Un élu s’insurge contre le port du hidjab aux CFF et à la Poste

Voile islamiqueJean-Luc Addor (UDC) a écrit à la patronne des CFF, Monika Ribar. Elle cautionne le voile mais énumère les conditions à respecter.

Image: Keystone

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Le sang du conseiller national valaisan Jean-Luc Addor n’a fait qu’un tour quand il a appris, fin 2019, que les CFF et La Poste autorisaient le port du hidjab à leurs employés. Le hidjab, c’est le voile islamique qui cache les cheveux, les oreilles et le cou d’une femme mais qui laisse apparaître son visage contrairement à la burqa. «Un premier pas vers le communautarisme», selon Jean-Luc Addor, pour qui ce vêtement n’a rien à faire dans des entreprises de service public.

«Symbole d’inégalité et d’oppression»

Du coup, il a envoyé une lettre aux deux patrons des CFF et de La Poste pour leur demander des explications. Il interpelle ainsi Monika Ribar, présidente du conseil d’administration des Chemins de fer fédéraux: «Vous qui êtes une femme, approuvez-vous, de la part du personnel féminin de l’entreprise que vous présidez, le port de ce qui, à l’évidence, ne constitue pas un simple effet vestimentaire ni même un symbole seulement religieux, mais aussi et peut-être surtout un signe politique, symbole d’inégalité et d’oppression de la femme autant que marque ostentatoire de communautarisme?»

L’élu valaisan, connu pour ses positions radicales sur l’islam, s’insurge contre cette «tolérance» alors que les CFF sont une société de droit public «quasi monopolistique». Les voyageurs sont «captifs» et ne peuvent donc éviter des employées voilées.

«Des clients n’acceptent pas qu’une entreprise publique prête ainsi la main à la progression de l’islam militant»

Il exhorte la cheffe des CFF à interdire le port du hidjab, «ne serait-ce que pour éviter de heurter les clients qui ne sont pas disposés à accepter qu’une entreprise publique prête ainsi la main à la progression de l’islam militant».

Sachant que Coop, par exemple, proscrit le voile à tout son personnel en contact avec la clientèle, les CFF et La Poste vont-ils faire de même? Les CFF, en tout cas pas. Monika Ribar vient de répondre par écrit de façon circonstanciée à Jean-Luc Addor. Elle n’entend prononcer aucune interdiction générale.

Au contraire. S’appuyant sur un avis de droit, sur la Constitution suisse et sur la Convention européenne des droits de l’homme, elle relève que la protection de la liberté religieuse d’une personne ne s’applique pas seulement «aux pratiques cultuelles dans le sens étroit, comme la prière ou l’office religieux, mais aussi au port de vêtements et de coiffe motivés par la religion». La patronne des CFF entend donc respecter le principe général de la liberté religieuse. Elle admet cependant quelques restrictions si l’ordre public, la bonne marche de l’entreprise, le principe de neutralité religieuse de l’État ou le droit d’autrui sont touchés. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie? Monika Ribar cite la police des transports des CFF. Là, toutes les personnes doivent se conformer à un uniforme précis qui va de pair avec la fonction.

Examen individuel

Qu’en est-il pour une femme au guichet des CFF ou qui contrôle les billets? Monika Ribar, dans sa lettre, se dit consciente que cela peut susciter des «réactions controversées» dans le public. Alors son entreprise procède comme suit. Si une femme veut porter un voile, «on examine la situation individuellement pour voir si une interdiction respecterait la proportionnalité et l’on recherche une solution viable pour les deux parties». Et d’ajouter: «Les CFF examinent aussi comment l’employée peut être protégée des éventuelles réactions négatives des clients».

Cette dernière phrase fait bondir Jean-Luc Addor. «Je trouve cela hallucinant. Les CFF inversent les priorités. Ils sont plus concernés par le bien-être d’une petite minorité agissante de leurs employés que par des clients choqués par cette manifestation ostentatoire d’un symbole religieux et politique.» Le conseiller national UDC n’entend pas en rester là. Il attend encore la réponse de La Poste. Mais il se dit déjà prêt à interpeller le Conseil fédéral lors de la prochaine session parlementaire.

Créé: 24.01.2020, 21h01

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