«L'armée n'a pas à faire la police contre la criminalité»

André BlattmannPourquoi l'armée n'aide-t-elle pas la police à lutter contre la grande criminalité transfrontalière? André Blattmann, le chef de l'armée, prend position et parle des nouveaux risques que doit affronter le pays.

«L'armée est le moyen de venir en aide à la population dans les situations extraordinaires», explique André Blattmann, le chef de l'armée

«L'armée est le moyen de venir en aide à la population dans les situations extraordinaires», explique André Blattmann, le chef de l'armée Image: Keystone

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La grande criminalité transfrontalière frappe toujours plus la région lémanique. Les banques subissent désormais des hold up violents menés par des malfrats équipés d'armes de guerre. On se souvient ainsi de la spectaculaire attaque de la banque Migros à Thônex (GE). Les polices cantonales, en manque d'effectifs, peinent à faire face à ce nouveau phénomène, elles qui doivent aussi lutter contre une petite délinquance en augmentation. Pourquoi l'armée ne leur viendrait-elle pas en aide? Pourquoi ne sécuriserait-elle pas davantage la frontière? Interrogé ce matin, le chef de l'armée André Blattmann prend clairement position.

24 heures - M. Blattmann, les cantons de Genève et Vaud sont de plus en plus confrontés à de la grande criminalité transfrontalière. Que peut faire l'armée pour les aider?

André Blattmann: Chaque fois que nous pouvons aider les cantons, nous le faisons. Mais ce n'est pas notre mission de lutter contre la criminalité. C'est une tâche cantonale et elle est assurée par la police. Le Parlement fédéral ne souhaite pas non plus que l'armée soit affectée à des tâches de surveillances permanentes pour le compte des cantons.

24 heures - N'y a-t-il pas un paradoxe de dépenser plus de 4 milliards par année pour une armée confrontée à un risque de guerre très lointain alors que la sécurité diminue dans les cantons en raison d'un danger réel? La population peine à le comprendre.

André Blattmann: C'est parce qu'il y a une méconnaissance des risques. L'armée est le moyen de venir en aide à la population dans les situations extraordinaires.

24 heures - Quels sont donc les risques majeurs?

André Blattmann: Sans parler de guerre, nous sommes confrontés à des risques multiples: conséquences du printemps arabe, crise de la dette, cyber attaques, tremblements de terre, menaces terroristes, etc.

Si l'on prend un tremblement de terre majeur en Suisse, on ne peut pas se passer de l'armée. C'est elle qui assure la logistique des transports avec ses hélicoptères, les communications quand le réseau natel est inopérant ou la protection contre les pillages dans la zone sinistrée quand la police n’est plus capable de le faire.

(nxp)

Créé: 16.08.2012, 14h20

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