Le débat ouvre aux jeunes les portes de la démocratie

FormationVingt-quatre élèves romands prennent part dès aujourd’hui, à Berne, à la finale nationale d’un concours oratoire.

L'initiative vise notamment à intéresser les jeunes à la vie publique. Ici des écoliers vaudois à la tribune du Conseil national, à Berne, en novembre 2014.

L'initiative vise notamment à intéresser les jeunes à la vie publique. Ici des écoliers vaudois à la tribune du Conseil national, à Berne, en novembre 2014. Image: Patrick Martin

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Faut-il supprimer les devoirs à domicile? Interdire la publicité pour le crédit à la consommation? Ou encore élargir le Conseil fédéral à neuf membres? Six questions de ce type figurent au programme de la finale du concours national «La jeunesse débat», organisée vendredi et samedi à Berne. Elle mettra aux prises 84 filles et garçons, âgés de 13 à 20 ans, venus de toute la Suisse. Un peu comme si la session parlementaire de printemps se prolongeait en draguant les politiciens en herbe.

Ces joutes oratoires se tiennent tous les deux ans depuis 2007, sous l’impulsion de la Fondation Dialogue. En vue de l’édition 2015, quelque 7000 élèves et apprentis ont bénéficié d’une formation spécifique. Les participants doivent apprendre à trouver le bon équilibre entre les quatre critères fixés: connaissance de la matière, capacité de dialogue, pouvoir de persuasion et capacité d’expression. «Celui qui maîtrise parfaitement son sujet mais ne laisse pas parler son contradicteur ne sera pas forcément bien noté», explique Lucie Schaeren, l’une des deux responsables du projet en Suisse romande.

Au terme des épreuves qualificatives, mises sur pied dans de nombreux établissements scolaires, vingt-quatre jeunes Romands ont décroché leur ticket pour la finale. Parmi eux, treize Vaudois et quatre Genevois. A eux de se montrer éloquents et convaincants face au jury, composé notamment d’enseignants et d’ex-participants.

Education à la citoyenneté

L’événement prend un relief particulier cette année avec la création du «Campus pour la démocratie», organisation faîtière réunissant les principaux acteurs de l’éducation à la citoyenneté et de la participation civique. «Il fera le lien entre la Confédération et les projets sur le terrain, qui ont besoin de soutien», espère Lucie Schaeren. Le lancement officiel, demain à Berne, aura lieu en présence de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

«Cela donne du poids à notre démarche éducative», se réjouit la sociologue et formatrice de «La jeunesse débat». Une approche qui n’a plus grand-chose à voir, dit-elle, avec l’instruction civique de jadis. «Nous nous adressons non seulement aux futurs citoyens, mais à toutes les personnes vivant en Suisses, migrants compris. C’est une éducation à la démocratie, selon les principes du Conseil de l’Europe.» A la connaissance des institutions politiques s’ajoutent ainsi, entre autres, les notions de valeurs et d’opinions, l’encouragement du regard critique et autonome, l’incitation au lancement de projets.

Encore faut-il disposer, en classe, du matériel didactique nécessaire. Constatant de sérieuses lacunes dans ce domaine, alors même que la citoyenneté figure dans le Plan d’études romand, Lucie Schaeren et son collègue Yannis Papadaniel viennent de publier leur propre manuel. Intitulé Mon carnet citoyen, il aborde en huit modules les droits fondamentaux, le pouvoir, l’élaboration des lois, les moyens d’information, etc. Il propose des jeux de rôle et laisse une large place à la discussion. De quoi faire émerger les débatteurs de demain? Lucie Schaeren se veut optimiste: «Des enseignants romands testent déjà le livre. Et on sent un intérêt à l’adapter au Tessin et en Suisse alémanique.»

Plus d'informations sur le site du projet La jeunesse débat.

Créé: 20.03.2015, 11h32

«Ce concours m’a incité à m’engager»

Finaliste en 2013, il siégera cette fois-ci à la table du jury. Robin Jaques, 15 ans, s’est découvert une passion pour le débat à l’occasion d’une initiation organisée par
un enseignant, dans son école de Nyon. «Je ne maîtrisais pas du tout l’art oratoire, mais j’étais très motivé. J’ai gagné ma place lors de l’épreuve qualificative.»

Lors de la finale nationale, il a eu à s’exprimer en public
sur deux thèmes: l’abaissement de l’âge du permis de conduire à 16 ans et le remplacement des supports papier par des tablettes numériques à l’école. «Je ne suis pas allé au bout, mais j’ai beaucoup apprécié l’expérience», raconte-t-il.

Robin est aujourd’hui en première année de gymnase. Sa participation à «La jeunesse débat» l’a incité à s’engager
au plan civique. Il fait désormais partie de la commission consultative des jeunes du Canton de Vaud. «C’est intéressant. Nous prenons position dans le cadre de l’élaboration des lois», détaille le jeune Nyonnais, qui se réjouit de retrouver l’ambiance de la grande finale, à Berne. «Le niveau promet d’être élevé.»

Et ensuite? «Je dois déjà me concentrer sur ma maturité! Mais j’aimerais bien travailler dans la politique. De préférence avec un regard extérieur. Peut-être journaliste?»

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