Soit le traitement relève de l'assurance obligatoire, soit ce n'est pas le cas, précise Anne Durrer, porte-parole de Santésuisse. (nxp)

Créé: 12.07.2013, 13h50

Articles en relation

Contre le «zéro pour mille» pour les jeunes conducteurs

Volant L'interdiction absolue pour les jeunes conducteurs de rouler sous l'influence de l'alcool est vivement critiquée par les représentants des intérêts des automobilistes. Plus...

Dernier été à naviguer tranquille avant le 0,5‰

Alcoolémie Le taux d’alcool sera limité sur l’eau dès le 1er janvier 2014. Ce qui déplaît aux plaisanciers. Reportage sur la Riviera. Plus...

Bientôt un vaccin contre l'alcoolisme?

Santé Le Chili est en train de tester une méthode qui bloque la dégradation de l'alcool dans l'organisme, provoquant ainsi la gueule de bois dès les premières gorgées. Une première mondiale. Plus...

Les employés de la restauration plus enclins à l'alcoolisme

Etude suédoise Les employés de la restauration en Suède sont plus enclins à l'alcoolisme que le reste de la population, montre une étude dont les résultats ont été publiés mardi dans le Scandinavian Journal of Public Health. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.