Amiante: la justice tessinoise enquête après des décès

BellinzoneLes syndicats veulent savoir si les employés des ateliers des CFF à Bellinzone et la Suva étaient protégés contre l'amiante il y a une trentaine d'années.

Plusieurs ex-employés des ateliers des CFF à Bellinzone ont été signalés ces dernières semaines par les médias tessinois.

Plusieurs ex-employés des ateliers des CFF à Bellinzone ont été signalés ces dernières semaines par les médias tessinois. Image: archive/photo d'illustration/Keystone

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Le ministère public tessinois enquête sur des cas de décès liés à l'amiante. Les syndicats Unia et SEV, ainsi que l'association «Giù les mani» réclament eux un examen complet des conditions de travail avant 1990 dans le canton. Les ateliers des CFF à Bellinzone et la Suva sont au coeur des critiques.

Le ministère public recherche des éléments de preuve, ont indiqué mardi les autorités, interrogées par Keystone-ATS. En arrière-fonds de l'enquête, le décès de plusieurs ex-employés des ateliers des CFF à Bellinzone rapportés ces dernières semaines par les médias tessinois.

Selon des témoins, les employés concernés n'étaient équipés que de masques insuffisants. La question de savoir si la Suva avait réagi à temps au danger lié à l'amiante a également été soulevée.

L'assurance-accident argue que l'employeur est responsable de l'équipement de sécurité de son personnel. Elle n'a pas souhaité réagir aux accusations concrètes d'anciens collaborateurs des ateliers concernés, pour des raisons de protection des données.

En dehors des CFF, d'autres entreprises tessinoises ont également exposé leurs employés à des quantités importantes d'amiante avant 1990, notamment les ateliers hydro-électriques de Blenio SA. Des cas liés à ce minéral les concernent également.

La Suva sur la sellette

Unia, le Syndicat du personnel des transports (SEV) ainsi que «Giù les mani» exigent que les conditions de travail prévalant avant 1990 soient examinées, de même que le rôle de la Suva. Aucune procédure pénale n'a été ouverte jusqu'ici.

Selon les témoins cités dans les médias, la connaissance que l'assurance-accident avait de la situation en lien avec l'amiante dans les entreprises concernées n'est pas claire, ni si elle a réagi à temps dans tous les cas.

Se pose aussi la question de savoir si les entreprises concernées ont annoncé tous les cas d'employés potentiellement contaminés par l'amiante à l'assurance-maladie.

La Suva ne peut pas s'exprimer concernant des entreprises particulières pour des motifs de protection des données, écrit Adrian Vonlanthen, porte-parole, interrogé par Keystone-ATS. L'assurance-accident dit toutefois prendre l'affaire très au sérieux et assure avoir toujours agi en fonction des dernières connaissances. Concernant l'amiante, valeurs-limites et mesures de protection ont été adaptées plusieurs fois, dit Adrian Vonlanthen.

Les CFF récoltent des informations

Les CFF ne souhaitent pas non plus s'exprimer sur les procédures en vigueur à l'époque concernée, a indiqué leur porte-parole Patrick Walser. Les ateliers des CFF sont «un lieu de travail sûr» à l'heure actuelle, se bornent-ils à dire.

L'entreprise collecte toutefois des informations en lien avec l'amiante dans les années 80 et 90. Le groupe de gauche MPS-POP-Indépendants soulève de son côté dans une interpellation la question de savoir qui est responsable de l'assainissement de bâtiments et sols contaminés.

Les employés décédés souffraient tous de l'affection typiquement liée à l'amiante, le mésothéliome malin, soit une tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine. Cette affection peut se manifester des années après l'exposition à l'amiante.

Celui-ci a été importé et employé en Suisse jusqu'en 1990. Il était notamment présent dans les wagons et locomotives des CFF, ainsi que dans de nombreux éléments des roues et des moteurs électriques. (ats/nxp)

Créé: 08.10.2019, 19h51

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