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«En art choral, les textes sont difficiles à entendre»

Les deux librettistes Blaise Hofmann et Stéphane Blok répondent à cette critique récurrente. Et aux rumeurs de tensions avec l'équipe artistique.

Stéphane Blok et Blaise Hofmann.
Stéphane Blok et Blaise Hofmann.
ODILE MEYLAN

Il faut voir l’acharnement des fans à retenir les librettistes Blaise Hofmann et Stéphane Blok pour un selfie à la fin de chaque séance de dédicace à la Librairie La Fontaine pour comprendre leur degré de popularité. Et, par extension, combien leurs poèmes pour la Fête constituent une part d’âme du spectacle. Pourtant, la critique est récurrente: leurs vers sont inaudibles dans l’arène. Un crève-cœur? Pas du tout: «Ce n’est pas spécifique à ce spectacle, explique Stéphane Blok. En écoutant du chant choral, on éprouve toujours de la difficulté à comprendre les textes, et plus encore quand, comme à Vevey, les instruments sont proches des chœurs et les distances si grandes. Depuis le début, nous nous sommes appliqués à travailler les textes en conséquence. Vous croyez qu’en 1905 quelqu’un entendait les textes de René Morax?»

«Nous avons reçu mandat d’écrire des poèmes pour un spectacle, il est tout à fait normal de couper dedans et d’adapter ceux-ci à la scène»

La langue française est un écueil de plus, selon le Lausannois. L’italien ou l’allemand se prêtent bien mieux à l’exercice. Pour Blaise Hofmann, mieux vaut lire les textes au préalable ou avoir le recueil avec soi dans les tribunes. «Mais on progresse et on arrive désormais à une écoute convenable», estime ce dernier. Stéphane Blok abonde: «Les chanteurs font un magnifique travail de diction. Nous sommes quasi au maximum de ce que nous pouvions attendre.» Pour Blaise Hofmann, la situation est du reste en adéquation avec notre «société d’image»: «Le spectacle de la Fête privilégie trois niveaux: la chorégraphie, les costumes et la musique. Mais nous avons tous deux foi en la poésie. Elle est omniprésente.» L’avis passerait presque pour une pique à l’encontre de l’équipe artistique, à la lumière des nombreuses rumeurs faisant état de tensions entre les deux auteurs et la Compagnia Finzi Pasca. Ce que les deux intéressés ne commentent pas. Ont-ils été bridés lors de leur travail d’écriture? «Absolument pas, tranche Blaise Hofmann. J’ai en tête une seule censure, sur le mot «pesticide», et au final je l’ai remplacé par trois mots: herbicide, ovicide et larvicide.» Blaise Hofmann exprime tout de même un regret concernant les dialogues des personnages. «Nous aurions, il est vrai, voulu participer à leur rédaction.»

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Assurés par les acteurs, ces dialogues assurent les liaisons entre les tableaux et créent le fil narratif du spectacle. Des parties imaginées et rédigées par Daniele Finzi Pasca et son assistante. Et les coupes en cours de spectacle pour réduire sa longueur? Là aussi, les deux hommes préfèrent rester philosophes: «Nous avons reçu mandat d’écrire des poèmes pour un spectacle, il est tout à fait normal de couper dedans et d’adapter ceux-ci à la scène, ils sont là pour ça, juge Stéphane Blok. Il est aussi normal que les dernières coupes intervenues entre la première et la deuxième représentation aient pu générer de la déception, de la tristesse. Chez moi aussi. Car personnellement, j’aime à penser que l’art a la capacité d’intégrer la manière de faire. Le résultat n’en est qu’une conséquence.»

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