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L'augmentation des coûts de la santé fait débat

Plus de 300 acteurs de la politique de la santé se sont réunis lundi à Berne pour la 5e conférence nationale sur la santé.

Alain Berset, à Berne le 29 janvier 2018.
Alain Berset, à Berne le 29 janvier 2018.
Keystone

Les débats ont porté sur les mesures proposées en automne par des experts pour freiner la hausse des coûts de la santé. «Depuis des années, l'augmentation des coûts de la santé est plus forte que celle des coûts de la vie et des salaires», a déclaré en ouverture le ministre de la santé Alain Berset. Cette citation émanant d'un message du Conseil fédéral date de 1991, a-t-il révélé ensuite.

Depuis, les coûts de la santé ont encore fortement augmenté et cette évolution ne s'arrêtera pas. La question est de savoir pourquoi ils augmentent, notamment peut-être en raison de mauvaises incitations. Pour Alain Berset, il importe que tous les acteurs s'attellent rapidement et de façon énergique au dossier.

Le Fribourgeois a donné la cadence: les résultats de la conférence seront intégrés au travail du Conseil fédéral. D'ici au printemps, celui-ci définira les mesures prioritaires et une première consultation est prévue pour l'automne.

«Douche froide»

La base de travail de la conférence nationale de lundi était le rapport d'experts présenté en octobre 2017. Ce rapport montrait où peuvent être réalisées les plus grandes économies. Pas grand-chose de neuf, mais «une douche froide pour tout le monde», selon Alain Berset.

Ainsi, la marge pour des projets innovants visant à réduire les dépenses n'est pas assez exploitée, des révisions ont été repoussées depuis des années et des gains en efficacité n'ont pas été répercutés sur les assurés, a résumé Alain Berset.

Deux mesures sur les 38 préconisées par le rapport d'experts étaient prioritaires lundi à Berne, dont l'introduction d'un «article expérimental» dans la loi sur l'assurance maladie (LAMal). Ceci à l'instar du système d'asile, où les procédures accélérées avaient été testées à titre expérimental.

Thomas Heiniger, président de la conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS), s'est montré sceptique. Selon lui, les expérimentations n'ont pas leur place dans le système de la santé.

Malgré tout, la CDS soutient l'article, en tous cas tant que les expérimentations ne créent pas de situation irréversible. De plus, elles doivent couvrir les coûts et être soumises à l'approbation des cantons concernés.

Tester en vrai

L'article expérimental est soutenu par Heinz Brand, le président de la fédération des caisses maladie santésuisse: «Dans le système de la santé, les solutions ne peuvent pas être théoriques», a-t-il déclaré. Dans la pratique, on peut tester en vrai certaines idées ou alors les enterrer.

L'idée de tester une caisse unique cantonale a été évoquée «par provocation» par Werner Kübler, vice-directeur de la faîtière des hôpitaux H et directeur de l'Hôpital universitaire de Bâle.

La deuxième mesure prioritaire était plus contestée. Celle-ci prévoit la définition d'un plafond contraignant pour la hausse des coûts dans les différents domaines de prestations. Il a été question, lors de la conférence, d'un budget global.

«Simple et efficace»

Le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard, en charge de la santé, a vigoureusement défendu cette idée, la plus simple et la plus efficace, selon lui. On ne cesse de travailler par morceaux au système tarifaire: c'est comme si on essayait d'empêcher la vapeur de s'échapper d'une marmite au moyen d'un couvercle trop petit, a-t-il illustré.

Le Vaudois s'est livré à un débat animé avec Michel Matter, président de l'Association des médecins du canton de Genève et membre du comité central de la Fédération des médecins suisses (FMH). Celui-ci craint qu'un budget global n'entraîne une médecine à deux vitesses et de longues listes d'attente, comme le montrent des exemples en France et en Allemagne. Il est inadmissible que quelqu'un souffrant d'un mal de tête en janvier ne puisse voir un médecin qu'en mars.

Par la suite, d'autres mesures proposées dans le rapport d'experts ont été discutées au sein de divers groupes. Ces débats seront pris en compte dans le projet que présentera le Conseil fédéral.

(ats)

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