Vigilance accrue pour les grands événements de l’été

SuisseLa Confédération s’est immédiatement mise en état d’alerte. Les dispositifs de sécurité des manifestations sportives et culturelles à venir seront pensés en fonction du niveau de la menace terroriste.

A l'aéroport de Genève, le degré d'alerte était élevé vendredi.

A l'aéroport de Genève, le degré d'alerte était élevé vendredi. Image: KEYSTONE

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La consternation et la tristesse ont très vite traversé la frontière au lendemain de l’attentat de Nice. Le président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, a été le premier à réagir, faisant état de sa grande tristesse dans un message publié depuis Oulan-Bator, où il participe au dialogue Asie-Europe (ASEM). «C’est une pure catastrophe, c’est inacceptable, a-t-il déclaré devant les caméras de la RTS. Je présente toutes nos condoléances de la part du peuple, du parlement et du gouvernement suisses. Nous sommes avec vous.»

Didier Burkhalter l’a imité quelques heures plus tard. «Je ressens une grande tristesse, a déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il y a à nouveau beaucoup de victimes et de souffrance. Il faut tout faire pour réduire les risques d’une telle violence.» Au fil de la journée, classe politique et instances officielles helvétiques ont multiplié les messages de solidarité à l’intention de nos voisins, à l’instar des autorités genevoises, vaudoises ou du parlement fédéral.

La police fédérale a dépêché des agents sur place afin d’aider les autorités françaises à identifier d’éventuelles victimes suisses. Deux membres du Centre de gestion des crises du DFAE se sont également rendus à Nice et à Marseille. Le DFAE a rappelé l’existence d’une ligne d’appel d’urgence pour les personnes s’inquiétant pour des proches. L’émotion est montée d’un cran à l’annonce de la mort d’«au moins» deux victimes helvétiques, une Tessinoise de 54 ans et un enfant. «Il n’est pas exclu que d’autres ressortissants suisses aient été tués dans l’attentat», a précisé le Service de renseignement de la Confédération (SRC) dans un communiqué publié dans l’après-midi.

Task force déployée

Ces mauvaises nouvelles ont été communiquées à l’issue d’une réunion du Groupe sécurité de la Confédération, regroupant le SRC, le Ministère public de la Confédération, le DFAE, le Corps des gardes-frontière, l’Office fédéral des migrations ainsi que des représentants de la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse.

Cette task force, créée en 2014 pour lutter contre la menace terroriste en Suisse, a été déclenchée dès vendredi matin. «Le but est de déterminer s’il existe un lien entre l’attentat et la Suisse», explique le SRC. Si le niveau de menace terroriste reste élevé, aucun élément ne permet de craindre un attentat en Suisse aujourd’hui. «En ce qui concerne les événements importants qui ont lieu bientôt en Suisse, y compris le Tour de France, nous ne possédons actuellement aucune preuve d’une menace concrète.»

De lundi à mercredi, le Tour de France passera par la Suisse, de Berne au Valais. L’événement est pressenti comme l’un des plus importants de l’année. Un important dispositif de sécurité a été déployé, et ce bien avant les événements du 14 juillet. «C’est simple, les agents de la police cantonale ont reçu l’interdiction de prendre des vacances à ce moment-là, relate Emanuela Tonasso, de l’Office de communication du canton de Berne. Le dispositif est pensé et réadapté en permanence en fonction des événements et de l’évolution de la menace. Il l’a été après les attentats de Paris et de Bruxelles, et il le sera également en fonction de celui de Nice.» L’adaptation du système de sécurité, pour d’évidentes raisons d’efficience, n’est pas détaillée. On sait que la police cantonale, la protection civile, l’armée ainsi que 1100 bénévoles sont sur le pont pour assurer la sécurité.

«Prendre du recul»

L’ombre de l’attaque de Nice plane également sur un autre important événement sportif de l’année, la Fête fédérale de lutte suisse, qui aura lieu du 26 au 28 août à Estavayer et où plus de 250 000 visiteurs sont attendus. «Nous évaluons la situation avec attention et un peu de souci, explique le chef de la communication de l’événement, Martial Messeiller. Sans tomber dans la paranoïa, il s’agit d’une menace que nous gardons en tête.»

Autre grand événement à venir, le festival Paléo, qui ouvre ses portes mardi. «On est dans une analyse permanente du risque. La question aujourd’hui, c’est quelles mesures on active, quand et où on le fait. Ce qui est certain, c’est qu’elles seront proportionnées et avec un minimum d’impact sur le festivalier», explique son responsable de la sécurité, Pascal Viot. Quid de la fouille, vue par certains comme le bouclier absolu antirisque? Pascal Viot nuance. «Le périmètre du festival est plus étendu que le seul espace des concerts. Nous procéderons à des contrôles. C’est d’ailleurs le cas depuis plusieurs années et ce dans tout le périmètre du festival, pas uniquement aux points d’entrée.»

Pascal Viot insiste: «Il faut toujours aller voir au-delà de l’émotionnel. Sur Nice, nous n’avons encore aucun recul. Nous prendrons le temps d’analyser ces événements pour trouver, le cas échéant, les adaptations nécessaires.»

Le Canton de Genève a quant à lui renforcé la sécurité autour des représentations diplomatiques et consulaires françaises. «Après les attentats du 13 novembre, nous avons relevé le dispositif général de sécurité, toujours en vigueur huit mois après, explique Monica Bonfanti, commandante de la police genevoise. Lors des festivités du 1er Août et durant les Fêtes de Genève, la présence policière sera renforcée de manière visible dans le but, notamment, de réduire le temps d’intervention s’il y a un problème. Nous faisons appel à la vigilance des citoyens pour nous signaler toute situation particulière.» (24 heures)

Créé: 15.07.2016, 21h42

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