Passer au contenu principal

WEF 2015Les altermondialistes se détournent de Davos

La résistance des manifestants lors des rencontres des puissants de ce monde semble s'estomper, notamment au Forum économique mondial.

Entre 2000 et 2001, les protestations avaient conduit à une escalade de la violence, non seulement à Davos, mais aussi à Landquart (GR) et Zurich. (Ici, conférence de presse le 14 janvier 2015 à Genève)
Entre 2000 et 2001, les protestations avaient conduit à une escalade de la violence, non seulement à Davos, mais aussi à Landquart (GR) et Zurich. (Ici, conférence de presse le 14 janvier 2015 à Genève)
Keystone

Que ce soit Seattle, Gênes ou Davos (GR), les lieux de rencontre des puissants de ce monde étaient il y a peu encore le théâtre de jets de pierres et de gaz lacrymogènes. Une résistance qui semble aujourd'hui atone. Les invités du Forum économique mondial (WEF) ne se retrouveront bientôt plus qu'entre eux.

Pas même les Verts, qui avaient appelé à manifester ces dernières années, n'ont déposé de demande en ce sens auprès des autorités de la station grisonne, à l'occasion de la 45e édition. Les rassemblements se sont continuellement amaigris, pour ne réunir qu'une quarantaine de personnes en 2014.

Le flambeau des protestations

A l'origine de ces manifestations, un meneur: le secrétaire des écologistes davosiens, Rolf Marugg. Mais pas question pour lui d'incarner un mouvement anti-WEF cette année, alors qu'il a pris il y a quelques jours à peine la tête du législatif de la commune.

En tant que premier citoyen davosien, il prendra même part à la cérémonie d'ouverture mercredi. Personne n'a souhaité reprendre le flambeau des protestations, a indiqué Rolf Marugg.

Le Public Eye se referme

Une désaffection encore plus marquée cette année avec le retrait du Public Eye, porte-voix le plus important et le plus persévérant des anti-WEF. Il décernera pour la dernière fois vendredi prochain son prix de la honte à l'une des six firmes nominées pour le titre de l'entreprise la plus irresponsable: Glencore, Chevron, Dow Chemical, Gazprom, Goldman Sachs ou Walmart.

Crée en 2000 par la Déclaration de Berne (DB) et Greenpeace, le «Public Eye on Davos» a fait office depuis 2000 de contre-sommet au Forum économique, pour dénoncer l'élitisme de l'événement et son manque de représentativité. Une manifestation qui a ensuite servi de plateforme à l'ensemble des anti-WEF, conduisant parfois à des débordements.

A l'agenda politique

Depuis 2005, les organisateurs ont limité leur action à la seule remise du prix de la honte, plaçant le thème de la responsabilité des entreprises au centre de leurs revendications. La DB et Greenpeace font partie de la coalition «Droit sans frontière», qui vise à obliger les firmes suisses à respecter les droits humains et à adopter une attitude responsable vis-à-vis de l'environnement.

Le fait que le Conseil fédéral et les parlementaires se soient saisis du thème rend la présence à Davos superflue. «Nos arguments ont été inscrits à l'agenda politique», relève Oliver Classen, porte-parole de la DB.

Ce dernier est convaincu que sans les actions passées, les discussions ne seraient pas parvenues à ce stade. Mais aujourd'hui la lutte a atteint un autre niveau et les deux ONG veulent concentrer leurs forces sur le terrain politique. Elles envisagent de lancer dans le cadre de «Droit sans frontière» une initiative populaire. Une décision pourrait être prise avant le WEF.

Pas la bonne plate-forme

Après avoir tenté un «Occupy-WEF» en 2012 en construisant un campement d'igloos, surfant ainsi sur la mouvance des indignés européens, la Jeunesse socialiste suisse (JS) ne prévoit pas d'action cette année à Davos. Le WEF n'est plus la plate-forme adéquate pour ce genre de rassemblement, indique Fabian Molina, président des JS.

Si le WEF accueille encore quelques «nobles Messieurs» qui prennent «de manière unilatérale» des décisions qui concernent l'ensemble de la planète, Fabian Molina estime que le Forum a «perdu sa fonction historique». L'événement faisait sens au début des années 1990, aux prémisses de la globalisation, beaucoup moins maintenant qu'elle est entérinée, selon le président des JS.

Une escalade de la violence

A côté de la remise du «Public Eye Award», une seule autre protestation est prévue cette année. Le militant Alec Gagneux a déposé une demande auprès de la commune pour une 13e «manifestation interculturelle du souvenir pour tous». A Berne, le Tour de Lorraine, fruit des anti-WEF, aura lieu comme chaque année depuis quinze ans.

Soit un climat bien loin de celui de 2000 et 2001, années durant lesquelles les protestations avaient conduit à une escalade de la violence, non seulement à Davos, mais aussi à Landquart (GR) et Zurich. Les rues avaient été recouvertes de débris de verre et de balles en caoutchouc.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.