Le parlement enterre l’idée d’un congé paternité de deux semaines

Politique familialeLa majorité bourgeoise a recalé définitivement le projet. Les syndicats planchent sur une initiative populaire

La proposition de Martin Candinas (PDC/GR) n'a pas passé la rampe. «Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre. Le temps joue pour nous», estime le conseiller national.

La proposition de Martin Candinas (PDC/GR) n'a pas passé la rampe. «Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre. Le temps joue pour nous», estime le conseiller national. Image: Keystone

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Encore raté. Ce n’est pas donc demain que la Suisse se dotera d’un congé paternité. Le dernier projet en date, porté par le PDC grison Martin Candinas, a été enterré mercredi par la majorité bourgeoise du Conseil national. Le score relativement serré (97 voix contre 90 et 5 abstentions) n’y changera rien. Le Conseil des Etats l’avait également rejeté en novembre dernier.

Une proposition modeste

La proposition concoctée par le Grison était pourtant modeste: deux semaines de congé payé, financé par les allocations perte de gain (APG), le fonds qui finance déjà le congé maternité. Selon les calculs de l’Administration fédérale, cette nouvelle assurance sociale aurait coûté 200 millions de francs par an et aurait nécessité un prélèvement salarial de 0,06%.

Trop d'incertitudes financières

Trop dans le contexte actuel, a donc estimé la droite. «Cette incertitude financière a décidé le PLR à dire non, explique Isabelle Moret. L’impact financier aurait été important sur les salaires. Prévoyance 2020 prévoit déjà d’augmenter les prélèvements salariaux pour payer 70 francs supplémentaires aux retraités. On risque de fragiliser les emplois. Pour moi, ce qui est prioritaire, c’est qu’il y ait assez d’argent dans les APG pour payer le congé maternité des femmes!»

Et une opposition de principe

Du côté de la droite conservatrice, l’idée du congé paternité se heurte toujours à une opposition de principe. Pas question de laisser l’Etat s’immiscer dans la politique familiale. La décision de fonder une famille revient aux parents.

Martin Candinas relativise sa défaite

Martin Candinas, lui, s’attendait à cette défaite, logique au vu du basculement des forces à droite au Conseil national. Mais le Grison se félicite d’avoir réuni autour de lui la majorité du PDC. Il est persuadé que son idée finira par s’imposer. «Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre. Mon initiative parlementaire a suscité un important débat public, aussi auprès des entreprises. Et il a fait bouger les lignes. Le temps joue pour nous», analyse-t-il.

Bientôt une initiative populaire

Le débat n’est en effet pas près de quitter l’agenda politique. Le syndicat Travail.Suisse a annoncé son intention de lancer une initiative populaire pour un congé paternité de 4 semaines. S’il ne soutient pas cette idée, Martin Candinas y voit une opportunité pour repartir avec un contre-projet direct de deux semaines. «Quatre semaines, cela ne me semble pas finançable. Mais deux semaines, c’est une proposition raisonnable, très suisse parce que pas trop généreuse. Même les discounters Lidl et Aldi viennent de l’introduire», souligne le démocrate-chrétien.

La voie du congé non payé

Isabelle Moret, elle, plaide pour un premier pas plus modeste: l’introduction d’un congé non payé de deux semaines. «Je suis persuadée que la plupart des entreprises paieraient ce congé. Et cela permettrait de démontrer le bien-fondé de ce congé paternité. Ce pas franchi, il sera plus facile d’obtenir un financement», explique-t-elle. Mais la Vaudoise persiste et signe: ce projet n’est pour l’heure pas prioritaire. (24 heures)

Créé: 27.04.2016, 18h15

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