Alain Berset cède sur la caisse publique

Caisses maladieLe contre-projet du ministre de la Santé sur l'initiative populaire «pour une caisse publique» effraie la droite parlementaire. Les manœuvres pour le faire renoncer auraient réussi. On votera sur la caisse publique en 2014

Le contre-projet du ministre de la Santé sur l'initiative populaire «pour une caisse publique» a suscité une levée de boucliers à droite.

Le contre-projet du ministre de la Santé sur l'initiative populaire «pour une caisse publique» a suscité une levée de boucliers à droite. Image: Jean-Paul Guinnard

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Alain Berset a-t-il cédé face la pression de la droite? Selon les informations du Tages-Anzeiger, le ministre de la Santé proposera au Conseil fédéral lors de sa prochaine séance, vendredi 20 septembre, d’abandonner le contre-projet à l’initiative pour une caisse maladie publique. L’initiative du PS, soutenue par une large coalition qui inclut les Verts et la Fédération romande des consommateurs (FRC), serait ainsi soumise seule au vote.

Éviter une votation en 2015

Présenté en février 2013, le contre-projet indirect d’Alain Berset s’est littéralement fait étriller lors de la consultation. D’abord par la gauche qui lui préfère son initiative. Mais aussi et surtout par le camp bourgeois.

En effet, la droite parlementaire, en plus de lui trouver tous les défauts du monde sur le fond – dont celui d’être une caisse publique light, en proposant notamment la séparation de l'assurance de base et les complémentaires – veut éviter à tout prix une votation en 2015, année d’élection fédérale. Sans contre-projet, le dossier ira plus vite et pourra ainsi être soumis au scrutin en 2014 déjà (lire ci-contre).

Course contre la montre

La droite a donc enclenché une véritable course contre la montre et déposé cinq textes qui demandaient tous de soumettre rapidement l’initiative au vote sans lui opposer de contre-projet. «Toutes ces motions ont été votées par la majorité de droite aux Chambres fédérales. Je ne suis donc pas surpris si Alain Berset fait machine arrière et retire son contre-projet», analyse Stéphane Rossini. Le socialiste valaisan est membre du comité d’initiative pour une caisse publique.

Néanmoins, le conseiller national socialiste n’en fait pas une affaire. «Personnellement, je trouve même mieux que notre texte aille tout seul. Cela permettra un débat de fond», avance Stéphane Rossini.

Pas de volonté de réforme

Même son de cloche auprès de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Son secrétaire Mathieu Fleury regrette néanmoins cette polarisation du débat. «Malgré ce que disent nombre d’élus de droite, il n’y a pas de volonté de réforme du système de santé. Au moins, les choses sont claires: les opposants à l’initiative veulent le statu quo. Et la seule alternative sera désormais la nôtre: l’initiative pour une caisse publique!», prévient Mathieu Fleury.

«Vu les réactions lors de la consultation, il fallait s’y attendre. Le Conseil fédéral a dû faire une pesée d’intérêt», glisse Guy Parmelin. L’UDC vaudois est dans le camp des opposants farouches à la caisse publique. «D’autant que l’on ne voyait pas bien quelle alternative proposait ce contre-projet: le pôle des hauts risques mutualisait les cas problématiques et créait de facto une caisse unique», analyse le conseiller national UDC.

Par contre, Guy Parmelin réfute la critique du manque de volonté de réforme. «Il y a dans certains domaines – comme la prise en charge hospitalière - des mesures d’efficience qui pourraient permettre jusqu’à 20% d’économies dans ce secteur. Refuser la caisse unique ne signifie nullement que nous prônons un statu quo qui verrait augmenter les primes chaque automne avec fatalisme», argumente Guy Parmelin.

Sondages favorables à la caisse publique

La campagne s’annonce rude. Elle a d'ailleurs déjà commencé. D’autant qu’un récent sondage (en juin 2013), réalisé par Interpharma (l’association des entreprises pharmaceutiques suisses), donne des chiffres très favorables à l’initiative. «Pour une caisse publique d’assurance-maladie» serait acceptée par 65% des votants contre 28%.

Créé: 19.09.2013, 06h31

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Voter en 2014 ou 2015?

A propos du vote sur la caisse publique: S’il y a débat sur le fond, il y a également des considérations tactiques. Le camp bourgeois veut éviter à tout prix une votation sur un sujet aussi sensible auprès de la population dans le courant 2015, année électorale.

«Cela ne change pas grand-chose», pense Stéphane Rossini (PS/VS). «La votation devrait alors avoir lieu en novembre 2014. Et nous serons déjà en précampagne. Nous pourrons ensuite thématiser sur la prévoyance vieillesse en 2015. Nous sommes assurés de maintenir très haut dans l’agenda des thèmes sociaux pendant toute l’année. C’est en fait une bonne entrée en matière!»

«J’appelle effectivement de mes vœux une votation rapide», rétorque Guy Parmelin (UDC/VD). «Car si d’aventure les Suisses se laissaient séduire par le mirage de la caisse publique, nous aurions alors toute l’année 2015 pour mettre la gauche face à ses responsabilités. La mise en œuvre de ce système de santé étatisé coûtera au bas mot 2 milliards. Et les initiants n’ont pas le début d’une réponse pour le financement de leur révolution qui se fera au détriment des vraies réformes de fond de la santé. Celui qui économisent de l'argent, non celles qui dépensent.»

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