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L’accord-cadre avec l’UE séduirait 60% des Suisses

Une majorité de citoyens sondés se prononcent en faveur de l’accord institutionnel. Les opposants relativisent.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis porte le projet d'accord-cadre avec l'UE.
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis porte le projet d'accord-cadre avec l'UE.
Keystone

D’après un premier sondage, 60% des Suisses sont favorables au projet d’accord-cadre avec l’Union européenne. Ce taux s’élève même à 69% en Suisse romande, d’après l’étude de l’institut gfs.bern dévoilée dimanche par la «NZZ am Sonntag» et letemps.ch. Et 35% des Suisses se disent pour leur part opposés à cet accord destiné à encadrer l’ensemble des relations bilatérales. Le sondage a été réalisé par téléphone auprès de 2001 citoyens et a été commandé par Interpharma, Association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche.

«Un score relativement modeste»

Les arguments économiques ont les faveurs des partisans de l’accord institutionnel mis en consultation par le Conseil fédéral. Pour eux, le texte protège la place économique qui, sans lui, perdrait de sa substance et permet à l’industrie d’exportation d’avoir accès au marché européen. À l’inverse, les opposants craignent que la Suisse perde en indépendance vis-à-vis de l’UE. Ils s’inquiètent également de la protection des salaires. À noter que les sympathisants UDC rejettent l’accord à 60% tandis que les électeurs du PS se montrent favorables à 80%.

«Nous devons aller dans le sens d’accord-cadre mais il faut qu’il garantisse la protection des salaires et des aides d’États»

À gauche, on relativise le soutien au texte. «Que 60% des Suisses soient favorables à la signature d’un accord-cadre avec l’UE est un score relativement modeste parce que pratiquement tous les partis sont favorables à un accord, mais pas dans l’état actuel du projet», réagit le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE). Son parti est en effet en faveur de cette convention avec l’Union européenne mais n’est pas satisfait du projet porté par le Conseil fédéral. «Nous devons aller dans le sens d’accord-cadre mais il faut qu’il garantisse la protection des salaires et des aides d’États, rapporte l’élu socialiste. Si nous devions voter dans les conditions actuelles, cette majorité se liquéfierait à cause à l’absence de telles mesures.»

Cette majorité de citoyens suisse en faveur de l’accord-cadre ne tiendrait pas la longueur d’une campagne, pense aussi l’UDC. Le parti agrarien est résolument opposé au principe. «Avec ce chiffre de 60%, je pense que nous avons tout le loisir de rendre la population attentive à ce qui est contenu dans cet accord, estime le conseiller national Jacques Nicolet (UDC/VD). Nous devons faire connaître les risques que la Suisse encourt. Notre prospérité a été construite sur notre indépendance, et cette même indépendance est jalousée par l’UE.» Pour le Vaudois, les citoyens sont encore mal informés sur le projet du Conseil fédéral. «Il faut qu’ils aient conscience que l’accord-cadre est un gros paquet pour nous enfiler tout ce que la communauté européenne autorise et interdit comme pratiques», indique Jacques Nicolet.

«Les Suisses sont pragmatiques»

Le PLR se satisfait pour sa part du message envoyé à l’accord porté par son conseiller fédéral Igniazio Cassis. «Au-delà du texte que pratiquement personne n’a lu, ce résultat montre que les Suisses sont pragmatiques et restent attachés aux liens avec l’UE, analyse Christian Lüscher (PLR/GE). Ils savent qu’il est dans intérêt de la Suisse de maintenir la voie bilatérale car notre industrie et notre économie sont principalement tournées vers l’UE. Ce sont nos échanges qui font notre prospérité.»

Le soutien manifesté à travers ce sondage peut-il redonner de l’élan au Conseil fédéral pour obtenir une majorité et faire passer l’accord institutionnel? L’élu genevois y croit. «Cela constitue un bon signal pour les négociations, affirme Christian Lüscher. Et c’est très bien aussi si cela peut permettre à certains partis de suivre. Ce résultat est déjà la démonstration que le PLR est soutenu sur ce projet.» Contacté, le Département des affaires étrangères du ministre PLR a indiqué ne pas commenter les sondages. La perspective d’un Conseil fédéral revigoré par ces 60% de soutien fait frémir la gauche sceptique sur l’accord actuel. «J’espère qu’Ignazio Cassis, dans une attitude un peu paresseuse, ne va pas s’appuyer sur ce sondage pour ne pas aller négocier avec l’Union européenne car il y a encore énormément de questions ouvertes», réagit Carlo Sommaruga.

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