Avec Anecova, la procréation assistée in vivo devient possible

EnfantsAprès dix ans de recherche, la société installée à l’EPFL va commercialiser sa capsule rendant possible une procréation assistée intra-utérine.

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Décidément, depuis quelques semaines, les nouvelles se suivent dans le secteur de la pharma, dont la plupart concernent des sociétés de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Elles illustrent en tout cas la santé florissante de ce que certains appellent la «Health Valley lémanique».

Après l’arrivée d’un nouvel actionnaire chez Sophia Genetics (fin 2015) et les 21 millions de francs levés par la jeune pousse AB2 Bio en début d’année, c’est au tour d’une autre entreprise installée au Parc de l’innovation de l’EPFL de faire parler d’elle. Fondée en 2004 par Martin Velasco (un célèbre business angel) et le Dr Pascal Mock, Anecova annonçait en effet en milieu de semaine dernière avoir commencé la commercialisation de sa solution de fécondation in vivo.

Fécondation et développement initial dans l'utérus

«Notre dispositif, baptisé AneVivo, permet à la fécondation et au développement initial de l’embryon de se faire in vivo, soit au sein même de l’utérus», explique Nick Macklon, membre du comité directeur d’Anecova et directeur médical du Complete Fertility Centre de Southampton (GB), avec qui la société suisse collabore.

Concrètement, cette fécondation intra-utérine n’en reste pas moins bel et bien assistée. Elle est rendue possible avec l’aide d’une minuscule capsule. De moins de 1 mm de diamètre sur 10 mm de long, elle est perméable aux fluides et aux nutriments, étant percée par des centaines d’ouvertures. Cette technologie permet ainsi à l’embryon de se développer dans un environnement naturel et non plus dans l’incubateur d’un laboratoire.

Cela offre-t-il pour autant plus de chances à l’embryon de prendre «racine» et à la femme de tomber enceinte? «Nos résultats sont encourageants, explique Martin Velasco. Ils démontrent en tout cas que notre solution offre un meilleur taux d’implantation des embryons.

Simulations plus légères et organisme mieux préparé pour l'implantation

Concrètement, cela représente, pour une patiente, de recourir à des stimulations plus légères, et donc d’avoir un organisme mieux préparé pour l’implantation de l’embryon.» Selon le cofondateur d’Anecova, cette manière d’intégrer plus activement la femme dans le processus de procréation représente en plus un certain poids psychologique bénéfique.

Pour le moment, 28 bébés in vivo sont nés, et une dizaine devraient bientôt voir le jour. Avec le début de la phase commerciale, ce nombre devrait vite grimper.

«Nous souhaitons, cette année, commencer à vendre notre technique dans une demi-douzaine de pays européens, mais cela nécessitera de trouver les bonnes cliniques avec qui collaborer au début», précise Martin Velasco. Pour ce faire, la société qui emploie actuellement six personnes est en train de recruter.

Enorme marché mondial

La force d’Anecova est de s’attaquer à un marché au grand potentiel. Pesant déjà plusieurs milliards de francs, sa croissance ne semble pas près de s’interrompre. «L’âge, l’alimentation, le style de vie et le stress sont quelques facteurs qui vont continuer de peser sur la fertilité humaine (ndlr: prévisions de hausse de 5% à 8% ces prochaines années)», raconte Martin Velasco. Confiant quant aux débouchés futurs pour son entreprise, ce dernier reste par contre très discret sur les fonds levés et les moyens utilisés pour le développement de leur capsule AneVivo.

A noter qu’une autre solution inédite se dessine actuellement pour lutter contre l’infertilité croissante de notre société: le Spermbot. Cette petite hélice développée par des chercheurs allemands devrait pallier les problèmes de mobilité des spermatozoïdes et les aider à atteindre l’ovule. (24 heures)

Créé: 25.01.2016, 07h44

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