Tiques, frelons et peste du lièvre sèment la panique

PréventionDes appels à la prudence sont lancés pour faire face à l’arrivée du frelon asiatique et à l’augmentation des morsures de tiques.

Menaçants pour des espèces indigènes ou alors vecteurs de maladies infectieuses pour l’homme, les frelons asiatiques, les tiques et autres débarquent en force.

Menaçants pour des espèces indigènes ou alors vecteurs de maladies infectieuses pour l’homme, les frelons asiatiques, les tiques et autres débarquent en force.

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L’hiver a été rude, le printemps abrupt. Et si les fortes chaleurs de ces derniers jours coïncident avec le retour des shorts et des jupes, elles font aussi le bonheur de petites bêtes dont on se passerait bien. Menaçants pour des espèces indigènes ou alors vecteurs de maladies infectieuses pour l’homme, les frelons asiatiques, les tiques et autres débarquent en force. Au point que, dans certains cas, les appels à la prévention se multiplient face à des situations qui peinent à être enrayées.

Le frelon asiatique est aux portes du Jura

Les autorités jurassiennes sont sur le pied de guerre. De l’autre côté de la frontière, un ennemi se fait de plus en plus pressant: le frelon asiatique. En principe pas agressif envers les humains, c’est en revanche un véritable fléau pour les abeilles domestiques, bien plus que son cousin européen. En France, où il a proliféré depuis sa découverte en 2004, il occasionne des ravages dans les ruches et a anéanti entièrement plusieurs colonies. Dans une notice publiée il y a quelques jours, le Canton du Jura appelle donc les observateurs à la plus grande vigilance et à signaler immédiatement les nids auprès de l’Office de l’environnement.

Les apiculteurs sont en première ligne. «Une reine avait été découverte l’automne passé en Ajoie, nous savons donc que l’arrivée de l’espèce est imminente», regrette Isabelle Chappatte, présidente de la Fédération d’apiculture du canton du Jura. À ce jour, aucun cas n’a encore été signalé. «C’est au printemps que les colonies se reforment, il faudra donc être prudent ces prochains jours», poursuit la spécialiste. Son conseil: faire preuve de retenue en présence d’un nid et recourir à un spécialiste. «Ils sont plus gros que les nids de frelons indigènes et sont surtout beaucoup plus habités (Ndlr: jusqu’à 2000 ouvrières). Si vous en touchez un en taillant votre haie par exemple, ils attaquent en nombre. Mieux vaut donc rester à une distance de 4 à 5 mètres.» En France, depuis 2009, quatre personnes avec des antécédents cardiaques ou allergiques sont mortes des suites de multiples piqûres.

Les tiques sont de retour

Avec 273 cas recensés par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) l’an dernier, le nombre d’encéphalites à tiques a atteint un niveau record depuis que la maladie est soumise à déclaration obligatoire en 1988. Une statistique qui alerte les spécialistes puisque ce virus transmis par la morsure d’une tique peut entraîner, dans une minorité de cas, des invalidités durables, voire la mort. Seuls les symptômes peuvent être traités, mais un vaccin permet en revanche de se protéger efficacement contre cette maladie. Il est fortement recommandé d’y recourir dans les zones où des foyers infectieux ont été repérés. L’OFSP tient à jour une carte de la propagation du virus.

Autre maladie transmise par les tiques, la borréliose a engendré 9000 consultations médicales l’été passé. Cette dernière se soigne le plus souvent avec des antibiotiques. Au total, ce sont pas moins de 24 000 visites chez les médecins par an qui sont imputables aux tiques. Chercheur à l’Institut pour l’environnement et les ressources naturelles de la Haute École de sciences appliquées de Zurich (ZHAW), Werner Tischhauser a mis au point une application mobile «Tique» qui recense et localise les morsures. Pour lui, l’augmentation des cas est davantage «liée aux comportements humains qu’à une augmentation du nombre de ces acariens». La meilleure mesure de protection reste en effet de porter des habits couvrants et de s’inspecter rigoureusement une fois la balade terminée, rappelle également la Suva dans une campagne de prévention. De son côté, l’OFSP publiera la semaine prochaine les premières statistiques de morsures et d’infections du mois d’avril.

Très rare, la peste du lièvre est en augmentation

Début avril, plusieurs lapins sauvages ont été retrouvés morts sur la rive allemande du lac de Constance. En cause? La tularémie, ou peste du lièvre, qui est contagieuse pour l’homme. Une maladie jugée encore à peine émergente en Suisse en 2013 et qui a engendré 170 infections en 2017, selon l’OFSP, soit plus du double de 2016. Médecin du travail auprès de la Suva, Felix Ineichen appelle à la prudence. «L’agent pathogène peut aussi pénétrer dans le corps par voie buccale ou nasale. Les chasseurs et les gardes-faune en contact direct avec des animaux sauvages sont particulièrement exposés. Mais les ouvriers forestiers sont également sujets à contamination en cas d’inhalation de poussières d’excréments ou de cadavres d’animaux malades. Le risque de contamination est particulièrement élevé en cas d’utilisation de souffleuses ou de débroussailleuses.» Les propriétaires de chiens doivent, eux aussi, être prudents car, si un animal touche une autre bête infectée, il risque de transmettre la maladie à l’homme. Les tiques peuvent également servir de vecteurs.

Très difficile à détecter, la peste du lièvre est traitée avec des antibiotiques. Une joggeuse argovienne en a fait l’amère expérience, rapportait la semaine dernière l’«Aargauer Zeitung». Attaquée par une buse en mars 2017, elle souffre d’une forte fièvre puis d’un gonflement des ganglions. Songeant d’abord à une méningite, les médecins mettront plus d’un mois à déceler l’infection. À la suite du traitement, une tumeur purulente s’est formée derrière son oreille. Une intervention chirurgicale s’est révélée nécessaire et la joggeuse se remet doucement de son aventure. (24 heures)

Créé: 26.04.2018, 19h07

Le lièvre

Celui-là, il est bien de chez nous. Il fait partie de la petite faune sédentaire de plaine typique de notre continent. Ce qui est moins courant, c’est la maladie dont il peut être porteur. La tularémie, qui touche aussi les rongeurs, concerne surtout les lièvres. Considérée jusqu’ici comme rare dans nos contrées, elle connaît désormais une incidence nettement à la hausse.

Le frelon asiatique

«Vespa velutina» de son petit nom. Cela fait plusieurs années que l’espèce s’est éloignée de son Asie natale. Arrivé dans le sud-ouest de la France en 2004, le frelon asiatique s’est bien acclimaté et a poursuivi son expansion. Mais l’insecte, reconnaissable à ses pattes jaunes, est considéré comme un nuisible hors de son milieu d’origine.

La tique

Les tiques sont répandues dans toute la Suisse jusqu’à environ 1500 m d’altitude. Ces acariens préfèrent les milieux forestiers et les lisières, mais on en trouve aussi dans les haies, les fourrés et les prairies. Pour s’accrocher à leurs proies, elles se postent sur la végétation basse (à 1,5 m du sol max.). Les tiques sont surtout actives de mars à novembre.

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