Pour Noël, les Alémaniques s’offrent liftings et liposuccions

Chirurgie esthétiqueOutre-Sarine, les interventions de chirurgie plastique triplent pendant les Fêtes. Les Romands sont plus frileux.

La vogue des opérations esthétiques pendant les Fêtes est moins marquée en Suisse romande, malgré le succès des interventions «moins traumatisantes», comme les injections de Botox.

La vogue des opérations esthétiques pendant les Fêtes est moins marquée en Suisse romande, malgré le succès des interventions «moins traumatisantes», comme les injections de Botox. Image: Corbis

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Un bonnet D ou un nez refait sous le sapin? En Suisse alémanique, l’idée ne semble plus si insolite que ça, selon l’étude annuelle du groupe suisse de centres spécialisés dans la chirurgie en Suisse et en Allemagne ACREDIS. Les statistiques établies par le groupe montrent une véritable explosion des opérations de chirurgie esthétique pendant la période des Fêtes: les chirurgiens plastiques manient trois fois plus le bistouri entre décembre et février que le reste de l’année.

Outre l’aspect saisonnier – les interventions se font toujours davantage en hiver pour des questions de guérison et de cicatrisation –, Noël se distinguerait comme une période particulièrement prise d’assaut. «Désormais, la chirurgie plastique concurrence le sac Gucci ou les chaussures Manolo sous le sapin, commente Vanessa Gennaro, porte-parole d’ACREDIS. Avec Noël vient le temps de l’introspection, des nouveaux départs, du changement. C’est donc le moment pour se récompenser d’une année stressante.» De plus, une apparence pimpante représente un capital – autant pour la vie professionnelle que privée – dans lequel on investit toujours davantage.

Le succès du Botox
Les redressements de poitrine, les abdominoplasties, les liftings et les liposuccions sont ainsi particulièrement prisés en cette période. «Cette année, nous avons constaté un nombre impressionnant de mères de famille d’une quarantaine d’années qui, après deux grossesses, souhaitaient retrouver leur «ancienne» apparence», ajoute Vanessa Gennaro.

Sur l’arc lémanique, la densité de chirurgiens spécialisés figure parmi les plus élevées du monde. Pourtant, l’ambiance y est différente. La clinique Adonis, à Genève, semble étonnée par nos questions. «Non, nos chiffres n’augmentent pas spécialement. On n’offre certainement pas des chirurgies intrusives en cadeau. En plus, ce serait bien trop cher!» Par contre, les interventions «moins traumatisantes», comme des injections de Botox ou des épilations définitives remportent effectivement un franc succès en cette période de fin d’année.

30-50% d'opérations en plus en fin d'année
Même son de cloche du côté du Dr Marie-Christine Gailloud-Matthieu, qui possède son propre cabinet à Lausanne. La chirurgienne rappelle qu’il faut bien trois semaines de récupération. «Si le but est d’être belle pendant les Fêtes, cela n’a pas de sens d’être opérée en décembre!» Marie-Christine Gailloud-Matthieu constate toutefois une augmentation de 30% à 50% des interventions de médecine douce en fin d’année, des injections de comblement avec de l’acide hyaluronique et de toxine botulique principalement. Cadeaux de Noël? «Certainement pas. Les conjoints ne sont souvent pas au courant, parfois opposés.»

Le groupe Matignon, propriétaire de six cliniques suisses, dont cinq romandes, offre une vision plus nuancée. «Chez nous, le mois de décembre est surbooké, aussi pour des interventions chirurgicales. Par contre, c’est surtout parce qu’aujourd’hui de nombreuses personnes ne passent plus Noël en famille et profitent des vacances pour s’isoler», explique sa directrice marketing, Romina Ferilli.

(24 heures)

Créé: 22.12.2013, 11h59

Toujours plus de demandes d’ados

La chirurgie présente un attrait de plus en plus fort auprès des jeunes filles. Les requêtes des mineures représentent ainsi un dixième des demandes déposées chez ACREDIS.
Ce taux passe à 1 sur 6 chez les moins de 30 ans. Les chirurgiens discutent ainsi régulièrement au téléphone non seulement avec des adolescents ou de jeunes adultes, mais aussi avec des parents, qui, poussés par la pression exercée par leurs enfants, sont à la recherche de solutions.
«Du point de vue de la psychologie sociale, cela peut s’expliquer par la tendance toujours plus marquée des jeunes à diviser le monde en deux classes, celles de la beauté et de la laideur, analyse Stephan Hägeli, chef du groupe ACREDIS. Ils voient leur corps comme un outil qui leur permet de se positionner et de s’imposer avec succès dans la société. Il y a d’ailleurs une dichotomie dans la relation que les jeunes entretiennent avec la chirurgie. D’une part, ils veulent se démarquer – je façonne mon propre corps – et, de l’autre, leur but est d’atteindre les canons de beauté dictés par la société.»
Pas question cependant pour Stephan Hägeli de céder aux moindres désirs des ados. Les patients de moins de 18 ans restent des cas exceptionnels. «La vision que les adolescents ont d’eux-mêmes diffère souvent considérablement de la réalité, ajoute le chirurgien. Raison pour laquelle nous insistons pour qu’un parent ou un tuteur soit présent lors de la consultation.»

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