Vaches à cornes: les sondages sont favorables

Votations fédéralesLes opposants rappellent que la votation porte sur un soutien financier et non sur l'écornage des bovins.

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Les éleveurs de vaches à cornes pourraient recevoir des subventions spécifiques. C'est du moins ce que souhaitent les auteurs de l'initiative soumise au peuple le 25 novembre. Le sujet, parfois jugé anecdotique, n'en soulève pas moins des passions.

Pour beaucoup d'opposants, la question ne devrait pas être réglée par une modification de la constitution. Les initiants se défendent: ils ont été obligés d'en passer par là car les autorités sont restées sourdes à leurs revendications jusqu'ici.

Ils espèrent bien réussir là où plusieurs initiatives paysannes ont récemment échoué. Les sondages sont plutôt favorables. La gauche les soutient. L'Union suisse des paysans a quant à elle laissé la liberté de vote.

Nouvelle subvention?

Les Suisses ne doivent pas se prononcer pour ou contre l'écornage. L'initiative populaire «pour la dignité des animaux de rente agricoles» veut donner un soutien financier aux détenteurs de vaches, de taureaux reproducteurs, de chèvres et de boucs reproducteurs portant des cornes.

Selon les initiants, il en coûterait 15 millions de francs par an (au moins 190 francs par vache et 38 francs par chèvre). Le Conseil fédéral estime quant à lui que la facture pourrait afficher de 10 à 30 millions.

Et il faudra couper dans d'autres subventions pour compenser. L'enregistrement des animaux à cornes entraînera en outre des charges non négligeables pour la Confédération et les cantons, prévient-il.

Dignité

Trois quarts des vaches et un tiers des chèvres sont dépourvues de cornes en Suisse. Si rien n'est fait, le phénomène va se généraliser, craignent les initiants, emmenés par le paysan Armin Capaul, un Grison établi dans le Jura bernois. Pour eux, il s'agit de promouvoir une détention respectueuse des animaux.

Il en va de la dignité de l'animal. Les vaches et les chèvres ont besoin de leurs cornes, qui leur permettent de communiquer, de se reconnaître, de réguler leur température et d'effectuer leurs soins corporels.

Dangereux

Le Conseil fédéral voit les choses différemment. Les animaux à cornes peuvent se blesser mutuellement et sont aussi plus dangereux pour les éleveurs. Au final, ce sont les agriculteurs qui doivent choisir quels animaux ils veulent élever. L'élevage des bêtes à cornes peut présenter un certain potentiel commercial.

Se tourner vers de tels animaux risque toutefois de conduire les éleveurs à attacher leur bétail pour réduire le nombre de blessures. Et cela irait alors à l'encontre des efforts faits en faveur de la stabulation libre et des sorties en plein air.

Le ministre de l'agriculture Johann Schneider-Ammann, qui affrontera sa dernière votation populaire avant son départ, se plaît d'ailleurs à rappeler que des subventions sont versées en ce sens pour encourager les formes d'élevage particulièrement respectueuses du bien-être de l'animal.

Émotions

Si la question à laquelle doivent répondre les Suisses ne porte au final que sur l'octroi d'une subvention spécifique, la campagne prend des accents plus émotionnels, notamment lorsqu'il s'agit d'évoquer l'écornage.

Si l'on peut obtenir des vaches sans corne par sélection des espèces, il faut souvent recourir à l'ablation d'un organe «vivant, fortement vascularisé et innervé», comme le soulignent les initiants. L'opération reste douloureuse, selon eux.

Les veaux et les cabris sont écornés durant leurs trois premières semaines de vie par cautérisation du bourgeon de corne avec un fer chauffé à 700 degrés. Un jour plus tard, les animaux souffriraient encore quand bien même ils ont été anesthésiés et ont reçu des antidouleurs. L'opération serait encore plus dangereuse pour les jeunes chèvres.

Les humains aussi

Selon une étude de l'Université de Berne, une partie des animaux ressentent encore des douleurs 60 jours après l'écornage. Le Conseil fédéral relativise. Dans la médecin humaine aussi, environ 30% des patients ayant subi des interventions avec des lésions tissulaires comparables souffrent de douleurs chroniques.

L'écornage ne peut être pratiqué que sous anesthésie et en principe par un vétérinaire. Un éleveur peut mener l'opération sur son propre cheptel, pour les animaux de trois semaines au plus, s'il a suivi une formation et conclu une convention avec le vétérinaire traitant. (ats/nxp)

Créé: 06.11.2018, 10h24

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