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L’affaire CarPostal va aussi égratigner Doris Leuthard

La conseillère fédérale va devoir s’expliquer lors de la prochaine session parlementaire. Un débat urgent a été demandé.

Doris Leuthard, Conseillère fédérale, cheffe du DETEC
Doris Leuthard, Conseillère fédérale, cheffe du DETEC
Jean-Paul Guinnard

Il n’y a pas que Susanne Ruoff, patronne de La Poste, qui soit sur la sellette depuis l’éclatement de l’affaire CarPostal. Une autre femme s’attire depuis plusieurs jours une pluie de critiques: Doris Leuthard, cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Il lui est reproché de ne pas avoir exercé avec suffisamment d’acuité sa fonction d’autorité de tutelle politique de La Poste.

Doris Leuthard doit s’attendre à des critiques acerbes du côté du parlement. Comme le révèle la SonntagsZeitung, le PS et le PLR vont demander un débat urgent sur La Poste lors de la prochaine session parlementaire, qui débute la semaine prochaine. Selon toute vraisemblance, le débat lui-même aura lieu lors de la 3e semaine de session. «Ombre sur la Reine-Soleil», titre le journal dominical alémanique. Et il est vrai que les nuages s’amoncellent depuis quelques mois sur la tête de l’Argovienne, à qui tout ou presque réussissait jusqu’alors. La césure a eu lieu à la fin de l’an passé. Elle s’est fait rouler dans la farine comme une débutante par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Pourquoi? Parce qu’elle a concédé 1,3 milliard de fonds de cohésion en faveur de l’UE sans obtenir la moindre contrepartie. Pire: quelques jours plus tard, la Suisse devait avaler une grosse couleuvre: la reconnaissance limitée à un an de la Bourse suisse par l’UE.

Dans l’affaire CarPostal, la conseillère fédérale a d’abord mis du temps à réagir. Finalement, elle a fait savoir sur une télévision locale que le Conseil fédéral n’était pas chargé de l’opérationnel. «On doit faire toute la lumière sur cette affaire avant d’en tirer les conséquences.» Ce sont quasi les mêmes mots qu’a employés la semaine dernière Urs Schwaller, président du conseil d’administration de La Poste. Le problème? Leuthard et Schwaller sont tous deux membres du PDC. Leuthard est donc soupçonnée d’avoir plus d’influence sur La Poste qu’elle ne veut bien le dire. Ce reproche de «copinage» lui est d’ailleurs fait pour une autre entité: la SSR. La radio-TV publique, dans ses organes dirigeants, est un repaire de PDC. On ne parle pas ici du directeur, Gilles Marchand, mais du président du conseil d’administration, Jean-Michel Cina, ancien conseiller d’État démocrate-chrétien. Qui a succédé à Raymond Loretan, PDC lui aussi.

Leuthard est aussi directement mise en cause en tant que patronne de l’Office fédéral des transports (OFT). Ce dernier a certes levé le lièvre des bidouillages comptables de CarPostal, mais il l’a fait avec beaucoup de retard. Matthias Finger, professeur à l’EPFL, relève dans la NZZ am Sonntag le rôle problématique de l’OFT. Ce dernier élabore des lois et des ordonnances et joue en même temps l’organe de contrôle de La Poste. Or, ces deux fonctions, comme dans le secteur de l’électricité, devraient être distinctes. Doris Leuthard, qui a annoncé son départ prochain du Conseil fédéral, se prépare à une fin de règne agitée.

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