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«Je n’ai pas peur, mais j’ai un sentiment désagréable»

Un homme s’en est pris lundi à deux employés de l’assurance CSS, à Schaffhouse, faisant cinq blessés, dont un grave. Le suspect court toujours.

Une importante chasse à l'homme a été mise en place à Schaffhouse.
Une importante chasse à l'homme a été mise en place à Schaffhouse.

L’attaque fait froid dans le dos, digne d’un scénario de film d’horreur. Lundi matin, un homme a fait irruption dans un bureau de l’assurance CSS, à Schaffhouse, armé d’une tronçonneuse. Il s’en est pris aux deux employés de cette agence située dans une rue fréquentée de la vieille ville. L’une des victimes a été grièvement blessée à la tête par l’engin, mais elle est hors de danger. La seconde n’a, elle, été que légèrement touchée. Trois autres personnes ont été légèrement blessées pendant l’événement, mais pas par la tronçonneuse, dans des circonstances qui restent à établir.

Les motivations de l’assaillant ne sont pas encore claires, mais les autorités excluent tout acte de nature terroriste. Le suspect a été identifié comme Franz W. ressortissant suisse âgé de 50 ans et sans domicile fixe. Il s’agit d’un client de la CSS. La police ne donne pas d’indication sur son métier.

Au moment de mettre sous presse, il n’avait pas encore été retrouvé et une importante chasse à l’homme était en cours. Le fugitif se cache peut-être dans les bois de la région, selon la police. Près de 100 policiers schaffhousois ainsi que des cantons voisins de Thurgovie et de Zurich étaient sur ses trousses. Il se peut aussi qu’il ait traversé la frontière allemande.

Les autorités appellent à la prudence: connu des autorités, l’homme est qualifié de «dangereux». «Si on l’approche de trop près, il peut réagir de manière agressive», a indiqué aux médias le vice-commandant de la police schaffhousoise Ravi Landolt. L’homme serait toujours en possession de la tronçonneuse et éventuellement d’autres armes.

Sans domicile fixe

Selon la police schaffhousoise. Franz W. mesure 1,90 m. Elle décrit un homme chauve à l’allure négligée. Les images qu’elle a publiées de lui montrent une personne à l’air hagard prise en photo de face et de profil dans une forêt; la police garde le secret sur leur origine. Inscrit jusqu’à il y a peu comme résident du canton des Grisons, l’homme vivait de manière itinérante dans les bois de Schaffhouse et des cantons voisins, selon les autorités. Récemment, il aurait habité dans la forêt d’Uhwiesen (ZH) située à 2 km de Schaffhouse, selon le témoignage du président de la commune récolté par le Blick. Celui-ci décrit un homme au comportement étrange qui inquiétait la population.

Selon le Ministère public de Schaffhouse, l’homme a déjà écopé ces trois dernières années de deux amendes pour infraction à la loi sur les armes, dans les cantons de Berne et Lucerne. Il n’a jamais eu affaire à la justice schaffhousoise.

L’enquête doit éclaircir le mobile de l’agression. Une certitude: les autorités affirment que l’assurance était spécifiquement ciblée par cette attaque, sans donner davantage de détails. Le fugitif entretenait-il une relation conflictuelle avec son assurance? S’était-il présenté à l’agence touchée les jours précédant le drame? La CSS ne répond pas. L’on sait toutefois que le second collaborateur, celui qui a été légèrement blessé, a pu identifier Franz W.

«Nous sommes sous le choc», réagit Christina Wettstein, porte-parole de la CSS. Toutes les agences de Schaffhouse ont été fermées à la suite de l’attaque et la sécurité renforcée dans les autres bureaux de la région.

Vieille ville bouclée

C’est vers 10 h du matin que Franz W. s’est précipité dans l’assurance avec sa tronçonneuse. Un tiers a sonné l’alerte vers 10 h 30. Il n’est pas encore établi comment il a réussi à s’enfuir. Son véhicule, immatriculé dans les Grisons, a été retrouvé, mais la police n’a pas dit où. Les forces de l’ordre ont rapidement bouclé une partie de la vieille ville. Les passants ont été évacués, les habitants priés de ne pas sortir de chez eux; quant aux commerces, ils ont reçu ordre de fermer leurs portes. Ce n’est que vers 15 h que ce dispositif a été levé.

«Je n’ai pas peur, mais j’ai un sentiment désagréable»

Vers 15 h 30, une large foule de passants observait les policiers postés devant le bâtiment où se trouve l’agence. Un cordon sécuritaire empêchait de s’approcher. Aux alentours, la plupart des boutiques avaient rouvert. Les riverains interrogés disent n’avoir rien vu ni entendu de l’agression. «C’est lors de l’arrivée de la police que j’ai compris que quelque chose s’était passé», dit l’employée du salon de coiffure située juste en face. L’inquiétude règne-t-elle? «Je n’ai pas peur, mais j’ai un sentiment désagréable», dit la gérante d’un café du coin. Un autre commerçant se dit rassuré par l’importante présence policière.

Les autorités informeront sur l’évolution des recherches ce mardi matin.

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