Le troc qui profitera aux Vaudois, mais pas aux Valaisans

ArméeUeli Maurer veut réduire les infrastructures militaires. En jeu, des places d’armes et des aérodromes.

L’aérodrome et la place d’armes de Payerne devraient être renforcés par la réforme DEVA.

L’aérodrome et la place d’armes de Payerne devraient être renforcés par la réforme DEVA.

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On n’en sait encore rien, secret défense oblige. Mais lundi soir, on saura tout. Les ministres cantonaux des Affaires militaires sont convoqués en fin d’après-midi par le conseiller fédéral Ueli Maurer. Ils seront informés des conséquences pour les infrastructures militaires de «DEVA», la nouvelle réforme de l’armée qui, si elle suit son cours, prendra effet en 2016. Suspens donc. Mais, à vrai dire, suspens relatif…

Car le Département fédéral de la défense a déjà prévenu chacun des Cantons de ses intentions le concernant. Donc, lundi, la nouveauté tiendra surtout à la carte d’ensemble du futur dispositif militaire. L’armée appelle ça son «plan de stationnement». On y découvrira les installations qu’elle compte maintenir et celles appelées à être redimensionnées, voire à disparaître. Parmi ces dernières, il y aura des places d’armes entières… Les autorités cantonales auront quelques semaines devant elles pour dire ce qu’elles pensent de ce programme.

Payerne qui rit

Sur le plan romand, le plus grand des chocs risque bien de toucher le Valais. Son Conseil d’Etat en est déjà tout retourné. Comme celle d’Emmen (LU), la base aérienne de Sion devrait se réduire à un «aérodrome de dégagement». Sa flotte et une partie au moins des emplois militaires qui y sont affectés seraient alors déplacés à Payerne, qui resterait avec Meiringen (BE), près d’Interlaken, une des deux dernières bases principales des Forces aériennes.

A l’Etat de Vaud, Denis Froidevaux, chef du Service de la sécurité civile et militaire, se refuse bien sûr à toute considération sur les implications de la réorganisation de l’armée. Mais sa sérénité est sans équivoque. Pour lui, «Ueli Maurer fait le travail que ses prédécesseurs n’ont pas pu mener à terme. Ces vingt dernières années, l’armée s’est redimensionnée, mais sans reproportionner ses installations dans la même mesure. Aujourd’hui, elle doit revoir à la baisse ses dépenses de fonctionnement pour pouvoir investir dans sa modernisation.»

Si on comprend bien la logique de ce raisonnement, Payerne n’a pas de souci à se faire. Son aérodrome est depuis longtemps le centre de compétence d’exploitation pour les F/A-18. Et, indépendamment du sort de DEVA, la ville hébergera dès 2018 le Centre de recrutement pour tous les conscrits de langue française. Les rangs des 510 collaborateurs rattachés à sa base aérienne et à sa place d’armes vont donc selon toute probabilité s’étoffer.

Moudon qui pleure

Sur sol vaudois, l’armée emploie quelque 1400 personnes. Avec quatre places d’armes, il n’est pas concevable que le Canton n’ait pas à supporter une part du redimensionnement militaire. Le Département de la défense a investi récemment encore à Bière (artillerie et blindés) et à Chamblon (infanterie). Dans leur cas, difficile donc d’imaginer une remise en cause.

Pour ce qui concerne la place d’armes de Saint-Maurice/Lavey-les-Bains, Denis Froidevaux précise que le sort des installations en terre vaudoise est traité séparément. Cela parce que s’y trouve l’Académie de Savatan, qui forme les aspirants des polices vaudoises et valaisannes, ainsi que des militaires. Cette jeune institution reste dans l’attente des réflexions que les gouvernements romands mènent en vue d’une formation unique de leurs policiers.

Au nord du canton, dans une région où progresse l’urbanisation, la place de tirs de Vugelles-La Mothe est très contestée. Elle est donc toute désignée pour être fermée. Comme la place d’armes de Moudon. En parallèle avec celle d’Airolo (TI), elle a pour principale vocation d’instruire les troupes sanitaires. La rationalité pousse à concentrer cette formation sur un seul site.

Si le Tessin l’emportait pour parvenir à un équilibre des sacrifices entre les Cantons, une alternative s’ouvrirait à Moudon. Ses casernes pourraient servir à une encore hypothétique école unique de police romande. Ou être transformées en centre fédéral de requérants d’asile, comme l’est déjà à une plus petite échelle le Camp Les Rochat, au-dessus de Provence. Mais on n’en est pas encore là… (24 heures)

Créé: 22.11.2013, 07h21

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