Les écoliers suisses cartonnent en maths

Enquête PISA 2015Les résultats sont réjouissants en maths et en sciences. Mais la nouvelle méthodologie soulève beaucoup de questions

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Les élèves suisses sont les meilleurs d’Europe en mathématiques, selon l’étude PISA 2015, présentée hier à Berne. En sciences également, ils obtiennent des résultats comparables à ceux de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne ou des Pays-Bas, et donc supérieurs à la moyenne des pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Pour la lecture en revanche, le niveau atteint par les 6600 écoliers de 15 ans évalués en2015 se situe dans la moyenne des 72 pays participants.

Malgré ces bonnes notes, l’ambiance n’était pas à la fête hier parmi les milieux concernés en Suisse. «Une grande retenue dans l’interprétation des résultats est de rigueur en raison des nombreuses modifications qui sont intervenues par rapport à 2012», a souligné Christoph Eymann, conseiller d’Etat à Bâle-Ville et président de la Conférence des directeurs de l’Instruction publique.

Sur ordinateur

Changements les plus visibles: les élèves ont rempli pour la première fois le questionnaire PISA sur ordinateur; et le groupe a été réduit de 20 000 à 6600 élèves car les analyses par régions linguistiques et par cantons ont été abandonnées. «Nous ne parvenons pas à faire le lien entre les modifications de la méthode et certains résultats», indique Stefan Woltert, directeur du Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation (CSRE). Exemple extrême, la Corée du Sud perd 30 points en mathématiques par rapport à 2012. «Un tel recul équivaut à trois années scolaires. C’est inexplicable», souligne Stefan Woltert. De telles anomalies se retrouvent dans les résultats de nombreux pays.

De manière générale, les spécialistes suisses estiment que l’ordinateur a péjoré les résultats. Notamment parce que le système de saisie ne permettait pas à l’élève de revenir en arrière si une réponse lui venait à l’esprit après coup. «La majorité des pays ont obtenu de moins bons résultats qu’en 2012. Quelques-uns ont fait mieux. Le classement est faussé», juge le directeur du CSRE.

Autre exemple, le nombre d’élèves allogènes a fortement augmenté dans l’échantillon suisse, sans que cela corresponde à la statistique de la population. Ce phénomène a eu une influence négative sur les résultats en lecture. Selon Stefan Woltert, il ne fait pas de doute que la Suisse aurait progressé – au lieu de perdre quelques points – si la méthode de 2012 avait été appliquée.

Pour Christoph Eymann, l’OCDE n’a pas tenu ses engagements en matière de comparabilité, bien que la Suisse et d’autres pays aient soulevé cette question. Pour autant, pas question de se retirer de PISA, qui est le seul programme d’évaluation de l’éducation auquel la Suisse participe. De son côté, le Syndicat romand des enseignants juge l’exercice PISA 2015 «peu professionnel». Si l’OCDE ne corrige pas le tir, l’argent investi – 3,3 millions pour la Confédération – pourrait être mieux utilisé, juge-t-il.

Créé: 06.12.2016, 18h06

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