Les enfants veulent être écoutés par les politiques

ONULa Convention relative aux droits de l'enfant a 30 ans cette année. À cette occasion, des jeunes se sont rassemblés vendredi à Berne pour s'adresser aux politiciens.

Interview avec l'ancien président du Comité des droits de l'enfant à l'ONU Jean Zermatten.
Vidéo: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des enfants venus de toute la Suisse se sont réunis à Berne vendredi à l'occasion du 30e anniversaire de la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant. Ils ont demandé à être pris au sérieux par les responsables politiques.

«Quand on constate qu'un droit n'est pas respecté, pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de sanction, mais seulement un gros rapport?», s'est inquiété un membre de la délégation d'enfants invitée à Berne par la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS). «Comment vous pouvez savoir si tous les droits sont respectés en Suisse?», a demandé un enfant de Martigny (VS), cité dans le communiqué de la CDAS.

Ces futurs citoyens sont inquiets sur le respect effectif de leurs droits. «Les adultes devraient se rappeler qu'eux aussi ont été des enfants, nous prendre au sérieux et tenir compte de nos avis», tel est l'un des messages que les enfants adressent aux responsables politiques.

Parler davantage avec les enfants

Ceux-ci se sont prêtés au jeu. Des membres d'exécutifs cantonaux ont mené un «bref dialogue» avec la délégation d'enfants, précise le communiqué. Ils appellent notamment à mieux associer les enfants à la planification de l'espace public et à renforcer la protection de l'enfance.

La Confédération et les cantons doivent travailler ensemble pour améliorer les droits des enfants, a estimé Alain Berset. L'objectif doit être «d'aider les enfants à devenir des adultes conscients de leurs responsabilités envers eux-mêmes et envers la société, et de promouvoir leur intégration sociale, culturelle et politique», ont estimé les membres des exécutifs présents.

«Pour atteindre cet objectif, nous devons moins parler des enfants et davantage parler avec eux», a conclu le conseiller fédéral.

«L'enfant a quelque chose à nous dire»

Trente ans après la signature de la Convention de l'ONU, la reconnaissance de l'enfant comme sujet de droit a peu avancé, précise à Keystone-ATS Jean Zermatten, fondateur de l'Institut international des droits de l'enfant (IDE) à Bramois (VS) et ancien président du comité de l'ONU sur les droits de l'enfant.

Ce serait la révolution: reconnaître que l'enfant a quelque chose à nous dire, qu'il faut l'entendre systématiquement lorsque des décisions doivent être prises à son égard et que son intérêt supérieur soit pris en compte, souligne-t-il.

Le Valaisan salue toutefois les avancées réalisées en 30 ans dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels, notamment au niveau de l'éducation et de la santé. La protection des enfants a aussi évolué. Mais des poches de résistance subsistent en matière d'abus, de maltraitance et de violences, regrette M. Zermatten.

La Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant a été adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée générale des Nations unies. La Suisse l'a ratifiée en 1997. (ats/nxp)

Créé: 15.11.2019, 17h08

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.