Une policière vaudoise grièvement blessée après une course-poursuite

Fait diversA la suite du vol d’une caravane, une gendarme vaudoise a été grièvement blessée dimanche à Thoiry (F) lors d’une course-poursuite.

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Une course-poursuite a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, démarrant sur le canton de Vaud, avant de transiter sur territoire genevois et de terminer sa folle échappée en France, à Thoiry. Une gendarme vaudoise de 26 ans a été sérieusement blessée à la tête et à plusieurs membres. La victime est soignée aux HUG.

À la base de cette étonnante course intervient le vol à Étagnières, autour de 4 h du matin, d’une caravane que les chauffards ont tirée derrière une Audi immatriculée dans la région lyonnaise. À la hauteur du restoroute de La Côte, les malfrats ont été repérés pour la première fois et la course-poursuite a démarré, selon le service de presse de la police vaudoise, avant de se terminer près du centre commercial de Val Thoiry. C’est là que les chauffards ont délibérément percuté une voiture de police et que la gendarme vaudoise a été grièvement blessée. Après le déclenchement de leurs airbags, deux suspects sont partis à pied. Ils ont été interpellés.

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«Dès que l’on a été mis au courant de l’accident, on a appelé le 144», explique Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police genevoise, relevant que «passablement de moyens ont été engagés» de leur côté. Selon nos renseignements, les secours français ont choisi d’intervenir sans l’aide de leurs homologues suisses. Il a fallu près de trente minutes pour que les premiers secours arrivent, puis un autre délai avant l’intervention du médecin. Les policiers sur place ont eu peur de voir leur collègue, alors dans un état critique, décéder.

Intervention tardive?

Du côté de la police genevoise, des voix s’étonnent du temps qu’il a fallu aux secours, puis au médecin, pour arriver sur place. Convaincues qu’une ambulance suisse aurait pu intervenir très rapidement, elles se demandent pourquoi aucune demande d’aide auprès des services sanitaires genevois n’a été actionnée.

Selon Nicolas de Saussure, porte-parole des HUG, rien ne permet d’affirmer que les services d’urgence suisses auraient été plus rapides. «Cela dépend notamment de l’endroit où ils se trouvent au moment de l’appel et de leur disponibilité.» La gendarme blessée a finalement été transférée aux HUG dans un état grave. Son pronostic vital n’est pas engagé.

Dimanche, le cabinet du préfet de l’Ain a donné des précisions chronologiques. Un véhicule de secours est arrivé sur les lieux de l’accident à 5 h 15, soit vingt-quatre minutes après l’appel du 144 au SAMU. Le communiqué explique que le véhicule a été ralenti par l’embouteillage généré par l’accident. Une équipe médicale est arrivée sur les lieux à 5 h 25. «Compte tenu des circonstances et notamment des difficultés à arriver sur le lieu de l’accident, en l’état, il n’apparaît pas que les délais d’intervention des secours aient été anormalement longs», selon la préfecture.

Avant l’accident, des patrouilles de gendarmerie ont tenté d’arrêter les suspects à la jonction de Coppet puis à la douane de Chavannes-de-Bogis, où le conducteur de l’Audi a violemment heurté un véhicule de police.

Les suspects sont deux Français, âgés de 31 ans, sans domicile connu. Ils sont en garde à vue auprès des autorités françaises et une information judiciaire pour tentative d’homicide est ouverte. Une collaboration est engagée entre Vaud et la France pour la suite de l’enquête.

Créé: 02.09.2018, 11h28

Des policiers toujours plus malmenés

«Nous sommes indignés de ce nouveau cas de violence à l’encontre d’un policier. Si aujourd’hui des malfrats sont prêts à tuer pour une caravane volée, que seront-ils prêts à faire demain?» Respectivement présidents de l’Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGV) et de l’Union du personnel du corps de police genevois (UPCP), Raphaël Métraux et Marc Baudat n’en reviennent pas de la détermination des voleurs. Les deux syndicats se sont fendus d’un communiqué pour dénoncer cette dérive toujours plus fréquemment observée.
«Ces faits surviennent quelques semaines après la violente agression d’un policier à Genève et représentent l’augmentation des violences à l’encontre des forces de police», communiquent les syndicats. En avril dernier, l’APGV s’était déjà inquiétée de cette tendance observée à l’échelon national dans les colonnes de «24 heures».
Selon les dernières statistiques fournies par la police cantonale vaudoise, la violence ou les menaces contre les fonctionnaires ont augmenté de 70% entre 2016 et 2017, passant de 166 infractions à 283. «On constate plus régulièrement des cas extrêmes, comme lorsqu’un conducteur tente d’écraser un agent en s’enfuyant», s’inquiétait alors Raphaël Métraux.

Il en va de même sur tout le territoire national, avec une poussée de l’ordre de 12%, selon les chiffres dévoilés le 26 mars par l’Office fédéral de la statistique.

La Fédération suisse des fonctionnaires de police a ainsi appelé à une hausse des peines, par le biais de son initiative «Stop à la violence contre les policiers». Trois jours de prison ferme au minimum sont requis contre
les auteurs de violences.

La Commission des affaires juridiques du Conseil national soutient déjà la démarche à l’étude aux Chambres fédérales. Sur le plan suisse, plus de 3000 plaintes ont été enregistrées dans le courant de 2017. Sébastien Galliker

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