«Le plus angoissant? Le ballet des ambulances»

TémoignagesAu Tessin, canton le plus touché par le coronavirus, la population vit recluse depuis samedi. Deux habitants racontent leur quotidien.

Au Tessin, tous les malades positifs au coronavirus dans un seul et même hôpital, à Locarno.

Au Tessin, tous les malades positifs au coronavirus dans un seul et même hôpital, à Locarno. Image: Keystone

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«Et vous, vous les entendez déjà les ambulances?» Cette question de Giulia (nom connu de la rédaction) en début de discussion surprend. Dans son village en banlieue de Mendrisio, cette Tessinoise d'une quarantaine d'années, nous raconte son quotidien dans son canton qui fait face à l'avancée du virus avec quelques jours d'avance sur le reste de la Suisse. «Le ballet des ambulances, c'est le plus angoissant.» Dans cette atmosphère silencieuse où l'écrasante majorité des commerces sont fermés, elle raconte entendre une fois par heure environ le son des véhicules d'urgence qui résonne jusqu'à ses fenêtres. «Alors, forcément, on y pense».

À quelques kilomètres de là, Matteo, la trentaine, vit près de Bellinzone. «Les choses ont évolué très vite ces derniers jours. Désormais, il y a des agents de sécurité devant les magasins pour éviter qu'il y ait des attroupements. Les gens portent des gants pour faire leurs achats.»

Il note aussi une différence de perception avec ce qui se passe dans le reste de la Suisse. «J'entendais l'Office fédéral de la santé publique dire, mardi, qu'on pouvait encore faire des soupers avec des amis ou aller au parc avec les enfants. Ça semble irréaliste. Ici, tous les parcs sont fermés au public, et les seules sorties autorisées le sont avec les personnes qui vivent dans votre foyer. Je n'ai plus vu aucun ami ni membres de ma famille depuis une semaine.»

Mardi, Giulia est sortie pour aller faire ses provisions dans le supermarché du coin. «En rentrant, je suis passée devant une pharmacie. Il faut vous imaginer une queue de plusieurs personnes qui se tiennent à distance les unes des autres et qui portent des masques. Cette image m'a remuée.» Elle l'avoue, elle fait partie des gens qui ont peur. «Avec mes courses, je peux tenir deux semaines. Et je pense que je ne vais pas sortir de chez moi.»

Créé: 18.03.2020, 16h11

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