Les cinq conseils pour jardiner bio

BiodiversitéPour préserver les espèces et obtenir tout à la fois un beau jardin, point n’est besoin de pesticides. L’huile de coude et la nature fournissent les remèdes.

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1) Favorisez les auxiliaires et les pollinisateurs


Araignées, vers de terre, abeilles, papillons, coccinelles, mésanges, lézards ou grenouilles. Un jardin sain et sans recours aux pesticides chimiques se doit de préserver au maximum sa biodiversité. Certains insectes et animaux sont ainsi très utiles, notamment pour éliminer les ravageurs.

Pour favoriser leur présence, multipliez les petits coins sauvages où la végétation est dense et non travaillée, les fleurs, les haies vives et les espaces de prairie. Vous pouvez aussi aménager de petites mares, des nichoirs et des mangeoires pour inviter cette faune amie.

Les coccinelles (les vraies, les locales, rondes, d’un beau rouge à points noirs) ou les papillons – qui ont largement été décimés par des décennies d’usage de pesticides chimiques – peuvent être achetées dans tous les magasins de jardinerie certifiée bio.

2) Éliminez les pucerons en douceur


Parmi les ravageurs de plantes ou de feuilles d’arbres fruitiers, le puceron occupe une place de choix. On peut facilement en venir à bout avec des traitements naturels mais, attention, dans la nature tout est question d’équilibre. Il ne faut donc pas les éradiquer à tout-va, car ces parasites sont la nourriture première des coccinelles et fournissent du miellat sucré aux mouches et aux fourmis qui les traient comme nous trayons les vaches. La jolie coccinelle est ainsi un prédateur redoutable, puisqu’elle peut consommer plus de 50 pucerons par jour. Faites donc au préalable une évaluation de la situation avant d’intervenir.

Si l’invasion de pucerons est trop importante ou que vous êtes aux prises avec des coccinelles asiatiques – reconnaissables à leur petite taille et à leur couleur orangée, elles se révèlent être des prédateurs très nuisibles de bêtes à bon dieu indigènes –, vous pouvez recourir au savon noir, qui agira comme un insecticide naturel.

Pour un dosage idéal, comptez 3 à 4 cuillerées à soupe pour un litre d’eau, soit 450 à 600 millilitres pour un pulvérisateur de 10 litres. Les feuilles de rhubarbe en décoction (1,5 kilo de feuilles mises à infuser dans 10 litres d’eau) ou les extraits fermentés de lavande ou de lierre séchés (200 grammes pour 10 litres d’eau) sont également très efficaces.

3) Préservez certaines fourmis et détruisez-en d’autres


Que cela soit dans une maison ou dans un appartement, les invasions de fourmis ne sont pas chose rare. Cela dit, toutes les fourmis ne sont pas nuisibles, telles, par exemple, les rousses, que l’on trouve très souvent au pied d’un sapin ou dans les bois, ou les noires de jardin, appelées Lasius niger. Leur rôle écologique est en effet majeur: les fourmis sont des nettoyeurs de l’environnement, en se nourrissant de déchets organiques, d’insectes ou d’autres animaux morts. Elles sont également des laboureurs de première classe. En creusant des galeries et des tunnels, elles aèrent le sol et brassent la terre. Enfin, elles mangent d’autres insectes et leurs larves, et se font manger notamment par des oiseaux.

Dès lors, qu’on se rassure. Au printemps ou en été, elles ne sont généralement que de passage, à la recherche de nourriture pour ravitailler leur nid qui se trouve à l’extérieur. En suivant leur chemin, vous pouvez les éloigner par de la craie, du bicarbonate de soude, du marc de café ou du borax (borate de soude, en vente dans toutes les bonnes drogueries).

Mais certaines espèces doivent néanmoins être éradiquées. Les fourmis charpentières, tout d’abord, ont pour spécialité de détruire le bois, en le creusant pour en faire leur nid. Si vous les laissez faire, elles vous envahiront en un rien de temps et occasionneront de sérieux dégâts. On peut, dans le meilleur des cas, s’en débarrasser en déplaçant le nid, s’il est petit, ou en taillant la partie boisée atteinte. Au pire, on aura, sans remords, recours à un insecticide agréé bio et fabriqué à base de pyrèthre de fleurs de chrysanthème.

La fourmi américaine ou de feu est également une espèce extrêmement invasive et dangereuse par ses piqûres. «Importées» d’Amérique latine, les fourmis de feu s’attaquent aux espèces locales, consomment de nombreuses espèces d’insectes, notamment pollinisateurs, et sont susceptibles de s’en prendre aux oiseaux et aux mammifères. Elles peuvent donc conduire à l’extinction d’espèces indigènes. Une fois repérées par drones ou chiens renifleurs, elles seront donc détruites, pour le bien de l’écosystème, à l’arme chimique lourde!

4) Protégez-vous contre l’appétit des limaces


Les limaces, mais aussi les escargots, sortent dès qu’il pleut et partent en chasse de nourriture. Ces rampants sont particulièrement friands des jeunes plants et de nouvelles pousses, que cela soit dans un potager ou un jardin d’ornement. Il existe, certes, des produits ayant reçu le label de l’agriculture bio, comme des granulés antilimaces à base de phosphate de fer qui engendrent la mort du gastéropode par déshydratation.

Mais la pratique la plus commune est l’utilisation de bière, que l’on répartira dans des soucoupes assez hautes pour qu’ils tombent dedans. La limace ou l’escargot mourront, certes, mais bourrés. Plus sobre, l’usage de paillage, de sciure, de cendres de bois ou de marc de café en fine couche permet d’établir un cordon sanitaire autour des planches de légumes ou des massifs à protéger. À répéter lors de chaque pluie soutenue.

5) Musclez vos rosiers avec du purin d’orties


Là, on touche au sublime. Outre que l’on retrouve les bienfaits du compost, obtenu à base de déchets végétaux et de restes de cuisine, ou ceux de la bonne vieille bouse désormais vendue en granulés, adonnez-vous désormais à la fabrication – très simple – de purin d’orties ou de décoction de prêle. Ces mixtures serviront de fertilisant à vos plantes, fleurs et légumes, mais aussi de traitement contre les champignons parasites, tels le mildiou, l’oïdium ou la rouille.

Ne vous en faites pas. Dans les jardineries bio, vous trouverez ces mélanges déjà tout faits. Mais, si vraiment vous tenez à les faire vous-mêmes, ces dernières vous en vendront des pellets ou, plus fun encore, vous pouvez partir à la cueillette dans les champs. Voici donc le mode d’emploi de ces dopants naturels.

Pour faire de l’engrais, il faut 1 kilo d’orties pour 10 litres d’eau. Pour un répulsif: 1 kilo d’orties pour 20 litres d’eau.

- Laisser macérer une à deux semaines, en remuant tous les deux jours.

- Filtrer la solution, en ne récupérant que la mixture et dispersez les résidus au compost.

- Pour une utilisation de répulsif, pulvérisez simplement les plantes.

- Pour une utilisation d’engrais, versez le produit directement dans la terre, après l’avoir dilué dans de l’eau à 10-20%.

Décoction de prêle (ou queue-de-cheval):

- Mettez les tiges à sécher, en évitant le plein soleil.

- Placez les prêles sèches dans un grand récipient d’eau. Comptez 50 grammes de prêle pour 1 litre d’eau.

- Laissez macérer deux ou trois heures, puis installez le récipient sur un feu et faites bouillir durant une vingtaine de minutes.

- Filtrer la décoction refroidie. Vous pouvez garder cette mixture quelque temps, mais il est préférable de la préparer au moment précis du traitement.

- Diluez la préparation dans de l’eau, à hauteur de 20%.

- Pulvérisez sur les plantes, en évitant de faire ruisseler le liquide.

- Renouvelez l’opération régulièrement.

Créé: 22.07.2019, 14h26

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