Swisscom reste le numéro un en Suisse

TélécomsPour renforcer sa position, l'opérateur accélère ses investissements technologiques et se diversifie de plus en plus.

Swisscom a survécu à l'ouverture du marché en 1998.

Swisscom a survécu à l'ouverture du marché en 1998. Image: Keystone

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Il y a 20 ans, l'opérateur Swisscom succédait à Telecom PTT. Malgré l'ouverture à la concurrence, le géant bleu est depuis parvenu à préserver sa position de leader du marché suisse des télécommunications, grâce notamment à sa diversification.

La révolution numérique, qui a débuté dans les années 1980 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, a donné naissance à de nouveaux réseaux de communication électronique au niveau mondial. Cette tendance de fond a entraîné libéralisation, ouverture des marchés et abolition progressive des monopoles.

En Suisse, les PTT ont engagé le processus de réformes en 1990. En 1992, la nouvelle loi fédérale sur les télécommunications ouvrait le marché à la concurrence. En 1995, le Conseil fédéral décidait de libéraliser totalement le marché des télécommunications et de créer deux entreprises indépendantes, La Poste et Telecom SA.

Vaste transformation

Cette dernière est officiellement devenue Swisscom le 1er octobre 1997. Cette mue a impliqué à l'époque de repeindre 12'500 cabines téléphoniques, transformer 7000 véhicules, changer les inscriptions sur 300 bâtiments et 100 magasins.

Sous la houlette du directeur Felix Rosenberg, qui démissionnera un an plus tard, le futur groupe Swisscom se dote dès avril 1997 d'une nouvelle organisation.

Parallèlement, l'accent est mis sur la téléphonie, la transmission des données, le multimédia, la communication mobile, les services de transport, ou encore les investissements internationaux en matière de télécommunication.

L'ouverture des marchés et l'abandon du monopole de Swisscom tombent peu après, le 1er janvier 1998, comme dans les autres pays européens. Pour autant, la privatisation de l'opérateur n'est que partielle.

Entrée en Bourse

En vertu de la loi sur l'organisation de l'entreprise fédérale de télécommunications, Swisscom devient en effet une société anonyme dont la Confédération détient la majorité des actions, 65,5% initialement. A l'heure actuelle, la part de l'Etat a diminué à 50,95%.

Swisscom entre à la Bourse suisse le 5 octobre 1998, dans ce qui est alors la plus importante opération du genre jamais réalisée en Suisse. La Confédération vend 35% de ses parts et les «actions bleues» suscitent l'enthousiasme de quelque 70'000 particuliers.

Liée à l'ouverture du marché, la guerre des prix touche rapidement la téléphonie fixe, mais aussi la téléphonie mobile où Swisscom n'est bientôt plus seul. Les concurrents Diax (qui fusionnera en 2001 avec Sunrise) et Orange démarrent leurs activités sur le marché helvétique, respectivement le 24 décembre 1998 et à fin juin 1999.

Suppression de postes

Pour les employés de Swisscom, ces bouleversements ne sont pas sans conséquences. Plusieurs métiers disparaissent dans la foulée de la révolution technologique et l'opérateur doit procéder à la reconversion d'une partie de son personnel.

Moins douloureuse qu'ailleurs en Europe, la restructuration implique tout de même la suppression de 6000 emplois sur les presque 22'000 que comptait l'opérateur à fin 1998. Une mesure partiellement compensée par la création de 2000 nouveaux postes dans de nouveaux métiers.

La rationalisation des effectifs se poursuivra au cours de la décennie suivante, mais le nombre total d'employés va progressivement réaugmenter, en raison notamment d'acquisitions et de la création de nouveaux secteurs d'activité. A fin 2016, Swisscom employait 21'127 personnes.

Toujours leader

Malgré la concurrence nouvelle sur le marché, Swisscom parvient à maintenir sa place de leader sur le marché suisse. Pour renforcer sa position, l'opérateur accélère ses investissements technologiques et se diversifie de plus en plus.

Au-delà de son coeur de métier traditionnel, Swisscom se tourne dans un premier temps vers la télévision, puis s'oriente vers la gestion de données, le cloud computing (informatique en nuage), ou même les secteurs de la santé et de l'énergie. Récemment, la société s'est établie sur le marché publicitaire en lançant la coentreprise Admeira avec Ringier et la SSR.

Entravé par un potentiel limité en Suisse, Swisscom a également misé dans son histoire sur des acquisitions, non sans déboires. Acquis en 1999 pour 4,3 milliards de francs, un prix jugé ensuite exorbitant, l'opérateur mobile allemand Debitel est resté dans le giron du géant bleu jusqu'en 2004, avant d'être revendu au gestionnaire de fonds Permira, entraînant une perte de 3,3 milliards.

En 2007, Swisscom reprend l'italien Fastweb, pour environ 6 milliards de francs. Il s'agissait là de sa première opération majeure hors des frontières helvétiques depuis les limitations imposées par le Conseil fédéral fin 2005.

Débat sur la privatisation

Ce dernier avait alors empêché le rachat de l'irlandais Eircom, jugeant son prix trop élevé et les risques trop grands pour la Confédération. Un vaste débat sur la privatisation totale de l'opérateur avait ainsi été déclenché.

Véritable serpent de mer, cette question revient régulièrement sur le devant de la scène politique, sans jamais être tranchée. Dans un rapport publié fin 2015, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) relançait le débat en proposant à son tour d'abolir la participation de la Confédération. (ats/nxp)

Créé: 29.09.2017, 10h11

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