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L’ambassade suisse à Moscou modernise une vieille pomme

Conçu par le bureau lausannois Brauen Wälchli Architectes, le bâtiment diplomatique suisse dans la capitale russe vient d’être inauguré.

La nouvelle cour de l'ambassade de Suisse à Moscou, à la découpe rappelant celle du territoire helvétique et munie de son pommier Rose de Berne (en bas, à g.).
La nouvelle cour de l'ambassade de Suisse à Moscou, à la découpe rappelant celle du territoire helvétique et munie de son pommier Rose de Berne (en bas, à g.).
YVES ANDRE

La vodka n’a pas coulé à flots, mais le champagne et le caviar n’ont pas manqué. Depuis dimanche dernier, ce ne sont pas moins de quatre soirées d’inauguration qui se sont succédé pour fêter la nouvelle ambassade de Suisse à Moscou, sise rue Ogorodnaya Sloboda. Douze ans après avoir remporté le concours d’architecture, Doris Wälchli, du bureau lausannois Brauen Wälchli Architectes, ne cache au téléphone ni son soulagement ni sa satisfaction de vivre cet aboutissement. «Au départ, on nous avait dit que ce serait difficile de construire au centre de Moscou. Avoir réussi tient presque du miracle.»

Dans le centre de leur capitale, les Russes préfèrent voir s’édifier des bâtiments conçus sur le modèle de leurs constructions anciennes. Tatillonne face à la modernité, la commission des monuments historiques de Moscou s’y est prise à deux fois – changement de maire oblige – avant de donner son accord au projet des Lausannois. Car la parcelle – un ancien verger du tsar – acquise en 2005 par la Confédération comporte un palais néoclassique de 1892 dans les teintes turquoise pastel chères à la ville. Déjà responsables de l’ambassade de La Paz en Bolivie et de l’agrandissement de celle de Prague en République tchèque, les architectes ont adjoint un nouveau corps de bâtiment à l’ancien, formant ainsi une cour intérieure dont la découpe rappelle celle du territoire helvétique.

«Pour une ambassade, nous cherchons à combiner la tradition du pays hôte, son contexte, avec une certaine idée de la Suisse et de son architecture, simple et pragmatique», revendique Doris Wälchli. «Pour ses représentations à l’étranger, notre pays cherche à exprimer l’ouverture, la transparence, en résonance avec sa neutralité. Concilier ces valeurs avec un lieu qui se doit d’être aussi sécurisé qu’une banque est un défi.» Si la façade extérieure du nouveau bâtiment est rythmée par de nombreuses fenêtres, le côté intérieur, lui, joue de vitrages omniprésents, aptes à «amener de la lumière jusqu’aux espaces de circulation centraux». La cour, cette cartographie miniature et stylisée de la Suisse, permet évidemment cette ouverture au jour. L’aire se prête aussi à d’autres fonctions et permettra à Monsieur l’ambassadeur Yves Rossier de donner des réceptions en plein air sans avoir à louer des jardins alentour.

Le pommier de la concorde

Les symboles portés par la cour ne s’arrêtent pourtant pas à ses contours «nationaux». Des pastilles de gazon marquent les principaux chefs-lieux cantonaux du pays. Sur celui qui est aussi la capitale du pays, l’artiste Anne-Julie Raccoursier a fait pousser un habile emblème: un pommier Rose de Berne, variété qui remonte au XIXe siècle. Ou comment faire se rencontrer Guillaume Tell et les ours fédéraux dans le verger du tsar… Vingt-six greffons de ce même arbre fruitier ont été plantés dans chaque canton en des lieux rappelant les liens entre la Suisse et la Russie: pour le Valais, le casino de Saxon, où Dostoïevski venait perdre son argent. Ou, pour Vaud, le jardin d’Eric Hoesli, universitaire russophile. «Un projet de ce type doit permettre de raconter plein d’histoires», argumente Doris Wälchli qui s’en va désormais ouvrir de nouvelles possibilités de narration en Chine puisque son bureau vient de remporter le concours de l’ambassade de Suisse à Pékin.

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