L’accord fiscal sévèrement critiqué par les médias suisses

Revue de presseLes journaux romands sont très sceptiques face aux solutions trouvées par Berne pour régler le différend fiscal avec les USA.

Les titres des journaux romands annoncent la couleur.

Les titres des journaux romands annoncent la couleur. Image: Newsnet

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La presse romande se montre sceptique face à la solution proposée par le Conseil fédéral pour résoudre le conflit des banques suisses avec les Etats-Unis. Sont soulignés au premier chef le coup de force de Washington et les incertitudes liées aux détails de cet accord.

«Ce que Washington veut, il l’obtient», écrit ainsi Le Temps jeudi. Selon le quotidien, «on ne peut pas parler d’accord, puisqu’aucune garantie n’est fournie par les Etats-Unis». Un avis partagé par L’Agefi qui souligne qu’aucun cadre ni aucune garantie délimitant le processus de résolution n’a été obtenu. «Cela paraît peu», relève le journal.

«C’est une simple facilité qu’a négociée la Confédération avec les Etats-Unis: ils pourront mettre en oeuvre unilatéralement leur programme de résolution du différend fiscal en vertu du droit américain», note encore l’éditorial de L’Agefi.

«Tout le monde garde la tête haute»

Finalement «tout le monde garde la tête haute», résume Le Temps. «Le Conseil fédéral sauve l’apparence du droit en édictant une loi d’exception, et en refusant de couvrir des banques qu’il considère, pour certaines, comme indéfendables. Les banques obtiennent le droit de ne pas devoir livrer automatiquement le nom de leurs clients américains».

Pour Le Matin, le programme de «réconciliation» secret proposé par les USA n'est pas acceptable. «Le Conseil fédéral demande aux parlementaires d'approuver en 3 semaines et les yeux fermés une loi dont ils ne connaissaient pas la portée et qui n'est même pas attaquable par référendum. La manière de procéder est cavalière dans la plus vieille démocratie du monde», souligne le quotidien orange.

La Tribune de Genève se montre pour sa part particulièrement sévère à l’égard de la ministre des finances. Selon le quotidien, Washington a gagné sur toute la ligne. «Qu’a obtenu Madame Widmer-Schlumpf? Rien», assène le quotidien lémanique.

Au lieu d’un accord, le Conseil fédéral propose une modification de la loi suisse qui n’a qu’une seule et unique vertu: autoriser les banques à fournir aux Etats-Unis les informations nécessaires pour se faire pendre«, écrit le journal.

«Widmer-Schlumpf a rendu les armes»

24 heures n'est pas moins sévère: «Après avoir fait miroiter un résultat plus favorable, Eveline Widmer-Schlumpf a rendu les armes face à la force de l'adversaire», note le quotidien vaudois qui conclut: «On peut refuser sa solution, mais croire que cela affaiblirait Washington de faire régner son ordre dans ce dossier constituerait une grave erreur. »

Alémaniques tout aussi remontés

Les commentaires de la presse alémanique ne sont guère plus amènes. Tous relèvent que la solution présentée par la cheffe du Département fédéral des finances a été fixée par les Américains.

La Neue Zürcher Zeitungi> parle d’un »ordre de marche de Washington«, le »Blick« juge les pressions des USA »moches«, la Basler Zeitung veut elle la garantie qu’avec ce deal les »racketteurs de Washington« abandonnent une fois pour toute la Suisse.

Pour beaucoup d’éditorialistes, le caractère urgent de la démarche imposée au Parlement paraît déplacée: »On pourrait penser que la guerre menace«, écrit la Basler Zeitung qui se demande si c’est une astuce ou de la peur. Le quotidien penche pour la peur, expliquant que la conseillère fédérale veut aller vite pour éviter que les Suisses se rendent compte du caractère »humiliant et misérable« du résultat des négociations.

Seul le Blick y voit une bonne solution: pour lui, le contribuable ne devra pas payer pour les fautes des banques comme il a dû le faire pour l’UBS. Avec cette solution où les banques choisissent elles-mêmes d’appliquer ou non le programme américain, l’Etat lui n’est pas prié de passer à la caisse.

Créé: 30.05.2013, 09h42

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