Les anti-SSR sont revigorés par le soutien des milieux économiques

Initiative "No billag"Après l'USAM, EconomieSuisse se prononce pour un contre-projet qui exige une réduction de moitié de la redevance.

Directeur de l'Union suisse des arts et métiers, Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH) est un des pourfendeurs de la SSR.

Directeur de l'Union suisse des arts et métiers, Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH) est un des pourfendeurs de la SSR. Image: Keystone

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«Si le National refuse tout contre-projet, alors le groupe UDC soutiendra «No Billag.» A trois jours d’un débat hypersensible sur la redevance radio-TV, cet avertissement de Gregor Rutz (UDC/ZH) a des allures de déclaration de guerre.

«No Billag», c’est la hantise de la SSR. L’initiative veut en finir avec la redevance. Le texte est souvent qualifié d’extrémiste. Jusqu’ici aucun parti n’était prêt à le soutenir officiellement.

«Bien que plusieurs médias privés puissent offrir une partie de ce que fait la SSR, on refuse tout débat sur ce thème, regrette Gregor Rutz. Sans contre-projet, il ne resterait que deux options: faut-il un service public dicté par l’Etat ou géré par un système privatisé? L’UDC préfère la deuxième solution.»

Si les menaces se font aussi pesantes, c’est que les tentatives censées réduire le budget de la SSR ont toutes échoué en commission. Jeudi, lors du débat au National, c’est une minorité qui défendra un contre-projet prévoyant une redevance réduite de moitié.

Un coup dans l’eau? A priori oui. Refroidis par certains scénarios qui prédisent la disparition d’emplois par milliers et la fermeture de bureaux régionaux par dizaines, plusieurs PLR ont lâché l’UDC.

«Il faut bien voir quelles seraient les conséquences pour la Romandie», explique Hugues Hiltpold (PLR/GE). Et de rappeler que le Conseil fédéral ne reste pas les bras croisés. «Il s’est prononcé pour un plafonnement de la redevance et pour un renforcement du rôle de certains médias privés – radio et TV.»

Un coup dur

Si l’affaire paraissait classée il y a peu, un nouvel acteur est venu bouleverser la donne. A la surprise générale, EconomieSuisse s’est prononcée en faveur du contre-projet. Elle devient – après l’Union suisse des arts et métiers (USAM) – la seconde faîtière économique à s’engager pour une diminution de la redevance.

Un coup dur pour la SSR, mais une bonne nouvelle pour Hans-Ulrich Bigler, (PLR/ZH), le directeur de l’USAM. «Le contre-projet renonce à prélever une redevance auprès des entreprises. C’est juste, car ça évite une double imposition. En tant que citoyen d’abord puis en tant que travailleur. EconomieSuisse s’en est rendu compte, j’espère que mes collègues feront de même.»

L’estocade étonne et inquiète les défenseurs de la SSR. «S’engager pour une redevance à 200 francs, c’est un bon slogan, tonne Viola Amherdt (PDC/VS). Mais à aucun moment, EconomieSuisse ne dit comment on peut garantir le service public avec la moitié moins de moyens.»

Contactée, la faîtière se contente d’un «no comment». On ne saura donc pas quelle sera son attitude vis-à-vis de l’initiative «No Billag», si le contre-projet échoue.

Quoi qu’il en soit, la votation qui devrait avoir lieu le 4 mars prochain devient plus incertaine. L’USAM qui s’était déjà farouchement engagée contre la loi radio-TV en 2015 pourrait rejoindre l’UDC et soutenir l’initiative. «L’option est ouverte», glisse Hans-Ulrich Bigler. (24 heures)

Créé: 11.09.2017, 21h29

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