À l’épreuve du feu, deux papables PDC ont conforté leur avance

Course au Conseil fédéralTrois femmes et un homme briguent le fauteuil de Doris Leuthard. Ils étaient réunis pour la première fois afin d’être testés. Récit

Autour du modérateur Claude Longchamp, les favoris (à chaque bout) Viola Amherd (premier plan) et Peter Hegglin, 
ainsi que les deux outsiders, Elisabeth Schneider-Schneiter et Heidi Z’graggen (2e depuis la droite).

Autour du modérateur Claude Longchamp, les favoris (à chaque bout) Viola Amherd (premier plan) et Peter Hegglin, ainsi que les deux outsiders, Elisabeth Schneider-Schneiter et Heidi Z’graggen (2e depuis la droite). Image: PETER SCHNEIDER/Keystone

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Vous connaissez le marché-concours aux chevaux de Saignelégier? Eh bien à Berne, depuis le départ annoncé de Doris Leuthard et de Johann Schneider-Ammann, il y a le marché aux poulains pour la course au Conseil fédéral.

Mercredi soir, le PDC a réuni au Bellevue Palace de la capitale ses quatre bêtes politiques en lice: les deux favoris, la conseillère nationale Viola Amherd (VS) et le conseiller aux États Peter Hegglin (ZG), et les deux outsiders, la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter (BL) et la conseillère d’État Heidi Z’graggen (UR). Tout ce beau monde a pu faire un tour de piste devant les membres du parti et la presse où ils ont tenté de se montrer sous leur meilleur jour.

En maître de cérémonie, le président Gerhard Pfister a tout de suite donné le ton. «Vous avez tous les quatre la compétence de devenir conseiller fédéral. Je vous remercie d’avoir eu le courage de vous lancer car trois d’entre vous ne seront pas élus le 5 décembre.» Chaque candidat avait ensuite quatre minutes pour se présenter. Puis il devait répondre à des questions du politologue Claude Longchamp ou du public.

Forces et faiblesses

Qui a le mieux tiré son épingle du jeu? Disons d’abord qu’aucun des quatre candidats n'a dominé les autres de la tête et des épaules. Il n’en reste pas moins que les deux favoris, Amherd et Hegglin, ont tenu leur rang. Chez les outsiders, Heidi Z’graggen a marqué des points en se montrant souvent plus énergique et plus précise qu’Elisabeth Schneider-Schneiter. Cette dernière, souvent floue dans ses prises de position, n’arrêtait pas de répéter: «Il faut trouver des solutions.» Sans dire clairement ce qu’elle préconisait.

Peter Hegglin, le seul mâle du paddock, n’a pas eu peur de se mouiller. Il a dit qu’il voulait uniquement voter sur l’avion de combat sans le système de défense au sol, qu’il était favorable à la retraite des femmes à 65 ans et que les Cantons qui recevaient de l’argent des autres devaient le dépenser de manière efficiente. Très à l’aise sur les dossiers financiers, il s’est vautré sur les langues étrangères. Son français était plus mauvais que d'habitude et son anglais fantomatique.

Viola Amherd, très souriante mercredi après ses gros problèmes de calculs rénaux, a en revanche marqué des points grâce à ses connaissances linguistiques en français et en italien. Elle approuve la retraite des femmes à 65 ans, mais uniquement quand l’égalité salariale aura nettement progressé. Elle ne se joint pas à la vox populi qui critique les retards croissants des trains et estime que les CFF font plutôt bien leur boulot. Sa faiblesse? Un discours de présentation nombriliste centré sur la mobilité en Valais.

Heidi Z’graggen, qui a le handicap de ne pas siéger à Berne, s’en est bien tirée. Elle a une présence et transmet une force de conviction. Elle se débrouille bien en français mais pas en italien. Elle a enfoncé quelques portes ouvertes sur le fédéralisme et la démocratie directe. A-t-elle une chance de se retrouver sur le ticket? À voir. Le groupe parlementaire PDC, qui arrêtera son choix le 16 novembre, devrait la tester sur des dossiers fédéraux concrets pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

La déception, c’est bien sûr Elisabeth Schneider-Schneiter. Même dans son domaine de prédilection, la politique extérieure, elle peine à convaincre et aligne les constats passe-partout plutôt que de parler de ses propres convictions. Elle brille en revanche au niveau linguistique. C’est un plaisir de l’entendre parler italien ou anglais.

La course au PLR

Du côté du PLR, la grande favorite, Karin Keller-Sutter, continue de faire la course en tête pour remplacer Johann Schneider-Ammann. La Saint-Galloise devra cependant affronter prochainement ses deux adversaires, Christian Amsler et Hans Wicki, lors de trois débats publics. L’un d’eux se déroulera à Yverdon le 14 novembre.

(24 heures)

Créé: 01.11.2018, 07h14

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