Le procureur requiert la prison à vie et un internement

Assassinat de la petite SemharPour le magistrat, le prévenu est un sadique sexuel et un psychopathe. Sa responsabilité dans le viol et l'assassinat d'une enfant de 12 ans ne fait pas de doute.

Au premier plan, le prévenu. Au fond, le procureur Joël Schwarzentrub.

Au premier plan, le prévenu. Au fond, le procureur Joël Schwarzentrub.

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Au terme d’un réquisitoire de plus de deux heures, le procureur Joël Schwarzentrub a réclamé la prison à vie et un internement ordinaire, mardi, pour celui qu’il considère comme le violeur et l’assassin de la petite Semhar, 12 ans. Et comme l’agresseur sexuel de trois anciennes compagnes.

Le magistrat souligne «la facilité du prévenu à transgresser les règles morales sans ressentir la moindre culpabilité». Un trait relevé par les expertises psychiatriques. Il décrit ses mensonges constants et la gradation de la violence dans ses relations avec les femmes. Gradation qui a abouti, le 23 août 2012, au viol et à l’assassinat de Semhar dans le quartier de la Tambourine, à Carouge.

«Il faut maintenir la pression durant quatre minutes pour arriver à l’asphyxie et à la mort, détaille le procureur. Comment peut-on agir ainsi en regardant une gamine dans les yeux? Cela ne peut être que l’œuvre d’un psychopathe.» À chaque fois qu’on évoque le supplice subi par l’adolescente, sa mère s’effondre en sanglots silencieux. Le prévenu était, à l’époque des faits, son petit ami. La culpabilité et le sentiment de ne pas avoir pu protéger sa fille terrassent à chaque fois la plaignante. L’accusé, lui, ne bronche pas.

Un iceberg au coeur de pierre

«Un iceberg au cœur de pierre», décrit Me Robert Assaël, avocat de la mère. Après avoir changé quatre fois de version durant l’instruction, l’accusé a affirmé au cours du procès qu’il s’était parqué devant l’immeuble de la petite Semhar ce 23 août 2012 parce qu’il lui donnait en secret des cours de conduite. Il a prétendu qu’ils avaient rendez-vous ce jour-là pour un cours. Mais, selon lui, elle n’est jamais venue. Il est reparti au bout d’une demi-heure sans se poser de questions, tout en invitant la mère de la victime au restaurant.

Pourquoi n’appelle-t-il pas la jeune fille puisqu’elle ne vient pas au rendez-vous? se demande le procureur. Pourquoi Semhar a-t-elle enfilé ses habits d’intérieur si elle devait ressortir? Pourquoi ne parle-t-il pas de ce rendez-vous secret lorsque la disparition de l’adolescence est constatée ce soir-là et que tout le monde s’inquiète? Sur les 200 prélèvements ADN relevés sur les lieux du crime, seules deux traces sont inconnues. Des traces probablement féminines, selon les spécialistes. Toutes les autres sont liées aux membres de la famille de Semhar ou à l’accusé.

L’ADN de ce dernier se retrouve sur le cou de la victime, ses poignets, ses aisselles, sous ses ongles, à l’intérieur de son slip, sur le cadre du lit conjugal et au dessous, là où le corps de l’enfant a été retrouvé. «Tout l’incrimine! dit le procureur. Il y a un faisceau d’indices implacable. Il n’existe aucun doute raisonnable qui puisse profiter à l’accusé.» Le magistrat rappelle le risque de récidive élevé constaté par les experts psychiatres, la froideur et l’absence de remords, et il réclame la prison à vie et l’internement.

Il n'avait pas faim

«Le prévenu est une savonnette mouillée, décrit Me Assaël. Il s’adapte aux remarques et aux questions, une véritable aérobic avec la vérité.» L’avocat souligne qu’aucune piste n’a été négligée par la police. Toutes mènent à cet Éthiopien de 42 ans. Il savait qu’il retrouverait Semhar seule à la maison car il venait d’emmener le reste de la famille à l’hôpital.

Il dit être resté 36 minutes devant l’immeuble à attendre l’adolescente. Faux, affirme Me Assaël, durant ces 36 minutes, il l’a violée et assassinée. Puis, il a invité le reste de la famille au restaurant pour retarder le plus possible la découverte du corps, rendre l’établissement de l’heure du décès difficile et se forger un alibi. Ce soir-là au restaurant, il n’avait pas faim. «Car il venait de violer et d’assassiner Semhar!» souligne l’avocat.

Le procès se poursuit mercredi avec la défense. (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 18h41

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