Une initiative pour faciliter le don d'organes

SuisseLe texte, qui propose de prendre comme principe le consentement présumé, va être lancée mi-octobre.

Le nombre de donneurs a baissé ces dernières années en Suisse.

Le nombre de donneurs a baissé ces dernières années en Suisse. Image: Keystone

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Portée par la jeune Chambre économique suisse, l'initiative bénéficie du soutien de Swisstransplant, a appris samedi l'ats. «Le Conseil de fondation de Swisstransplant a décidé jeudi soir à l'unanimité de soutenir l'initiative», a expliqué samedi à l'ats à Genève son vice-président Philippe Morel, à l'occasion de la Journée mondiale du don d'organes. Un vote sans contestation qui n'aurait pas été possible il y a encore trois ans, selon le directeur Franz Immer.

Actuellement, la loi suisse prévoit un consentement informé qui oblige chaque donneur à pro-activement manifester avec une carte sa volonté de céder ses organes. Le Parlement avait refusé pour la dernière fois en 2015 le principe du consentement présumé. Sans attendre de savoir si l'initiative aboutit, Swisstransplant veut établir d'ici un an un registre national de donneurs d'organes, comme l'a révélé jeudi M. Immer à la télévision alémanique SRF. La Suisse ne se trouve que dans le dernier tiers des pays européens pour le don d'organes.

Suisse parmi le dernier tiers

En deux ans, le taux est même passé de 17 donneurs pour un million d'habitants à 13,3. «Une fluctuation qui est difficile à expliquer», souligne toutefois M. Morel, professeur aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG). Chaque année, jusqu'à une centaine de patients décèdent parce qu'ils n'ont pu recevoir une greffe à temps, estime M. Morel. Ils étaient 74 en 2016 sur la liste des 1500 patients en attente. Les personnes qui figurent sur cette liste sont trois fois plus nombreux que les donneurs pour plusieurs types d'organes. En Europe, l'Espagne arrive en tête avec 35 à 40 donneurs par million d'habitants. L'Allemagne n'atteint elle qu'environ 8 par million.

Autre difficulté, le consentement présumé ne suffit pas à améliorer la situation, dit M. Morel. Comme en Espagne, il souhaite que deux équipes médicales distinctes constatent le décès du donneur et s'occupent du prélèvement des organes. Un dispositif qui demanderait des ressources supplémentaires. Mais celles-ci seraient largement compensées par l'augmentation des transplantations qui permettraient «des économies massives de la santé», ajoute le chirurgien. Une greffe coûte 50'000 francs alors que les soins pour une insuffisance rénale reviennent à 60'000 francs par an, explique-t-il.

Berne à Genève à vélo

Samedi, une cérémonie était organisée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève. Avant d'y participer, le sportif Stéphane Etienne a avalé à vélo la distance entre Berne et Genève pour sensibiliser à l'importance du don d'organes. Il s'est arrêté en chemin dans plusieurs centres de transplantation. Père d'un garçon atteint d'une insuffisance rénale, il a lancé en 2009 l'association WorldRiderZ pour faire mieux connaître, par des exploits sportifs, cette pathologie. Après la cérémonie à l'OMS, des dizaines de participants se sont retrouvés sur la Place des Nations.

Comme Dritta, transplantée du coeur à 5 ans et qui a désormais 22 ans. Elle estime qu'«on ne peut pas obliger les gens à donner» mais est consciente de l'importance de la sensibilisation à mener. Son père se souvient encore du moment où il a appris qu'un organe était prêt pour elle. «J'ai failli tomber», dit-il.

Mise en garde sur la Chine

Ce rassemblement a eu lieu alors que le Congrès annuel de la Société internationale pour le don et le prélèvement d'organes (ISODP) s'est terminé le même jour à Genève. Des ONG ont mis en garde contre la situation en Chine où des étrangers viennent se faire greffer des organes de prisonniers exécutés. Pékin a désormais interdit cette pratique, selon M. Morel.

Pour la première fois, la journée mondiale, européenne et nationale du don d'organes était prévue le même jour dans le même pays, en Suisse. Outre Genève, Swisstransplant a rassemblé professionnels, donneurs et receveurs sur la Place fédérale. Une campagne a aussi été lancée sur les réseaux sociaux. (ats/nxp)

Créé: 09.09.2017, 18h48

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