Les drones s’invitent dans le sauvetage en montagne

InnovationUn drone complète désormais la flotte des hélicoptères d’Air-Glaciers en Valais. Une aide qui pourrait s’avérer précieuse

L’engin, équipé d’une caméra thermique, peut être très utile par mauvais temps ou de nuit pour repérer des blessés.

L’engin, équipé d’une caméra thermique, peut être très utile par mauvais temps ou de nuit pour repérer des blessés. Image: Air-Glaciers

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C’est sans doute l’amorce d’une petite révolution dans l’histoire du sauvetage en montagne. La compagnie valaisanne Air-Glaciers vient d’acquérir un drone à la pointe de la technologie pour assister les équipes dans des opérations de sauvetage ou de recherche. Équipé d’une caméra thermique et d’un zoom aérien, cet engin de cinq kilos permet de localiser précisément des blessés et, par exemple, de vérifier l’approche dans des endroits difficiles d’accès pour les hélicoptères comme des forêts, des gorges ou des canyons. «Nous sommes au tout début de l’histoire, prévient Patrick Fauchère, chef pilote chez Air-Glaciers. Il faudra tester cela de manière concrète.» Capable de se déplacer à 80 km/h et supportant des températures allant jusqu’à -20 °C, l’appareil semble en tout cas adapté aux conditions réelles des Alpes.

Dans des endroits escarpés, de nuit ou par mauvais temps, les drones peuvent être d’une aide précieuse et faire gagner du temps à des recherches complexes et lourdes. «Ces engins permettent aussi d’amener une radio, du matériel, de quoi se ravitailler ou même une pharmacie de secours aux personnes bloquées ou blessées», ajoute Pascal Gaspoz, responsable des guides sauveteurs de la compagnie. Il cite encore le cas d’un parapentiste pendu à une ligne à haute tension.

«Nous sommes au tout début de l’histoire. Il faudra tester cela de manière concrète.»

Lors d’une opération à la suite d’une avalanche, le drone pourrait aussi examiner si un risque d’autres coulées subsiste. Suffisamment robuste, il serait en mesure de transporter et larguer une charge explosive de deux kilos pour sécuriser la zone. Signe que la réflexion est en marche, la seconde compagnie de sauvetage valaisanne, Air Zermatt, songe elle aussi à développer un département réservé aux drones. «Nous nous appuyons sur une start-up locale avec qui nous collaborons et cherchons des solutions, confie le patron, Gerold Biner, lui-même pilote d’hélicoptère. L’idée étant pour le moment de laisser travailler des spécialistes sur la question.» Les résultats des expériences menées par Air-Glaciers seront également pris en considération.

Technologie coûteuse

Jusqu’ici, le recours aux drones se faisait en partenariat avec des privés. C’est le cas de la Société suisse pour chiens de recherche et de sauvetage, qui collabore depuis 2016 avec des appareils de la Fédération suisse des drones civils. Car acquérir un tel engin nécessite des ressources importantes.

Pour l’appareil employé par Air-Glaciers et son équipement, on a dû débourser près de 50 000 francs. Sans compter la formation. «Cela ne s’improvise pas, il a fallu spécialiser et perfectionner certains membres de nos équipes. Les drones profitant pour le moment d’un certain vide juridique, les applications que nous pouvons tester sont larges. Cela en vaut donc la peine», lance Patrick Fauchère.

Plus qu’un coût, c’est aussi un pari car les techniques évoluent très rapidement. «Il faut être ouvert à cet apport extérieur. Mais ce qui est certain, c’est que cela ne remplacera jamais un hélicoptère et un équipage de professionnels», rappelle Pascal Gaspoz. Ce n’est pas Gerold Biner, dont la compagnie vient d’acquérir un hélicoptère dernier cri, qui dira le contraire. «On est encore très loin de voir des drones capables de réaliser un sauvetage en montagne en totale autonomie. Et même si c’était le cas, une telle technologie serait encore bien trop chère», souligne-t-il.

Première en Australie

Reste que le potentiel est bien réel. Dans un tout autre registre, un drone a pu sauver deux nageurs de la noyade en Australie le premier jour de son déploiement, en janvier dernier. En à peine plus d’une minute, il a pu décoller et larguer un flotteur à deux adolescents en difficulté. Dans la foulée de cette première mondiale, des ingénieurs de l’Université de Sydney misent sur de l’intelligence artificielle pour que les engins puissent identifier et prévenir les nageurs et surfeurs de la présence de requins à proximité. (24 heures)

Créé: 25.05.2018, 06h55

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