Un chef de clinique des HUG condamné pour viol

JusticeLe médecin a écopé en janvier, à Lyon, de quatre ans de prison ferme, pour des faits remontant à 2010. L’hôpital l’a licencié avec effet immédiat.

Image: Laurent Guiraud

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Il était médecin aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) depuis 2015. En janvier, ce chef de clinique s’est rendu à Lyon pour son procès et n’est jamais revenu: condamné pour viol par soumission chimique, le docteur a écopé il y a un mois de cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, par la Cour d’assises du Rhône à Lyon, a révélé 20 minutes. Le cadre de l’hôpital a été écroué à l’issue de son procès, qui s’est tenu à huis clos. Les HUG l’ont licencié avec effet immédiat dès qu’ils ont eu connaissance de la condamnation, selon le porte-parole de l’institution Nicolas de Saussure.

«Un médecin loyal»
Le praticien a été reconnu coupable d’avoir versé du Rivotril, un médicament délivré sur ordonnance aux effets potentiellement désinhibiteurs et sédatifs, dans la bouteille de liqueur de violette d’une étudiante, avec qui il a eu des relations sexuelles. L’affaire remonte à 2010, lorsque le docteur, alors âgé de 28 ans, était étudiant en médecine. La presse française s’était fait l’écho de l’affaire en 2011 lors de la mise en examen du jeune homme, en révélant son nom.

Alors qu’une simple recherche sur Google permet de retrouver les articles le concernant, les HUG assurent n’avoir rien su lors de son engagement. «Nous n’étions au courant d’aucune procédure à son encontre. Ce que l’on demande aux futurs employés, c’est un extrait du casier judiciaire. S’il est vierge, comme c’était le cas pour la personne en question, nous ne demandons pas davantage d’éléments a priori.»

Le responsable de la communication précise néanmoins que les HUG devront discuter «d’éventuels enseignements à tirer au niveau des ressources humaines, pour voir s’il faut approfondir les recherches lors de recrutements». Des investigations seront-elles menées visant à vérifier qu’aucun agissement du type n’a eu lieu durant la période où il était employé? «Je ne peux pas l’indiquer à ce stade. Mais son chef de service a précisé qu’il n’y avait eu aucun commentaire négatif à son encontre durant son parcours aux HUG. Il s’agissait selon lui d’un médecin loyal et engagé.»

Le père impliqué
Dans un article du 28 janvier, Le Progrès, qui ne précise pas l’activité du cadre à Genève, a indiqué qu’une autre étudiante l’avait accusé de faits semblables. Soupçonnant avoir été droguée au Rivotril, ce que l’enquête n’a pas prouvé, elle avait porté plainte en février 2011. Le quotidien relève par ailleurs l’implication dans ce dossier du père du détenu, lui aussi médecin de profession selon un article paru à l’époque. Alors que son fils était incarcéré après sa mise en examen, il avait fait pression sur la jeune femme. Accusé de subornation de témoin, il a écopé de six mois de prison avec sursis et 10'000 euros d’amende. Le ministère public avait requis 8 à 10 ans de réclusion pour le médecin et deux ans de prison avec sursis pour son père.

Créé: 26.02.2018, 22h32

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