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Allemagne/SuisseL'associé de l'espion donne sa version des faits

Le partenaire à Francfort de l'espion suisse Daniel M. dément toute l'histoire. Il n'exclut pas une escroquerie motivée par des soucis financiers.

Le ministère des finances de Rhénanie du Nord-Westphalie à Düsseldorf a-t-il vraiment abrité une «taupe» pour les Suisses?
Le ministère des finances de Rhénanie du Nord-Westphalie à Düsseldorf a-t-il vraiment abrité une «taupe» pour les Suisses?
Keystone

Daniel M., l'espion suisse qui devait fournir des informations sur les agents du fisc de Rhénanie du Nord-Westphalie, croupit en prison. Ainsi que son partenaire d'agence à Francfort, Klaus-Dieter Matschke.

Ce dernier n'est pas un inconnu dans les milieux du renseignement en Allemagne, où il s'était fait connaître comme un chasseur d'agents de la Stasi, le police secrète de l'ex-Allemagne de l'Est. Et il apporte sa version de l'affaire dans une interview parue dans l'édition du 5 mai de la Nordwestschweiz.

«Rien à voir avec cette histoire»

«Je n'ai pas reçu le moindre argent, pas un euro», affirme celui qui dirige l'agence KDM, baptisée d'après ses initiales. Il travaille depuis plusieurs années avec Daniel M. et tous deux ont discuté un jour de l'affaire des CD de données bancaires volées en Suisse. «Il m'a demandé comment je procéderais. Nous en avons parlé et puis fini. Sinon, je n'ai absolument rien à voir avec toute cette histoire.»

Il dément donc les chiffres parus dans le mandat d'arrêt allemand, selon lequel il aurait reçu 10'000 euros comme honoraire de la part du Service de renseignement de la Confédération (SRC) et aurait transféré 40'000 euros comme «motivation à des tiers».

Il n'y a pas de taupe

Il nie également tout recrutement d'un informateur dans les services fiscaux de Rhénanie du Nord-Westphalie. «Je n'y connais personne, ni parmi les enquêteurs chargés de traquer les fraudeurs fiscaux et je n'ai jamais téléphoné à qui que ce soit. Je n'ai absolument rien fait.»

Klaus-Dieter Matschke ne croit pas à l'existence d'une taupe, qui ne serait qu'une invention de Daniel M. L'ex-détective privé évoque plutôt une escroquerie. «A ce que j'ai lu, Daniel a été recruté en 2012 et il devait démontrer son efficacité pour pouvoir continuer. Il affirmait, pour justifier ses dépenses, que l'argent était destiné à un informateur.»

Des problèmes financiers

Daniel M. n'est-il donc rien d'autre qu'un aigrefin? Son partenaire aurait vigoureusement pris sa défense auparavant mais maintenant, il ne sait plus. «Je pensais que c'était quelqu'un de confiance. Il est plutôt sympathique, très attachant, très sérieux, tout à fait le Suisse typique.» Mais pas exempt de problèmes financiers. «A ce que j'en sais, ses comptes étaient gelés lors de sa détention en Suisse en 2015.»

C'est à cette époque que Klaus-Dieter Matschke apprend que Daniel M. émarge au SRC car son partenaire est injoignable pendant plusieurs mois. Et pour cause puisqu'il se trouvait alors en détention préventive à Berne.

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